déc 11
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Comme on pouvait s’y attendre, ce lundi 5 décembre 2012, Nicolas Sarkozy a sacrifié sans aucune vergogne les intérêts de la France au profit de sa seule et unique lubie, sa réélection malgré un bilan tout simplement épouvantable. Bilan qu’il ne fera pas ou tout ou plus, en le mettant au compte des pertes et profits de la crise et uniquement de la crise.
On savait que Toulon I avait été une formidable mascarade de repentance et de contrition sur les méfaits du capitalisme financier. On se doutait que Toulon ne pouvait être autre chose qu’un mauvais remake de ce première épisode, le tout agrémenté d’une vision européenne bien limitée et pour cause, c’est la chancelière allemande qui dicte la ligne à suivre pour une Europe qui se résume désormais à un binôme désarticulé.
La grande affaire de ces prochains mois sera donc l’écriture – à deux ? – d’un nouveau traité dépourvu de toute dimension politique. Nicolas Sarkozy a cédé sur tous les points, encore peut on se poser la question si il a vraiment défendu un point de vue différent – ce dont je doute -. Taxation des transactions financières, harmonisation fiscale, eurobonds, moins grande liberté de la BCE… Il y a fort à parier que lui-même n’a jamais été très friand de ce genre d’instruments politiques.
Mais cette absence de conviction ne peut masquer son « gros calcul » politique. En clair, un nouveau traité européen, c’est espérer voir la gauche se déchirer sur l’attitude à adopter.
Car effectivement, le risque est grand pour les partis de l’opposition de se diviser sur les attendus de ces nouvelles règles communautaires. A gros traits, on peut penser que le PS s’y soumettra faute de courage politique et par peur de casser définitivement l »euro -si il passe l’hiver-, un Front de Gauche arcbouté sur une ligne résolument hostile et un bordel sans nom à EELV. Le tout devant des citoyens -de droite comme de gauche – déboussolés car après tout on leurs avait vanté les bienfaits d’un traité constitutionnel qui de monts et merveilles se termine en ruines et désolations pour les peuples européens. Sans compter bien sur le fait que nos politiques se sont assis religieusement sur les résultats d’un référendum au nom de l’intérêt supérieur de la nation.
Moi-même, j’avais voté favorablement au traité constitutionnel et depuis quelques années, je pense avoir fait une erreur. Non, l’espace politique ne peut être délégué à une entité dépourvue de toute légitimité politique – je ne rentre pas dans les détails, les grandes lignes étant fixées par les gouvernements – où la trop grande délégation du pouvoir à la Commission aboutie à une irresponsabilisation de nos dirigeants.
Et aujourd’hui, au risque de passer pour un dangereux nationalise, je suis contre l’émergence d’une entité politique européenne plus forte, oui je suis opposé en l’état à la formation de je ne sais quel pouvoir fédéral. Des coopérations renforcées, des politiques de solidarité européenne – qui disparaissent de facto avec ce que vont nous proposer Angela Merkel et Nicolas Merkel-, des harmonisations nécessaire dans le domaine de la fiscalité, je suis favorable à tout cela mais certainement pas au prix de la perte de ma « souveraineté citoyenne ». Et ces pistes nécessitent un vaste débat, au niveau national et européen avec la prise en compte des dynamiques négatives nées de cette crise dont on ne sortir pas à court ou moyen terme.
Alors oui, Nicolas Sarkozy a accepté cette blitzkieg voulue par la chancelière allemande pour mener un combat à la hussarde pendant cette présidentielle en caressant ce « doux » rêve d’affronter Marine Lepen au 2eme tour du fait d’une opposition exsangue, engluée dans un flot d’invectives mortifères. Il est là son va-tout… jouer son destin personnel au mépris de l’intérêt général.
La gauche tombera-t-elle dans le piège, rien ne pousse à l’optimisme…