Pierre Larrouturou lance avec Michel Rocard, Edgard Morin, Patrick Viveret ou encore Susan George un nouveau collectif Roosevelt 2012. L’objectif est double, continuer inlassablement à expliquer que contrairement aux affirmations de certains illuminés, nous ne sommes pas sortie de la crise  - et encore moins avec des saignées opérées sur les peuples-  et proposer des solutions viables pour engager nos sociétés sur un nouveau modèle de civilisation.

Ayant était durant quelques temps, un compagnon de Route de Pierre, je ne peux souscrire qu’à sa démarche néanmoins j’espère que pour une fois, cette initiative dépassera le stade de l’incantation salutaire. Il est désormais plus que temps de penser à s’organiser concrètement loin des logiques partisanes.

Dire l’urgence
 et reconstruire l’Espoir

Nous ne pouvons pas rester sans rien dire. Nous ne pouvons pas rester sans agir. Aujourd’hui, l’esprit se révolte contre le sort qui est promis à l’homme.

Crise sociale, crise financière, crise écologique, crise démocratique… dans tous ces domaines, nos sociétés approchent d’un point de rupture, d’un point de non-retour. Après 30 ans de laisser-faire, après 5 ans de crise financière, nous arrivons à un moment crucial. Comme l’écrivent Stéphane Hessel et Edgar Morin «maintenant nos sociétés doivent choisir : la métamorphose ou la mort

Dans tous les domaines (emploi, écologie, démocratie, éducation, culture, logement, santé, relations Nord-Sud…), de nombreuses associations, des élus et des citoyens agissent déjà avec force et intelligence. Si nous créons aujourd’hui un collectif nouveau, c’est parce que nous pensons qu’il est urgent d’agir pour éviter un effondrement économique. Car un tel effondrement pourrait amener à un chaos qui rendrait vaines toutes les actions entreprises dans les autres domaines.

«Le capitalisme vit une crise suicidaire pour l’humanité » affirmait déjà Michel Rocard en 2007. Cinq ans plus tard, rien n’a changé. Ou alors en pire ! Plutôt que de s’attaquer aux racines de la crise, plutôt que de changer radicalement un système économique que tous, en 2008, disaient vouloir transformer de fond en comble, nos dirigeants ont continué la fuite en avant, en remplaçant la «transfusion» de dette privée par une transfusion de dette publique. Mais jusqu’à quand cette fuite en avant est-elle durable ?

«La prochaine crise risque d’être plus grave que celle de 1930» affirme le Gouverneur de la Banque d’Angleterre. «Il est fort possible que la situation soit pire que ce que nous avons connu en 2008 » écrit Olivier Blanchard, chef économiste du FMI. Hélas, nos dirigeants semblent totalement dépassés : déjà incapables d’anticiper la crise des subprimes, ils sont incapables aujourd’hui de proposer un diagnostic juste de la situation et incapables, du coup, d’apporter des solutions concrètes, à la hauteur des enjeux. Tout se passe comme si une petite oligarchie intéressée seulement par son avenir à court terme avait pris les commandes.

Serons-nous la première génération qui, non seulement devrait renoncer au progrès social mais aussi accepter sans réagir d’aller vers un «suicide» collectif ? Non. Trois fois non. Mille fois NON. Nous voulons choisir la vie. Voilà pourquoi, dans la diversité de nos parcours et de nos générations, nous nous rassemblons aujourd’hui pour agir au sein du Collectif Roosevelt 2012.

COMME ROOSEVELT EN 1933

Quand Roosevelt arrive au pouvoir, il succède à Hoover dont le surnom était Do Nothing («Il parle mais ne fait rien»). Les Américains sont dans un très grand désarroi : « 14 millions de chômeurs, une production industrielle qui a diminué de 45 % en trois ans. L’Amérique touche le fond de l’abîme… Roosevelt agit immédiatement, avec une détermination qui ranime la confiance. L’activité législative est prodigieuse : en 3 mois, Roosevelt fait adopter plus de réformes que Hoover en 4 ans. Le processus est d’une rapidité extraordinaire : certaines lois sont présentées, discutées, votées et promulguées dans la même journée.

Collectif Roosevelt 2012

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