La crise touche les pauvres… ben merde alors !

Alors qu’on – certains – croyait la crise en perdition, elle semble malgré tout revenir avec un certain tonus et ce ne sont pas les chiffres du chômage de décembre en France comme aux Etats Unis qui pourront cette fois masquer cette réalité… La crise est là et elle là pour durer. Et cela sans même parler des turbulences grecques.

Pis, il est fort probable que le plus dure de la crise est devant nous et plus particulièrement pour les plus « fragiles ». Grâce à Médipart, j’ai parcouru la dernière étude de l’OFCE (observatoire français des conjonctures économique) relative à l’impact de la crise sur la pauvreté. Et il faut le dire sans détour, les conséquences sont tout simplement alarmantes, et ce d’autant plus qu’elles sont basées sur une estimation que je qualifierai d’optimiste en matière de croissance (1,8%).

Un seul tableau à mes yeux peut suffire pour comprendre toute l’ampleur de cette catastrophe sociale celui des prévisions en matière de chômeurs longue durée : il est prévu une augmentation de plus 60 % d’ici à 2012 pour les seuls chômeurs de plus de 3 ans. Est-ce que nos responsables politiques sont en mesure un seul instant d’imaginer les conséquences individuelles mais aussi sociales de ce séisme, avec des filets sociaux réduis méthodiquement par le gouvernement actuel et sa majorité (ces sinistres personnages ont inventé une taxe sur l’épargne les personnes au RSA… quel cynisme…).

Ce constat vaut pour l’ensemble du territoire, aussi je m’interroge pour le Nord-Pas de Calais déjà ébranlée par une succession de restructurations majeures (charbon, textile, sidérurgie). Plus que jamais et l’exemple de la fermeture de Total Dunkerque en est la cruelle et criante illustration, l’accompagnement et le soutien de l’ensemble des partenaires institutionnels et privés -rêvons un peu- doit être à la hauteur des enjeux. Si la question de l’emploi est évidemment fondamentale, on aurait tort au niveau de la collectivité régionale de sous-estimer l’importance de la formation mais aussi de l’accompagnement social.

Et comble d’ironie, l’Etat en vient à devenir un des plus gros destructeurs d’emplois… non seulement en taillant dans ces effectifs (100.000 en 3 ans) mais aussi et peut être surtout à travers cette politique idéologique d’une stupidité crasse avec les exonérations de charges pour les heures supplémentaires.

Hélas, Nicolas Sarkozy et l’UMP ne soucient guère de cette réalité, allant même jusqu’à supprimer Conseil de l’emploi, des revenus et de la cohésion sociale (Cerc) – pensez donc… il donnait des résultats à rebours de ceux donnés par le gouvernement – .

Alors, je ne sais pas si il faut attendre que le Parti Socialiste fasse ses primaires pour commencer à débattre collectivement de ce futur… je crois que pour espérer une alternative en 2012, il faut que les hommes et femmes de progrès se mettent rapidement au travail pour proposer des solutions crédibles et durables dès le 22 mars… et les noms… on s’en fout.

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