Luc Ferry a laché sa petite rumeur sur un ministre pédophile avec en prime un Premier Ministre qui saurait.

Bien, bien… on savait déjà depuis quelques temps que les Présidentielles 2012 seront nauséabondes, manifestement on est en avance et soyons certains que le Cabinet Noir de l’Elysée saura distiller savamment quelques faits bien crades.

Sinon, le truc qui m’amuse c’est de constater que la rumeur ne vient pas de la poubelle de la démocratie qu’est le Net non ça vient de la Télévision et d’un philosophe. Ironie de l’histoire, Luc Ferry avait philosophé sur ce sujet, sa tribune était parue dans le Figaro sous le titre « Toubillons médiatique, humour et fausse morale », il va sans dire que cela se passe de commentaire :

Comme la colonne d’une tornade, le tourbillon médiatique poursuit maintenant son chemin aveugle vers d’autres victimes. À qui le tour ?

Voici venu le temps des humoristes, l’époque où Stéphane Guillon remplacera définitivement Raymond Aron. Ainsi le veut la folie médiatique qui déploie chaque semaine sa démentielle cohorte de faux débats qui appellent la dérision.

Jugez-en par vous-mêmes : en quelques mois, il nous a fallu, séance tenante, nous prononcer sur des sujets aussi divers que les montres de Julien Dray, l’Hadopi d’Albanel, le travail du dimanche, le financement des cancres, l’avenir de Polanski, le passé de Mitterrand, la main de Thierry Henry, la castration chimique, le Goncourt de Raoult, les Auvergnats d’Hortefeux, la nation de Besson, le Corrézien de Chirac, les minarets de Suisse, la terminale de Chatel, le clip de l’UMP, les musulmans de Morano, le drame européen de Rachida, les médecins de Johnny, le pseudo-traité de Copenhague, le grand emprunt de Sarkozy, la burqa de ces dames, la béatification de Pie XII, j’en passe et peut-être même de meilleures ! Comme disait Coluche : jusqu’où s’arrêtera-t-on ? Le plus grotesque, c’est que dans tous les cas de figures, nous sommes sommés d’avoir de toute urgence une opinion ferme et définitive, de prendre parti, si possible avec la plus grande véhémence, afin de hurler notre indignation, fût-ce dans la méconnaissance la plus complète des «affaires» qui défilent devant nos yeux ébahis. Le sommet fut sans doute atteint avec l’ignoble lynchage, d’abord médiatique puis bel et bien physique, du médecin de Johnny, Stéphane Delajoux. Trop charmant et talentueux pour être honnête aux yeux de procureurs jaloux, il fut jugé, condamné et exécuté dans l’ignorance la plus totale du dossier médical auquel nul n’aura eu si peu que ce soit accès. Répugnant. Peu importent les faits, peu importent ses proches, il fallait à tout prix apaiser la foule, trouver un bouc émissaire face au calvaire du vieillard qui fut naguère encore l’idole des jeunes. Comme la colonne d’une tornade, le tourbillon médiatique poursuit maintenant son chemin aveugle vers d’autres victimes. À qui le tour ?

Face à ces déchaînements aussi féroces qu’insensés, quatre leçons s’imposent. La première, c’est qu’à défaut d’avoir le temps d’analyser au fond chacun de ces dossiers – lesquels, au demeurant, sont loin, très loin d’en valoir tous la peine – c’est bien la dérision qui prévaut. Comme ce personnage de Proust, si stupide qu’il doit sans cesse épier les autres avant de décider s’il faut rire ou pleurer pour être comme tout le monde, nous affichons en permanence un brin d’ironie : elle confère aux plus niais un air averti sans engager pour autant à rien. D’où la prééminence, désormais irréversible, des humoristes sur les experts dans le paysage médiatique.

La deuxième leçon figurait déjà dans Pascal : la vraie morale se moque de la morale. Elle est aux antipodes de cette «moraline» aussi facile que funeste dont le tourbillon est désormais le lieu privilégié. Pourquoi ? Parce que l’exigence éthique, la vraie, s’applique d’abord à soi, pas aux autres. Ne nous y trompons pas, l’indignation, si chère à nos nouveaux Tartuffe et si prisée dans l’univers intellectuel, est une passion plutôt médiocre. D’abord parce qu’elle est par essence réservée à autrui, ensuite parce qu’elle traduit bien davantage le désir de faire l’intéressant que le souci réel du bien commun. La troisième leçon, nous la connaissons tous, nous qui œuvrons à des degrés divers dans les médias : c’est que le but ultime de tout ce tapage est bel et bien de vendre du papier ou de l’image, le monde dût-il en crever.

En veut-on un indice ? Voyez la pétition lancée contre la prétendue suppression de l’histoire en terminale S. Étrangement – et sauf erreur, c’est une première ou peu s’en faut – elle émane, non d’une poignée d’universitaires, mais d’un journal qui a compris tout le profit qu’il pouvait en tirer. Ajoutons pour finir le fait que la fabrication d’un maelström serait impossible sans l’Internet, ce formidable accélérateur de particules. Il faut toute la parano de l’antisarkozysme actuel pour ne pas voir qu’il est bien davantage un lieu de conformisme qu’un espace de liberté. Certains prétendent que notre président contrôle la presse et qu’il n’est plus de liberté que sur le Net. Quelle blague ! Jamais président ne fut aussi critiqué. Quant à l’Internet, il fonctionne comme les bancs de poissons dans un film de Cousteau, sans chef d’orchestre aucun pour régler le ballet des rumeurs. Et c’est bien cela, justement, qui le rend inquiétant. Rien là, à vrai dire, qui prête vraiment à rire...

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5 commentaires

  1. Pullo dit :

    Luc Ferry est un tartuffe de première catégorie, en plus d’être un bouffon déguisé en philosophe. Il n’est pas le seul, mais ça commence à être lourd. Passons.

    Concernant la rumeur, Luc Ferry en a trop dit et pas assez. Qui est le ministre en question ? Qui est le Premier ministre qui lui a parlé de l’affaire de Marrakech ? Pourquoi n’a t-il pas dénoncé le crime (car la pédophilie en est un) aux services compétents dès qu’il en a eu connaissance ? Il a oublié qu’en jouant à ce jeu-là (je sais qui c’est, je ne donne pas de nom parce que je n’ai pas de preuve et que je veux pas être condamné pour diffamation), il risque des ennuis avec la justice pour non-dénonciation de crime ?

    La rumeur génère un énorme buzz, Juppé et Dati demandent à Ferry de dire tout ce qu’il sait aux juges. Quoi qu’il en soit, Ferry risque d’être la victime du syndrome du ventilateur à merde. Non seulement le ventilo éclabousse l’adversaire, mais celui qui déclenche le ventilo est aussi sali, et tout ce qui se trouve autour par la même occasion. La campagne présidentielle de 2012 promet d’être la plus sale de l’histoire de la République…

  2. Jacq dit :

    Je l’avait prédit, le thême de la campagne est ‘pluie de sperme’. Mais ça devrait se calmer un peu tout simplement parce que les conseillers de la haute commencent surement à se rendre compte que ça fait tache.

    N’empéche que si l’information se vérifie (ça serait étonnant qu’il y ai enquete), le plus choquant sera qu’il aura fallu autant de temps.

  3. En l’occurrence, dénoncer la tartufferie des gens qui se taisent et l’omerta me semble entrer justement dans ce qu’internet demandait la semaine dernière, non ?

  4. aliciabx dit :

    Cette affaire montre bienque les infos ne filtrent pas tant que cela même sur internet, l’info est même verrouillée, selon moi.
    J’avais écrit « la fine censure de l’internet français », pour ceux que cela intéresse.
    De toutes façons, on ne pourra pas accuser les internautes, pour cette affaire.
    A lire :
    Luc Ferry accuse un ancien ministre de pédophilie, que fait la police ?
    http://aliciabx.blogspot.com/2011/05/luc-ferry-accuse-un-ancien-ministre-de.html
    Luc Ferry révèle un scandale politico-sexuel et on en reste là ?
    http://aliciabx.blogspot.com/2011/06/luc-ferry-revele-un-scandale-politico.html

  5. Quel besoin d’exister pour Ferry. Un petit monsieur des orgueils.

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