Une victoire par abstention un coma démocratique ?

Voilà… 53% d’abstention… mon estimation était la bonne, c’est triste à écrire mais la réalité d’un coma démocratique est là.

A cette heure, il est encore difficile de distinguer si il y a cette traditionnelle distinction entre un vote plus élevé dans les campagnes par rapport au vote urbain.

Dans ces conditions, la victoire du Parti Socialiste ne peut être contestée par l’UMP, il convient de la remettre à sa juste place, comme le titre très justement Mediapart « une victoire sans le peuple ?».

En commençant à regarder les taux de participation, je suis frappé par ce décrochage des quartiers populaires mais aussi, et c’est tout aussi inquiétant, dans les grandes villes dirigées par le gauche et le PS. Ce n’est pas nouveau mais ce mal devient endémique.

Dans le Nord-Pas de Calais, ces divorces sont patents. A Roubaix, une ville de plus de 100.000 habitants, l’abstention fracasse la barre des 70% avec une pointe à plus de 80% dans certains quartiers. A Lille, contrairement au prisme en vigueur, l’abstention s’enracine également avec un taux dépassant les 60% (aux municipales de 2008, on était déjà sur ce chiffre). A Lens, ce n’est guère mieux ; Calais, ancien fief communiste, on passe même les 62%.

Ce constat impose donc aussi une remise en question profonde et en aucun cas on peut traduire ces résultats en un vote d’espoir, je suis même tenté de parler de non-vote de désespoir. En somme une victoire sur un tas de sable.

Alors oui, si l’ensemble progressiste va sortir renforcer en terme d’élus, on est loin, très loin d’une adhésion des citoyens mais au contraire, sans parler de défiance, d’une indifférence marquée à l’égard de l’ensemble de la classe politique, Europe Ecologie compris.

Dimanche prochain, grand chelem ou pas, se pose la question des perspectives et de l’alternative qui seront proposées et dans ces conditions… Si le vote bouclier a manifestement fonctionné, pour cette élection de mi-mandat ; ce taux d’abstention hallucinant démontre que ce seul slogan ne suffira certainement pas pour 2012.

La droite ne s’est pas mobilisée pour ces régionales, l’électorat de gauche oui et maintenant plus que jamais se pose la question de l’électorat populaire… il ne se déplace toujours pas et tend même, malgré ce que pourra prétendre le PS, à déserter encore davantage les urnes.

Bref… pour 2012, si le PS pense que son résultat d’hier peut clore sa « rénovation » … on ira probablement vers de nouvelles désillusions. Plus que jamais, nous n’avons pas besoin de l’hégémonie socialiste mais bien d’un réel travail collectif pour préparer cette échéance.

Promis… je vais revenir sur les scores mais bon pour moi je trouve ça assez accessoire.

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