16. avril 2011 · 7 comments · Categories: De tout de rien · Tags:

Comme la presse, la blogsphère a elle aussi ses marronniers ou plutôt SON marronnier. En effet, régulièrement revient ce débat dantesque de l’insignifiance – ce que certains appellent l’influence- celle de la rémunération du blogueur  quand il est repris par un média. Celui a été relancé par un papier du monde,et commenté par Guy Birenbaum et d’autres.

- A ce stade, il serait malvenu de faire toute analogie avec le débat sur la prostitution avec dans le rôle de la prostituée, le blogueur et le média dans celui du souteneur -.

Plaisanterie de mauvais goût mise à part, il convient de distinguer le blogueur qui continue à prendre cela pour un hobby et une bonne occasion de boire des coups et celui qui comme moi, bien qu’ayant débuté comme le premier, aimerait aller un peu plus loin dans la démarche.

Celui-là a longtemps « travaillé » sur le concept de l’économie de la gratitude – thèse brillamment développée par Piratages – et se satisfaisait pleinement de cette « reconnaissance » par les médias traditionnels. Il y a 3 ans (de mémoire), Jacques Rosselin -fondateur du Courrier International- en lançant un hebdomadaire avait introduit le paiement à l’acte. Feu Vendredi payait 50 euros le billet repris. En soi, le principe est bon, à la notable différence que déjà à cette époque Marianne2 avait pris sous « son aile » un certain nombre de blogueurs en les mettant en avant sur son site ;  de fait – et plus encore avec la disparition rapide de Vendredi –  le pli était pris qu’à défaut d’euros, on gratifierait le blogueur d’une « reconnaissance » beaucoup moins couteuse pour le business plan de ces pures players.

Au fond, à cette époque deux options étaient possibles : soit les blogueurs se constituaient en un syndicat ou une association pour défendre le fruit de son labeur ou ce que j’ai tenté de mettre en place – feu Politiconet.info - squelette du projet en dessous- batir un pure player avec une ligne éditoriale assumée.

Aussi étonnant que cela puisse paraître, la première hypothèse me semble encore plus hasardeuse que la seconde pour la simple et bonne raison qu’Internet et la blogosphère regorgent de ressources abondantes (le blogueur en mal de visibilité) et donc  - à moins d’un extraordinaire talent- remplacer un blogueur réclamant des euros par un autre demandant son octet de « gloire » est relativement aisé pour un média voulant simplement fournir du contenu un peu différent.

Séduisante sur le papier, la deuxième  solution est malgré tout très aléatoire car elle doit réussir à surmonter un certain nombre d’obstacles qui sont :

-  tout d’abord, le blogueur est un individu largement égotique et donc toute idée ne venant pas expressément de lui est de facto considérée comme au mieux moins bonne au pire carrément mauvaise.

- ensuite si derrière son clavier, ce même blogueur fait montre de courage dans ces écrits et la « fustige » facile contre ces vieux médias, il ne s’aventurera pas dans une telle aventure sans s’assurer un parrainage ou mieux des financements par quelques figures connues du monde de la presse.

- enfin et bien que le Net soit un système décentralisé, la tradition française du « Hors Paris point de salut » reste une réalité dans beaucoup de domaines et donc aussi dans le domaine des médias et de la presse. Cette situation résulte d’une part de la concentration géographique de ceux-ci et d’autre part du fait de cet état d’esprit parisiano-parisianiste qui perdure un peu.

On se revoit dans un an pour le même marronnier :) ….

Premier jet de Policonet (novembre 2009),classé sans suite, ni discuté. C’est dommage encore balbutiant, il avait eu droit aux Inrockuptibles et à Public Sénat et une centaine d’abonnés après 1 mois (gratuit mais bon c’était un début).

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7 commentaires

  1. GdeC dit :

    Fidèle à mes convictions, j’espère que je pourrai échapper encore longtemps à cette logique de marché… Pas à vendre. Mais je comprends que d’autres ne crachent pas dans la soupe et tentent de mettre un peu de beurre dans des épinards de plus en plus chers. ceci dit, mon opinion, pour une fois, n’est pas tranchée. j’attends de voir les différentes réactions.

  2. Ju dit :

    you rocks !
    Tu connais la vieille legende qui dit que les journalistes sont des ecrivains frustres… et si une nouvelle legende disait que le blogueur est un journaliste contrarie ?
    A mediter… Je linke ton interessant billet dans mon billet de mardi.

  3. Pullo dit :

    @GdeC
    Tes réticences face à la logique de marché sont parfaitement légitimes. En même temps, difficile de jeter la pierre à ceux qui veulent vivre de leur activité de blogueur.

    @Marc Vasseur
    Le blogueur est un individu largement égotique, c’est vrai, mais il sait être partageur et s’associer, comme le montre le cas du Huffington Post : http://owni.fr/2010/05/20/deja-beneficiaire-le-huffington-post-fete-ses-5-ans/

    Cependant, je dois avouer que le Huffington Post ne doit pas son succès uniquement à l’info sérieuse :
    http://www.chouingmedia.com/$blog/2010/05/31/sens_critique_huffington_post__son_succes_cest_le_sexe_pas_que_linformation

    Sans oublier le fait que celle qui a gagné le plus d’argent dans l’affaire, c’est Arianna Huffington, ex-épouse d’un milliardaire, en revendant le Huffington Post à AOL pour 315 millions de US$.

    En France on a Le Post, mais pas d’équivalent d’Arianna Huffington. Est-ce un mal ?

  4. Denis dit :

    Le paradoxe, me semble-t-il, chez les blogueurs dits de gauche, c’est leur propension à travailler seuls, incapables qu’ils sont de se fondre dans un collectif ! C’est peut-être de ce côté qu’il faut chercher les raisons de l’échouage en eaux profondes d’initiatives solitaires.

  5. GdeC dit :

    @denis : pas faux. je sais de quoi je parle;.. j’ai essayé… C’est pourquoi je me repose plutôt en ce moment, ce sera plus utile.

  6. Comme je l’ai mis en commentaire chez Juan et Jegoun, le blogueur-contributeur sert aujourd’hui à ne pas payer de journalistes …

  7. « - tout d’abord, le blogueur est un individu largement égotique et donc toute idée ne venant pas expressément de lui est de facto considérée comme au mieux moins bonne au pire carrément mauvaise. »

    Oh oui, je soucris à 120000%. Pourtant la phrase n’est pas de moi ;)

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