C’est donc aujourd’hui que Martine Aubry met fin à ce suspens digne d’une série B, après le crash enregistré chambre 2806…coïncidence de calendrier.
Si un certain nombre de protagonistes de cette primaire se sont déjà lancés dans la bataille il y a quelques mois, c’est bien ce jour que la primaire débute réellement et déjà on sent bien que les choses vont se tendre à l’intérieur du Parti Socialiste. Tout d’abord, l’une des premières difficultés est certainement pour la Première Secrétaire de réussir à tenir l’appareil tout en garantissant un débat équitable.
Plusieurs noms ont déjà circulé avec d’éminentes personnalités comme Harlem Désir ou Jean-Christophe Cambadélis, certains ont également pensé au Maire de Paris, Bertrand Delanaoë, mais ce dernier semble peu enclin à jouer les supplétifs de luxe. D’autres souhaitent la mise en place d’un « directoire » provisoire afin de garantir cette équité. Il convient de souligner que cette difficulté découle du congrès de Reims où initialement Martine Aubry – du fait d’un certain pacte de Marrakesh- s’était engagé à ne pas être candidate pour la Présidentielle de 2012.
Dans tous les cas, cette gestion de l’appareil durant près de 4 mois est réellement problématique puisqu’on ne peut imaginer un PS en roue libre à cet instant d’une campagne qui doit se mettre en place et même si ces principaux ténors oeuvrent pour la primaire. L’autre écueil est encore plus dangereux car ce scrutin ne peut être entacher d’une quelconque suspicion tant dans sa mise en oeuvre que dans dans ses résultats ; si d’aventure cela tournait mal, on peut penser que cela constituerait un réel handicap que saurait exploiter Nicolas Sarkozy. Sans compter sur l’affaire Guérini qui pourrait s’inviter dans cette campagne et faire mauvais genre.
Autre interrogation, cette primaire se déroulera-t-elle dans un climat apaisé ou au contraire dans une atmosphère délétère où tous les coups sont permis ? Alors certe, il y a bien eu la mise en place d’un code éthique mais on sait que ce genre de bout de papier n’a que de peu de poids dans ce genre de confrontation où les égos ont une place prépondérante.
Si ce 28 juin restera la journée de Martine Aubry – à moins que l’intronisation de Christine Lagarde au FMI ne vienne parasiter ce moment de communication – peut on néanmoins se risquer au jeu des pronostics quant à l’issue de cette primaire.
Indéniablement Martine Aubry et François Hollande sont les favoris pour le mois d’octobre, le premier axant sa campagne sur une Présidence simple ; la seconde on ne sait pas encore bien, la candidate légitime ou candidate par défaut faute d’envie ? – ce que d’aucun traduira par candidate de l’appareil -. Les outsiders semblent irrémédiablement distancés. Arnaud Montebourg s’en tient à un concept intéressant celui de la « Démondialisation » et Ségolène Royal semble patiner sur un choix structurant, on a un peu le sentiment d’un remake de 2007, ce qui n’est jamais très bon. En tout cas cette dernière va miser les prochains mois sur les quartiers populaires, complètement à rebours de l’analyse de Terra Nova. C’est un « pari » risqué mais qui néanmoins peut se révéler payant.
En l’état, on sait simplement qu’il devrait y avoir deux tours contrairement à 2006 et nulle doute que les ralliements des candidats malheureux du 1er tour se paieront cher, très cher.
Pour ma part, si je devais me déplacer, mon choix se porterait sur Arnaud Montebourg. Non qu’il constitue une panacée mais au moins il a un discours structuré et cohérent sur l’après crise – qui ne demande qu’à revenir -. Pour le reste, j’avoue une certaine circonspection sur l’état du PS en général et cette incapacité criante à se renouveler durablement. Parce que si c’est pour nous ressortir les Fabius, Emmanuelli… et quelques jeunes apparatchiks bien moins « doués » aux dents bien affutées… de vote il y aura peut-être mais de campagne certainement pas.
PS : Martine Aubry aurait refusé tout 20h, un choix incompréhensible qui augure mal de sa volonté de débattre… miser sur la rareté ??

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Une fois n’est pas coutume, je partage en partie ton point de vue.
Effectivement, ces primaires sont à double-tranchant pour le Parti socialiste, après tout, elles sont complètement inédites dans leur configuration actuelle.
Si les socialistes, conscients de la gravité de la situation, se gardent de petites phrases et autres noms d’oiseaux durant cette campagne inédite, alors ces primaires peuvent avoir un effet d’entrainement positif, ce qui explique en partie toute la fébrilité de l’UMP à ce sujet
Alors wait and see comme on dit !
Je suis du même avis que Gilles. L’ardeur de l’UMP à discréditer les primaires du PS prouve que ces dernières n’étaient pas une si mauvaise idée que ça. Reste à résister à la tentation des petites phrases et des coups tordus…
T’as raison Marc. Tout le monde pédale dans la semoule. Je viens de faire le test de Rue 89 . Résultat : pour moi, ce serait Mélenchon en 2012 ! Tout fout le camp.