L’angle d’attaque choisi par l’UMP pour contrer le programme de François Hollande, c’est le matraque fiscal que subirait les classes moyennes notamment par des prestations familiales davantage modulées et le plafonnement des niches fiscales.
Loin de moi l’idée de contester qu’une partie des ménages se verra un peu amputée de son revenu disponible, d’après ce que j’ai lu ici ou là, ça concernerait ceux dont le revenu est supérieur à 8000/9000 euros net par mois… C’est là où les argumentaire de l’UMP sur ces fameuses classes moyennes prend du plomb dans l’intelligence mais aussi dans la réalité.
Je vous le concède, ma petite famille de 5 personnes ne se plaint pas particulièrement seulement nous sommes encore loin de l’étiage cité. Et quand, je regarde autour de moi, j’avoue humblement, je connais peu de couples avec des revenus au dessus de cette barre des 8/9000 euros.
D’ailleurs quand on creuse un peu la question, on s’aperçoit très vite que ce ressenti est plutôt proches de la réalité. En effet, l’INSEE a quantifié tout cela et cela donne ça :
- Les individus modestes : déciles 1 à 3 (30 % de la population).
Ils ont un niveau de vie mensuel inférieur à 1 200 euros (en 2009), soit un revenu disponible du ménage inférieur à 1 500 euros pour un couple sans enfant. La part des revenus d’activité et de remplacement est plus faible que pour les autres catégories (environ la moitié du revenu disponible).
Les individus de cette catégorie perçoivent une part importante de prestations sociales – 30 % de leur revenu disponible (entre 40 % pour le 1er décile et 15 % pour le 3e). Les prestations familiales représentent quant à elles entre 10 % et 20 %, et les minima sociaux en moyenne 6 %. Cette partie de la population bénéficie de la Prime pour l’emploi à hauteur de 1 % et ne paie pratiquement pas d’impôt sur le revenu.
- La « classe moyenne » : déciles 4 à 7 (40 % de la population).
Les personnes dans ce groupe ont un niveau de vie mensuel compris entre 1 200 et 1 900 euros soit un revenu disponible du ménage compris entre 1 700 et 2 400 euros pour un couple sans enfant.
Les salaires représentent une part plus importante du revenu disponible que pour la catégorie précédente, près des trois quarts. Ils bénéficient très peu des allocations logement et des minima sociaux, entre 0,1 % et 2 % selon le décile considéré. Les impôts directs commencent à être significatifs représentant entre 4 % et 8 %.
- Les individus aisés : déciles 8 et 9 (20 % de la population).
Les individus de cette catégorie ont un niveau de vie mensuel compris entre 1 900 et 2 600 euros, soit un revenu du ménage compris entre 2 400 et 3 450 euros pour un couple sans enfant.
C’est pour eux que la part des salaires dans le revenu disponible est la plus importante (plus de 80 %). La part des prestations sociales est d’un peu plus de 2 %, avec majoritairement desprestations familiales ; 10 % de leur revenu sont prélevés au titre des impôts directs.
- Les hauts revenus : 10ème décile.
Ils ont un niveau de vie mensuel supérieur à 2 600 euros, soit un revenu du ménage supérieur à 3 450 euros pour un couple sans enfant. Les revenus d’activité non-salariée de cette tranche sont plus importants que pour les précédentes, représentant près de 25 % du revenu disponible. Les revenusdu capital sont également sur-représentés. La redistribution joue à plein au profit des plus modestes, les impôts payés représentant un quart de leur revenu, pour des prestations perçues valant à peine plus de 1 %.
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