Au revoir…

Plus de 1.700 billets (dont les 2/3 de A4), Plus de 600.000 visiteurs uniques, plus de 2.000.000 de pages lues, et près de 15.000 commentaires, sans compter les fautes d’orthographe… en 3 ans 1/2.

Et Maintenant ? Je baisse le store.

J’ai commencé ce blog en septembre 2006, au moment des primaires socialistes, pour compenser un certain manque de la chose politique. Une manière pour moi de militer autrement pour un presque quadragénaire, ayant une vie normale sans vouloir la sacrifier sur l’autel de la militance. N’y voyez aucune relation avec une quelconque influence (quand j’ai commencé, je ne savais même pas qu’il y avait lieu d’en débattre), elle est aussi insignifiante que le militantisme traditionnel. Seule réelle différence entre ces « deux mondes » ; avec le blog, la question des postes n’entre pas en jeu ou à la marge. Par contre à sa création, je m’étais fixé deux contraintes : un A4 par jour, et ce en un temps minimal (donc pas de relecture dépassant la phrase et encore… d’où cette légende « bloguesque » sur une certaine approximation orthographique en ce lieu).

Au fil des billets, je suis devenu ce que j’appellerai un « blogotorialiste » et sans fausse modestie un tant soit peu « connu »… sur le web politique, en bien ou en mal.

Au delà des personnes par le biais de média (journalistes, politique, blogueurs), il y a deux choses dont je suis assez fier : initier la présence de blogueurs au congrès du Parti Socialiste à Reims et ma contribution sollicitée par Médiapart sur le thème du « socialisme hors les murs » (pour le coup, j’ai relu plusieurs fois mon texte de 8 pages).

Mais aujourd’hui, la lassitude est là. D’une part, il me devient difficile d’écrire pratiquement un jour sur deux la même rengaine sur la politique de Sarkozy et Fillon et d’autre part, on espère toujours, malgré tout, que cette nouvelle militance ait un tant soit peu d’utilité, en vain. Au fond, c’est bien cette incapacité des blogs à sortir de cette infime « pouvoir » de nuisance qui me pousse le plus à m’arrêter. Paradoxalement, face à un délitement de ses légitimités (militantes, citoyennes.), le monde politique vit plus que jamais en vase clos, non que ce nouveau militantisme doit être considéré comme un saint graal mais davantage « intégrer », il pourrait peut-être un des acteurs d’un indispensable sursaut démocratique. Pas tant sur sa force de mobilisatrice (l’échec patent du No Sarkozy en atteste) mais probablement davantage sur les innombrables sources de propositions et d’analyses que constituent les blogs (pas forcément le mien d’ailleurs). Au mieux les politiques les prennent pour de simples faire valoir, au pire pour des empêcheurs de tourner en rond (ce « pouvoir » de nuisance).

En ce sens, conscient qu’il eut fallu organiser ces « intelligences » individuelles, j’avais proposé à quelques collègues de réfléchir à la construction d’une plateforme collective sur la base d’un triptyque blogs/journalismes/experts. Si ce projet pouvait paraître ambitieux, je continue de penser qu’il aurait pu constituer à terme une alternative aux médias traditionnels qui tendent à s’uniformiser dans leur contenu et dans un traitement du débat public qui se confond avec l’éphémère et la seule petite phrase… ce fameux buzz après lequel chacun court.

Cette vaine tentative s’appuyait sur le fait que les blogs pour espérer « exister » comme force collective doivent parvenir à s’émanciper d’une nature par trop individualiste.

Et Demain ? rien.

Si tenir ce blog n’était pas à proprement parler chronophage du fait d’une certaine désinvolture sur la forme, ne pouvait se faire sans y mettre une part de soi-même. D’autant que j’ai toujours tenté au delà de la seule critique, d’apporter (je l’espère) quelques réflexions, quelques idées, en somme d’avoir une approche à minima constructive.

C’était également le sens de ma démarche pour les régionales (et non dans l’espoir d’obtenir un poste d’élu) ; aussi aujourd’hui, je m’interroge également sur cet engagement eu sein d’Europe Ecologie et ce pour les mêmes raisons qui me poussent à clore ce long chapitre de plus de 3 ans.

Donc nul projet, simplement m’éloigner à nouveau de ce qui constitue malgré tout la base de mon adn.

Ça ne va pas durer diront les uns, c’est tant mieux diront les autres… Il n’y a effectivement jamais rien de définitif mais avec une certaine analogie avec l’Ecologie Politique, il y aura un temps de réflexion sur le bilan énergétique avant d’entreprendre quoique ce soit.

PS : je reste tout de même sur twitter… pour l’info et les copains.

  • article unique

About the Author