Si le tremblement terre de l’affaire DSK est derrière nous, il serait cependant illusoire de croire qu’il n’y aura pas de répliques fortes sur la monde politique français, sur la gauche en général et  sur le Parti Socialiste en particulier. Nul doute d’ailleurs que cette affaire aura également des répercutions fortes sur le traitement fait par les médias, allons-nous vers une démocratie plus « protestante » où la ligne de démarcation entre vie privé et vie publique pour nos représentants sera plus ténue ? Sur ce point, la Présidentielle apportera probablement un début de réponse.

Pour en revenir à la question des partis politiques, il faut garder en tête que cet évènement intervient dans un contexte particulièrement lourd : une montée continue et inquiétante de l’abstention - d’autant plus inquiétante que l’élection de 2007 marquée par un certain changement génération et un espoir bien réel porté par les différents candidats (Royal, Bayrou mais aussi Sarkozy, il ne s’agit pas de juger de leur « pertinence »)  aura débouché sur de fortes désillusions - ; des enquêtes d’opinion très défavorables vis à vis du monde politique ; des partis politiques qui se vident de ses militants et s’assèchent sur le terrain des idées à force de décourager bon nombre d’intellectuels pourtant indispensables à la compréhension d’un monde de plus en plus en complexe.

Militant au parcours contrarié – du PS à Europe Ecologie (je n’arrive toujours pas à rajouter Les Verts)-, j’ai moi aussi été profondément touché à l’annonce de cette nouvelle dramatique. Loin d’être un fan de Dominique Strauss Khan, je m’étais pourtant fait à l’idée d’un vote utile de « combat » , préférant à tout prendre continuer à mener à veille militante sur certains penchants d’une sociale-démocratie vieillissante que de me trouver confronter à un impossible choix entre Nicolas Sarkozy et Marine Lepen. Dès lors, ce « deuil » passé, il me faut m’interroger sur ce prochain printemps.

Martine Aubry a décidé jusqu’à présent de maintenir le calendrier de la primaire du PS. Je crois qu’elle fait bien car si le PS affiche une certaine unité depuis Reims, alchimie tenant pour l’essentiel sur ce fameux pacte de Marakesh et cette fameuse primaire. On peut penser qu’un passage en force au nom de cette unité aurait pu faire renaitre des conflits ouverts entre les différents protagonistes. D’autant plus facilement que l’élection de Martine Aubry en 2008 est pour le moins contestable et un François Hollande en passe de réussir l’impensable en laissant, après dix ans à sa tête, un parti anémié.

A ce stade, je dois avouer une certaine incrédulité sur l’hypothèse de la candidature de la Première Secrétaire. En effet, je crains que celle-ci fasse également les frais d’une campagne très dure avec plusieurs handicaps alors même que sa campagne n’est pas lancée : une légitimité acquise dans les doutes, des non-choix à Hénin Beaumont ou dans l’affaire Guérini et une proximité trop criante avec DSK où la montée du « tout le monde savait » peut lui être préjudiciable. Il y a enfin dans une course à la Présidentielle un autre critère -peut être le plus important d’entre tous- celui de l’envie hors le moins qu’on puisse dire, c’est qu’elle n’en a jamais fait part bien au contraire.

Alors si le Parti Socialiste veut espérer emmener l’un des siens à l’Elysée, il n’y a à cette heure qu’une seule solution crédible… François Hollande. Je le dis avec calme , d’autant plus que je n’ai jamais été tendre avec ce dernier lorsqu’il était encore à la tête du PS, cependant la situation semble exiger qu’on fasse fi de ses propres considérations à la seule condition néanmoins que celui-ci s’affranchisse de certaines de ces prédispositions. Oui il y a le projet peu enthousiasmant du PS mais celui ne peut être considéré l’alpha et l’oméga d’un projet alternatif et surtout il me semble nécessaire qu’il s’inspire des intuitions de François Bayrou en matière de pratiques politiques et mette en place les conditions de leurs mises en application – ce que Bayrou a été incapable de faire à l’intérieur du Modem -.

Ce profond renouvellement démocratique passe bien avant la présidentielle par des initiatives fortes en direction d’autres partenaires (EELV, CAP21 et d’autres) et les citoyens. Le temps des péniches entre deux tours (cf l’entre deux tours des cantonales) est révolu, et pour être crédible cela implique de co-construire une alternative rapidement dans un cadre nouveau en ouvrant au maximum de ce type d’initiative (oui il s’agit bien de remettre au gout du jour le concept de démocratie participe en l’améliorant).

Le traumatisme subit est énorme pour bon nombre de citoyens aspirant à voir partir Nicolas Sarkozy, il est donc important de nous redonner un minimum d’espoir et celui ne peut passer exclusivement par les médias.

Et ce d’autant plus que les partis politiques – de gauche ou de centre gauche- sont dans des impasses où on peine à entrevoir une rénovation à minima tant les jeux politiques ont pris le pas sur les idées. A cet égard, l’exemple d’Europe Ecologie est significatif. Alors que Daniel Cohn Bendit et José Bové étaient parvenus avec les Européennes à changer l’image de l’écologie politique incarnée par les Verts en un partie plus ouvert, avec le soucis de sortir des seules problématiques écologiques ; deux ans plus tard, force est de constater qu’il est incompréhensible dans son fonctionnement au commun des mortels – sans même aller très loin, qui peut comprendre cette notion d’adhérent, de coopérateurs ?

Au fond avec cette déchéance brutale de DSK, il semble qu’on assiste à la mise à mort des partis politiques dans leur format traditionnel, incapable de remettre à plat leur organisation, leur mode de communication, de remettre en place des lieux éfficient de débats. Ils sont passés complètement au travers d’une aspiration à une démocratie moins « verticalisé, capable d’interagir davantage entre ses représentants et ses « électeurs » et de renouveller plus rapidement ces dirigeants afin de limiter ce phénomène de caste tant décrié aujourd’hui – au delà des faits commis par le patron du FMI -.

Oui, il serait trop simple de reprocher la « fin du monde » à DSK, l’ensemble des partis politiques doivent prendre leur part de responsabilité dans cette faillite morale qui est aussi une faillite politique.

Alors, aujourd’hui, « du passé faisons table rase » afin de construire des espaces politiques innovants plus en phase avec les mouvements de la société, cela ne pourra se faire sans nous. Comme pour DSK, je ne saurai donné un blanc-seing à un candidat de gauche quel qu’il soit.

Et pour l’heure, c’est aux partis politiques de prendre des initiatives fortes loin de leur siège.

Si un corbeau ne fait pas l’hiver, il serait tout de même urgent que l’opposition et ses « leaders » prennent la mesure ce qui pourrait se passer au cours des prochains mois, un nouveau 21 avril 2002 et ce dans la même configuration alors qu’il y a encore quelques semaine, on l’envisageait à l’envers.

Le dernier sondage en date d’hier montre une Marine Lepen s’installant paisiblement dans le paysage politique français puisqu’elle serait présente au 2nd tour de 2012 quelque soit le cas de figure. Alors si certains pensent que c’est déjà joué avec un Nicolas Sarkozy KO, il convient de noter que ce sondage se base sur une hypothèse très aléatoire avec les présences de Jean-Louis Borloo et de Dominique de Villepin au 1er tour (Borloo entre 7 et 1à%, Villepin entre 3 et 6, ce qui de fait augmente Sarko si ces deux là ni vont pas – on fait comment pour qu’ils y aillent on croise les doigts, on brule des cierges ?). Aussi, si Borloo et DDV n’y vont pas, on peut raisonnablement penser que ça favorise Sarko et donc l’éventualité d’un 2 tour Sarko/Lepen est loin d’être une vue de l’esprit.

Dès lors, qu’on le veuille ou non, la présence d’un leader capable de présenter une alternative au second tour est pour l’heure loin d’être une certitude, loin s’en faut et même dans le cas où Dominique Strauss Khan décidait de descendre de son Aventin.

Alors oui, aujourd’hui plus qu’au lendemain des cantonales se pose la question d’une large primaire allant de Melenchon à Corinne Lepage ou tout au moins d’Europe Ecologie à Cap 21 en passant par le PS et pourquoi pas avec le Modem avec en parallèle, des discussions approfondies sur un projet alternatif au sarkozysme.

Je le dis d’autant plus sereinement qu’il serait assez malvenu de me dire, au regard de mon parcours militant, que je roule pour le Parti Socialiste et son candidat et jusqu’à plus ample informé je ne suis en recherche d’aucun sous-strapontin sous les ors d’un nouveau pouvoir.

En 2002, Lionel Jospin fort de son bilan a péri du fait d’un autisme avéré. En 2007, l’élection imperdable a été marqué par un PS globalement absent de la campagne. En 2012, il se peut qu’on assiste à un nouveau naufrage par l’effet conjugué de l’autisme persistant du PS et d’égos démesurés émanant de tous les partis de l’opposition.

Et si primaire ouverte il devait y avoir, il est évident pour moi qu’elle ne pourrait se faire sur un blanc-seing mais bien sur les bases d’une co-construction des partis et des citoyens… oui je sais, c’est compliqué mais à en juger par ce dernier sondage, on ne peut pas dire que le projet du PS ait soulevé un quelconque tsunami.

Il serait grand temps que les dirigeants de la gauche et du centre (je ne parle pas de Borloo puisque ce dernier se voit dans tous les cas allié à l’UMP) s’en rendent compte.


Stop21avril – le clip par stop21avril

J’avoue, je me retrouve assez dans le discours de Cohn-Bendit. Et, d’autre part, je suis très content que Corinne Lepage était présente à Strasbourg hier soir (discours après la vidéo).

Et, j’espère qu’au lendemain des régionales, un nouvel espace politique  durable verra le jour… allant des Verts, à Cap21, en passant par Nouvelle Gauche dans une organisation qui reste à définir… ce qui ne sera pas simple. Europe Ecologie est à approfondir mais très certainement sous une autre forme… J’ai par ailleurs signé cette tribune « Voter pour changer la gauche » à lire sur Médiapart.

Tiens, j’ai appris que l’animateur de ce blog était partisan… on m’aurait menti à l’insu de mon plein grès… Oui, ce blog a toujours été partisan… Moins critique ? Quand Cécile Duflot fait une tribune avec Pierre Larrouturou sur l’emploi ou les retraites, sachant que je soutiens les thèses de Pierre et pas depuis hier, je ne vois pas pourquoi je ne pourrai m’en féliciter. Quand Europe Ecologie défend la taxe carbone comme en septembre, je suis contre et si demain, EE revient avec la même architecture sans remettre à plat le système de prélèvements obligatoire, mon discours ne variera pas.

Je n’ai aucune place à défendre, à conquérir, seulement tenter de faire avance « mes idées » qui sont les miennes, à tort ou à raison.

Discours de Corinne Lepage (merci Olivier):
Cette nouvelle voie que nous devons tracer ensemble est celle, vous l’avez compris, d’un écologisme humaniste, qui doit nous conduire à une maison commune à la porte de laquelle nous devons laisser nos idées préconçues sur le monde comme sur nous-mêmes.

Nous sommes une force nouvelle qui a un nouveau projet, écologique et démocratique.

Notre projet commun a déjà redonné espoir. Mettons le en pratique ici, en Alsace

Je suis là ce soir, à l’invitation de Jacques Fernique et de Dany Cohn Bendit pour deux raisons.

Tout d’abord, pouvait-il  en être autrement ? Cette liste Europe écologie, conduite par Jacques Fernique est composée d’amis qui me sont chers, des compagnons de lutte écologique de longue date comme Danny Dietmann, militant de CAP21. Pouvais-je ne pas les soutenir ?  Mais par delà l’amitié et les souvenirs communs, je viens ici ce soir, parmi vous, soutenir une liste qui demain, dans les urnes, peut gagner sur ce projet qui est l’histoire de ma vie politique, un projet écologique et démocratique.

Alors oui, je suis là ce soir comme militante écologiste de longue date (Fessenheim, vous connaissez, aussi bien que moi, n’est-ce pas ?), comme présidente de CAP21 et comme démocrate dans cette région où cette famille, ma famille aussi, ne peut être absente. Ma présence est donc « naturelle ». Elle est la place d’un éclaireur qui désire tant voir nos idées et notre union, gagner.

Et puis je suis ici pour soutenir un projet fondateur, au-delà des appareils existants, celui d’une nouvelle voie, qui saura, en dépassant les frontières d’aujourd’hui et en étant devant, faire prévaloir des idées qui deviennent majoritaires en France, mais ne peuvent s’exprimer dans les forces traditionnelles. Nous avons à construire une union nouvelle, une union politique pour un siècle nouveau, porteurs d’enjeux si grands pour l’humanité toute entière. Cette nouvelle voie écologique, démocratique, sociale et humaniste est la réponse aux défis sans précédent auxquels nous sommes confrontés.

Une nouvelle voie, écologique, car la rareté des ressources et le croisement de l’explosion démographique et des crises écologiques imposent un nouveau modèle de développement. La disponibilité des ressources commande l’économie, et non l’inverse. L’écologie est notre socle commun, la somme des règles auxquelles l’économie doit se plier. Nous avons à promouvoir une nouvelle économie, l’écolonomie.

Une nouvelle voie, démocratique, car la liberté est l’acquis fondamental sans lequel aucun progrès n’est envisageable. Or, la répartition de la rareté constitue un danger démocratique majeur. Notre union est celle des démocrates, qui veulent défendre notre richesse commune Liberté Egalité Fraternité, à laquelle je veux ajouter Laïcité. Or, la crise écologique, doublée de cette crise économique majeure, qui nous a été imposée par le cynisme et une insupportable légèreté de certains, menacent ces valeurs que nous partageons. Démocratique, parce que les grandes valeurs de liberté citoyenne sont aujourd’hui menacées par la puissance de l’argent et l’arrogance du pouvoir.

Une nouvelle voie sociale, car le travail est à la source de l’angoisse de nos concitoyens, soit qu’ils n’en aient pas, soit qu’ils craignent pour celui d’un proche ou d’un enfant, soit qu’ils subissent un stress et une souffrance au travail sous la pression du management par le stress et du culte de la performance au mépris de l’Homme, de sa vie, de sa famille. Or, la création d’activités doit être au cœur du projet, comme la juste répartition de la richesse créée. Sociale, parce que l’injustice est toujours plus lourde, et la politique de l’Etat toujours plus favorable aux favorisés

Une nouvelle voie humaniste, surtout, car les valeurs des droits de l’humain sont non négociables. Ils ne sont pas négociables. Le culte de l’argent est en passe de détruire non seulement notre modèle social mais encore notre système de valeurs lui-même, donnant la prime à l’arnaque, à la frime et à l’avidité, sur ce qui fait l’essence même de l’être humain Humaniste, parce que nous ne saurions accepter que l’égoïsme et l’apparence l’emportent sur la solidarité, le savoir et la justice.

J’ajouterais en ce jour des femmes, féministe qui semble être devenu un gros mot. Nous sommes entrés dans une ère de stagnation, qui précède peut-être une ère de régression du droit des femmes. La menace ne vient pas du naturalisme, comme le craint Elisabeth Badinter, mais bien du système économique qui fait des femmes les premières victimes des licenciements, des blocages de carrière et des bas salaires. Il vient aussi de l’abandon progressif sur notre territoire des principes fondamentaux de la laïcité et d’une banalisation des symboles d’abaissement et de vassalisation des femmes, qu’il s’agisse de la publicité transformant les femmes en objet ou de la burqa. Sans parler, des baisses de moyens des plannings familiaux, de la multiplication des violences en tous genres faites aux femmes, et de leur sous-représentation systématique. Le succès de notre projet se mesurera aussi en termes féminins. Le sexisme est le premier des racismes, la première pierre d’un monde inégalitaire !

Cette nouvelle voie que nous devons tracer ensemble est celle, vous l’avez compris, d’un écologisme humaniste, qui doit nous conduire à une maison commune à la porte de laquelle nous devons laisser nos idées préconçues sur le monde, comme sur nous-mêmes Il faut ici et maintenant réaliser l’unité des écologistes  et l’union avec les démocrates si nous voulons vraiment faire gagner l’écologie. Il nous faut rassembler sur un projet commun de vivre autrement, ensemble, mieux. Un projet qui donne l’envie de nous faire confiance, un projet qui donne à nos concitoyennes et nos concitoyens confiance dans l’avenir.

Nous n’avons pas le choix et nous n’avons pas le droit de faire autrement. Bien sûr nous avons gagné des batailles ensemble, dans les prétoires (rappelons l’Erika ou les OGM) ou au Parlement européen où nos votes se retrouvent. Mais cela ne suffit plus. Le temps est venu pour nous de nous unir pour convaincre et gagner. En face, un vieux monde, usé et fatigué mais ô combien encore puissant s’organisent pour prolonger leurs privilèges. Peut-on en effet, laisser les climato-sceptiques convaincre les gouvernements, et pire  encore, les opinions publiques d’abandonner  les politiques de lutte contre le changement climatique et d’adaptation pourtant absolument indispensables. N’est-il pas dangereux  des rester divisés pour répondre alors que l’AIE annonce pour 2013 le peak oil rendant inévitable la sortie progressive de la société pétrolière et qu’une étude très récente  de l’International Arctic Research Center a constaté que « la quantité de méthane qui s’échappe actuellement du plateau arctique de la Sibérie orientale est comparable à celle qui s’échappe de l’ensemble des océans du monde ».

Nous sommes en effet, au-delà des réalités physiques de la planète, confrontés à une offensive sans précédent et généralisée des lobbys qui veulent mettre définitivement la main sur le monde et s’arroger le droit de se partager les richesses naturelles et de gérer la pénurie :

-         lobby du pétrole, qui veut dissimuler l’arrivée rapide du peak oil en finançant le climato-scepticisme

-         lobby nucléaire, qui veut vendre des centrales aux pays du sud qui bénéficient de l’énergie solaire qui pourtant ne manque pas ! Et cet EPR dont une étude récente soulève les risques spécifiques apparemment courus en toute connaissance de cause

-         lobby chimique avec les OGM qui sont relancés en Europe contre la volonté des peuples et les pesticides qui viennent de faire l’objet d’un soutien public de Nicolas Sarkozy

-         et surtout, lobby financier, le plus dangereux et le plus puissant, qui après avoir obtenu le secours des Etats, donc des contribuables, spécule aujourd’hui pour les ruiner. Ils se sont enrichis sur les dettes privés et les subprimes. Ils reviennent aujourd’hui jouer avec les dettes publiques pour parties contractées pour eux ! Voilà pourquoi la Grèce doit pouvoir compter, dans cette crise, sur la solidarité européenne.

Nous savons que demain l’eau sera plus rare, l’énergie plus chère. Que voulez vous ? La gestion de la pénurie par ces lobbies, ou le partage équitable des richesses ?

Depuis des décennies, nous avons accumulé les connaissances qui nous permettent de répondre sur le plan scientifique et malheureusement, nous avons eu raison trop tôt. Mais nous ne serons convaincants et crédibles que pour autant que nous disposerons d’un programme économique, réaliste, pragmatique et cohérent, et que nous sortirons d’une écologie de la punition pour proposer une écologie de la solution, qui respecte la liberté de chacun.

Il ne s’agit plus seulement de prendre en compte la dimension environnementale dans les choix économiques – même si par en juger des déclarations présidentielles au salon de l’agriculture ou l’autorisation donnée de la patate OGM, c’est déjà trop demander.

Il s’agit d’offrir une alternative globale et cohérente au capitalisme financier , à la dictature des marchés soutenue en fait par le néo-conservatisme ambiant, et à une économie financiarisée dont l’objectif n’est plus le progrès économique, a fortiori le progrès social, mais l’accroissement des profits. Cette transformation n’a été rendue possible que par une banalisation de la criminalité financière, une admission générale des conflits d’intérêts et des trafics d’influence permanents conduisant à choisir pour les lobbys et contre l’intérêt général.

Les écologistes ne peuvent plus être les gentils écolos, la part morale d’une politique qui n’en a plus. Ils ne doivent plus être les supplétifs, les empêcheurs de polluer en rond. Nous avons un devoir qui commence ici et maintenant, aux régionales : Nous devons créer la nouvelle force politique qui assume, aux commandes, ses responsabilités et invente un vrai futur. Je vous le dis : Nous devons commencer ici ce que nous terminerons ensemble au pouvoir, mettre en œuvre un vrai programme commun, écologique et démocrate. Nous devons porter l’écologisme aux plus hautes responsabilités pour que nos idées deviennent des actes. Tu disais, Dany, il y a fort longtemps, « assez d’actes des mots ». Je reprends la balle au bond et je vous dis « assez de mots, des actes ».

Il n’est pas possible d’entrer dans le détail d’un projet économique global, mais celui-ci est connu dans ses grandes lignes :

-         Nouvelle comptabilité dont le Québec et le Luxembourg viennent de se doter

-         Nouvelle fiscalité qui pénalise l’usage et le gaspillage des ressources collectives et répartisse la ressource afin d’assurer une justice sociale. dans les moyens d’adaptation, notamment par une mobilité peu chère et pratique pour aller travailler. Cette fiscalité doit assurer une juste répartition de l’impôt, tant pour les personnes physiques, avec la création de nouvelles tranches pour les plus hauts revenus, que pour les entreprises. Elle doit mettre un terme au scandale qui fait que la moyenne de l’IS pour les entreprises du CAC 40 est à 8% quand elle est à 30% pour les PME.

-         Abandon des subventions à la pollution, qui alimentent directement ou indirectement les multinationales, pour cibler l’effort collectif dans la recherche et l’innovation des PME, qui créent l’emploi en France

-         Réindustrialisation à partir de l’économie verte, ce qui implique la décentralisation énergétique et l’abandon, pour des raisons économiques et financières de la prime au nucléaire

-         Régulation du système financier en commençant par ce qui peut être fait au niveau national sur les rémunérations des traders, mais aussi sur le management des entreprises, et en continuant avec un effort sur la régulation internationale et l’encadrement très strict, voire plus, des ventes à découvert.

-         Un effort en faveur de la consommation durable et équitable pour assurer une alimentation de base saine et proche ; un effort en faveur de l’accès aux services publics qui disparaissent progressivement font l’objet d’une entreprise systématique de démantèlement de la part du gouvernement.

-         Le véritable essor de l’économie coopérative, mutualiste, sociale et solidaire qui représente aujourd’hui 10% du PIB et devrait doubler. C’est là aussi un vrai projet démocrate : Faire entrer dans le monde économique la démocratie et permettre à celles et ceux qui créent de la richesse de pouvoir décider en lieu et place de quelques hedge fund cachés dans ces paradis fiscaux qui n’ont pas même tremblé des rodomontades si vite oubliées

Impossible ? Mais que s’est-il passé hier en Islande ? Ce peuple a dénoncé, par 93% les dysfonctionnements du système et  nous impose de réfléchir à la démocratie économique.

Nous ne gagnerons que si nous savons défendre les libertés,  de choisir, de créer, d’innover.

Nous avons soif de démocratie, une démocratie vivante, nouvelle, réinventée….participative ? Une démocratie d’accès à l’information. Nous devons être les défenseurs d’un débat scientifique ouvert, de l’expertise non dépendante, de la controverse scientifique qui fait progresser le débat et la prise de décision, de l’information honnête, qui permet de choisir en connaissance de cause. Cela, c’est le principe de précaution, et non cette blague d’accord entre laboratoire et experts sur le virus AH1N1.

La démocratie, c’est un accès à une justice indépendante et forte capable de dire le juste, le droit et rétablir les équilibres entre pot de fer et pot de terre.

La démocratie, c’est le droit de gouverner pour le peuple, c’est-à-dire le plus grand nombre en respectant le pacte social et républicain et les valeurs humanistes qui doivent prévaloir sur le règne de l’argent.

La démocratie, ce sont des institutions qui séparent et partagent les pouvoirs au sommet , qui permettent la mise en réseau des bonnes pratiques à la base pour les faire remonter au niveau pertinent de prise de décision.

Nous avons le pouvoir de changer les choses. Nous avons commencé à Strasbourg, Dany, Eva, Michèle et tant d’autres. Rendons cela réel et perceptible dans le quotidien de chacun, dans cette région d’Alsace, et ce n’est pas un hasard si c’est à Strasbourg que se joue pour la première fois cette nouvelle donne. Strasbourg, lieu symbolique de  la construction européenne, siège de la Cour européenne des droits de l’homme, capitale de la démocratie et de l’état de droit en Europe.

Construisons ensemble cette nouvelle voie qui unira démocrates et écologistes.

Aucune voix ne doit manquer  pour que cette liste, qui ouvre une voie nouvelle (sans mauvais jeux de mots)  arrive en tête au soir du premier tour. A partir de ce soir, à Strasbourg, la couleur même de la politique peut changer dans ce pays.

Tout dépend de nous.

L’Alsace peut devenir la première région écologiste d’Europe. Dépassant les actuelles frontières partisanes, nous pouvons construire la maison commune des écologistes, des démocrates, et des humanistes.  Nous pouvons entamer ensemble une véritable marche vers le pouvoir, et donc vers les responsabilités. Nous voulons gagner non pas seulement pour l’écologie mais parce que nous sommes convaincus que le projet d’une évolution soutenable, d’une écologie humaniste et dotée d’un projet économique cohérent et réaliste est vital pour sortir des crises.

. Nous ne sommes plus la force supplétive et morale des vieux partis. Nous sommes la force politique qui va imprimer une nouvelle page dans ce pays : Une nouvelle espérance qui va changer la vie des Françaises et des Français !

Ensemble, nous gagnerons !

seul le prononcé fait foi

Madjouline Sbaï (@Nord Eclair)

Se tenait aujourd’hui, la convention Europe Ecologie en vue des régionales dans le Nord-Pas de Calais. Forcément, c’est un moment important et plus particulièrement pour EE du fait de la complexité à bâtir une liste avec la nécessité d’y inclure des Verts et des Non-Verts, eux-mêmes pouvant l’être à titre individuel ou collectif et par ailleurs, ces derniers sont peu habitués à de telles constructions.

Sans surprise, Jean-François Caron est le chef de file d’Europe Ecologie dans la région…

L’audace n’est pas là, et ce n’était pas acquis il y a encore quelques jours au nom de la parité Verts/Non Verts, elle réside avec Madjouline Sbai qui sera bien la tête de liste dans le Nord.

Jeune trentenaire, issue de l’immigration, elle est surtout une spécialiste des problématiques d’insertion et d’emploi… questions qui me paraissent prioritaires pour la région pour le prochain mandat. Les Verts avaient déjà innové avec Marie-Christine Blandin, Présidente de Région entre 92 et 1998 ; pour ce cru, EE propose donc une petite révolution des mentalités. A cela, il convient d’ajouter la présence de Sandrine Rousseau en bonne place (3ème), universitaire, économiste spécialisée sur le développement durable… comme quoi, la compétence politique n’est pas uniquement masculine, encore faut-il oser…

Pour le Pas-de-Calais c’est  à Jean Louis Robillard qu’échoie la tête de liste. Non Verts, proche de  la Confédération Paysanne, il jouit d’une très bonne réputation dans le monde agricole. Ce choix peut sembler baroque dans une région de tradition ouvrière cependant c’est oublier que le Pas de Calais est aussi un département rural.

Un autre accord important est celui conclu avec le MEI (parti d’Antoine Wecher), avec deux candidats en position éligible, la réconciliation avec des frères ennemis de l’écologie est à l’œuvre au moins en Nord/Pas de Calais. Le MEI qui pèse autour de 2/3% dans le Nord Pas Calais permet sans doute à Europe Ecologie de se garantir un score à deux chiffres pour le 21 Mars.

Une grosse déception pour moi, l’absence de Cap21… et pour le coup, j’estime qu’on ne peut imputer la responsabilité de cet échec aux Verts. En effet, bien que le soutien de Corinne Lepage allait faire défaut, EE a malgré tout proposé 1 candidat en position éligible et l’autre à une place charnière ; avec une contrainte, pour l’éligible dans le Nord devait être une femme… Cap21 a refusé cette contrainte or établir une liste sur les bases évoquées plus haut, c’est une addition de contraintes. D’autre part, je connais d’autres composantes d’EE bien moins gourmandes et aussi « importantes » qui ne seront même pas sur cette liste parce qu’il ne faut pas abuser non plus.

Il y a donc sur cette liste de l’audace, de la déception et aussi de la Realpolitik avec la présence marquée du Rassemblement Citoyen, association du Maire Villeneuve d’Ascq, avec deux candidats dans les 17 premiers dans le Nord dont un en position éligible. Certains voient dans ce coup de poker, la possibilité de voir cette ville basculer chez Europe Ecologie à moyen terme. D’autres, la marque d’un opportunisme affirmé de la part de Gérard Caudron…  Ce dernier ayant commencé à négocier avec le PS avant de claquer la porte du fait d’une place pas assez sure (30ème ce qui équivaut à faire 30% pour le PS). Si on peut comprendre la stratégie d’EE, on peut néanmoins penser que cet accord se paye au prix fort surtout pour une conversion aussi rapide… on est loin de la génération Duflot :) et d’une certaine aspiration à faire de la politique vraiment autrement

Malgré ce bémol, tous ces éléments me confortent dans mon choix d’avoir signé l’appel d’Europe Ecologie Nord Pas de Calais… et au fond, l’important reste dans l’après 21 mars, dans la capacité à faire vivre cet OPNI, dans la capacité à construire un corpus commun et demain d’apparaître comme une alternative crédible au duopole PS/UMP…

Coup dur pour Dani ?

J’ai appris ce soir qu’au final Cap21 renonçait à partir en IDF avec Europe Ecologie malgré la certitude d’avoir un élu.

J’avoue ne pas bien comprendre Corinne Lepage qui si j’en crois ses déclarations de ces derniers mois ne manquait pas une occasion de fustiger l’attitude anti démocratique du MoDem et de son Président François Bayrou. Elle n’avait d’ailleurs pas pris la parole au congrès d’Arras. Et que dire de la proclamation de la tête de liste du MoDem en IDF, sortie du chapeau du seul président.

Ainsi, Corinne Lepage entend assister aux funérailles du MoDem… N’y voyez aucune sorte d’animosité dans le propos…

C’est simplement le constat froid d’un espoir qui a culminé à 17%, porté par un discours institutionnel fort mais que le candidat n’a jamais su faire vivre dans son nouveau mouvement. Il est vrai c’est la perception qui m’en est donnée mais très souvent les propos sont souvent étayés par des faits.

Encore ce week-end, je lisais dans la presse que le MoDem peinait pour établir ses listes… cela traduit pour le moins une certaine fébrilité et la dynamique de 2007 s’est évanouie.

C’est désertion risque d’avoir des conséquences dans un bon nombre de régions où des accords étaient soit conclus, soit en passe de l’être avec Europe Ecologie. Corinne Lepage prend donc le risque de casser une dynamique intéressante et surtout elle montre une fois de plus qu’une des choses les moins biens partagées en politique, c’est le courage. Autre interrogation… pourquoi avoir créé Terre Démocrate avec un réceptacle politique qui semblait couler de source avec Europe Ecologie…

J’avoue, tout cela est politiquement incohérent.

D’autre part, on peut s’interroger sur le sort qui sera réservé à CAP21 tant sur le fond alors que des divergences fortes existent avec le Modem (cf mon itw) que sur la forme car je ne suis pas certain qu’on existe davantage dans un machin à 5/6% sans rien ou presque que dans un mouvement à 15/16% et la certitude d’avoir des élus régionaux. Quand on vise à peser sur le débat, les élus sont importants ne serait ce que pour faire vivre ses idées.

Bref tout cela est bien décevant et témoigne de l’extrême fragilité des opposants à Nicolas Sarkozy.

C’est un coup dur pour Europe Ecologie, une bénédiction pour  le Parti Socialiste et son hégémonie stérile sur l’opposition.

L'UMP buzze à l'étranger.... A quand le sex toy offert ?

L'UMP buzze à l'étranger.... A quand le sex toy offert ?

C’est confirmé par une conférence de presse, Pierre Larrouturou sera bien tête de liste Europe Ecologie en Hauts de Seine dans le cadre de la région Ile de France. Cela va de soi, en raison de l’amitié et l’estime que je porte à Pierre, j’en suis particulièrement heureux. Enfin, on lui reconnaît sa compétence, son sérieux, son travail… ce n’est que justice.

Cela me satisfait d’autant plus que cette reconnaissance lui est « donnée » par Europe Ecologie, cet OPNI dont les contours organisationnels doivent être précisés, sans parler d’une ligne politique encore à affirmer. Sur ce dernier point, l’apport de Pierre pourrait être important et je ferai tout pour l’y aider même si cette période n’est pas la plus propice pour cela.

Autre motif de satisfaction, Europe Ecologie et Cap21 sont parvenus à un accord dans cette région (pour mémoire, je vous l’avais annoncé dès le 4 décembre comme quoi je raconte assez peu de conneries…). Sur cette question, je suis assez surpris que seul (ou presque) Médiapart ait souligné cela. C’est d’autant plus étonnant que depuis quelques semaines, Corinne Lepage ne cache plus un certain malaise vis à vis du MoDem, aussi, ce rapprochement EE/Cap21 ne peut que mettre lui un peu plus de pression positive pour franchir ce pas décisif et aider à l’émergence d’un pôle progressiste fort. Ca commence à tanguer au MoDem d’ailleurs, cependant on peut aussi se demander comment ce parti en est arrivé là…

Dans ce sens, j’ose espérer qu’une démarche similaire aboutisse dans le Nord/Pas de Calais.

A ce propos, le Maire de Villeneuve d’Ascq (70.000 hbts, métropole lilloise)Gérard Caudron, par ailleurs ancien socialiste, a confirmé son rapprochement avec Europe Ecologie. Au delà des régionales, on peut légitimement penser qu’il sera difficile pour le PS de récupérer cette ville dans un avenir proche. D’autant que celle-ci a des caractéristiques sociologiques et électorales qui font d’elle une parfaite candidate pour un jour prochain s’offrir un(e) premier(e) magistrat estampillé Europe Ecologie. Cependant, on peut s’interroger sur la réalité de cet « engagement », Gérard Caudron n’étant pas lui-même sur la liste. Je me souviens d’une discussion avec lui, en substance, il me disait : « les engagements ne valent que pour celui qui les réçoit » (pour rappel, j’ai travaillé 5 ans avec lui et j’ai fait un mandat quand il était encore maire 95-2002) … Il faut jamais insulter l’avenir et savoir se ménager des portes de sortie.

Peu ou prou, Cécile Duflot a dévoilé son rêve, celui de voir Europe Ecologie à la tête de 10 régions sur les 22 régions qui seront à gauche… puisque Martine Aubry sera désormais jugée sur sa capacité à faire basculer les deux derniers exécutifs encore aux mains de l’UMP.

Au delà du chiffre, ce qui est intéressant c’est de voir les Verts accepter pleinement des responsabilités de gourvernance. Quand on connaît, la diversité des verts sur l’exercice du pouvoir avec notamment une forte minorité allergique à cette question, c’est un pas important qu’il me semble important de souligner.

Dans ce sens, un sondage de samedi donnait près de 68% de français souhaitant une présidence régionale écologique… sans préciser si il s’agissait de la région d’à coté…

Si ce principe de gouverner pleinement semble acquis pour les écologistes ; encore faut-il désormais mettre Europe Ecologie dans une configuration qui puisse permettre d’accéder à l’exécutif, sans à avoir attendre le bon vouloir des socialistes.

Aussi, depuis quelques semaines, les choses semblaient aller dans le sens cette construction d’une alternative au duopole UMP/PS, avec notamment des personnalités qui rejoignaient EE (Larroututou, Merieu, Loiselet, A. Laurent), des associations  et tout aussi intéressant, dans la perspective de l’après mars, un accords général avec CAP21 (co-fondateur du MoDem).

Certains n’y verront bien entendus qu’une politique de casting… il est vrai qu’à voir certains d’entre eux, mêlant parachutages, position d’attente vis à vis de la future collectivités locales, cumuls… ils sont particulièrement bien placés pour donner des leçons.

Or depuis quelques jours, les choses se sont compliquées singulièrement et particulièrement avec Cap21. Pour ma part, je trouve ça particulièrement regrettable d’autant que cela interviendrait à un moment où tous les sondages semblent montrer une certaine érosion des intentions de votes en faveur d’EE. Or, il est toujours difficile d’inverser des tendances, Europe Ecologie et plus particulièrement les Verts doivent rapidement en prendre conscience  de cette réalité. Au risque de tutoyer rapidement la barre des 10 % et, plus grave encore, de laisser une chance au Front National de devenir le 3ème parti de France.

Alors, je peux comprendre que les Verts se crispent, notamment sur la question des élus, il n’est jamais simple d’annoncer qu’on soit laisser « lasser » la moitié des positions éligibles à des nouveaux venus. Cependant, on peut raisonnablement penser que la dynamique issue de juin, si elle s’amplifie sur la base d’un élargissement fécond dans le respect de chacun, peut également profiter aux Verts. En terme de postes mais aussi et peut être davantage encore au niveau de la perception de ce parti qui pour beaucoup reste replié sur lui-même.

Moi-même, je n’aurais probablement pas rejoint les Verts… mon passé militant me faisant fuir ces organisations où le dicton « deux verts, deux motions ; trois verts quatre tendances (à l’image de la défunte LCR) » n’est pas complètement faux.

Et si je rejoins  Europe Ecologique, c’est parce que j’estime que participer à la construction (à mon petit niveau) de cet OPNI (Objet politique non identifié) est particulièrement enthousiasmant du fait de la multiplicité des parcours des uns et des autres. Avec ce seul but qu’enfin l’écologie politique se mue en un projet global et alternatif crédible.

Les choses vont dans le bon sens même si il y a à quelques semaines de la clôture des listes certaines crispations…

Sachons passer outre, sachons faire en sorte que tous les mouvements politiques et associations qui rejoignent Europe Ecologie puissent exister demain. Sachons enfin, dans une grande transparence mettre en place une organisation et une structuration nouvelle, respectueuse de chacune des sensibilités qui composent Europe Ecologie.

Alors oui, nous pourrons rêver à la conquête de 10 régions.

Après les régions Languedoc-Roussilon, Paca, Haute-Normandie, c’est désormais en Ile de France qu’un accord semble avoir été trouvé en Ile de France entre Europe-Ecologie et Cap21.

Cet accord revêt deux « symboles », le premier c’est qu’il se conclue dans la plus importante région française et dont dépendra, pour bonne part, les victoires et les défaites de chacun.

Le second est qu’il intervient en plein congrès du MoDem au moment où François Bayrou annonce une coalition arc-en-ciel incluant même une partie de la droite. Discours pour le moins conservateur de la part de celui qui se rêvait d’incarner le dépassement des étiquettes traditionnelles. Un coup à gauche, un coup à droite, le spectacle devient lassant et un mot.

A cela s’ajoute manifestement une volonté de ne donner aucun crédit aux déclarations de tribune puisque le MoDem rejette la proposition de Ségolène Royal de réserver 5 places éligibles (et donc de créer un groupe)… enfin, si Bayrou et consorts se complaisent dans cette inaction… Tiens, je suis tenté face à certains idiots qui ne manqueront pas d’hurler à la trahison de dire « mais ce n’est qu’un accord local… ».  Quant à l’argument sur la question du programme… heu…. non rien… Sans vouloir être méchant, je doute que les accords avec du PS avec le PRG et le MDC ont porté sur le programme…

Le président du MoDem montre une fois encore qu’il est dans l’incapacité de faire des choix clairs et assumés dans des moments cruciaux… pour un présidentiable, c’est assez troublant. Quand je lis le propos débilissimme  de Jean Luc Bennahmias  : « je crois que même pendant la coupe du Monde, elle donnera sa composition de l’équipe de France ! ».. Qu’il donne une réponse sur le fond ça ne pourra qu’honorer la vie politique française.

2012… ce n’est pas la permanence d’un système qu’il s’agit mettre en place par le biais d’une alternance mais de construire les bases d’une alternative ambitieuse et crédible.

Aussi cet accord en Ile de France est important et il ouvre des perspectives pour l’après mars 2010. Au-delà d’un casting quasi parfait, allant d’alter à Cap21 en passant par des personnalités comme Pierre Larrouturou, c’est l’annonce d’une ambition Politique. Rien ne sera simple, rien n’est encore fait mais les fondations sont pour le moins intéressantes.

Une question demeure cependant, pendant combien de temps encore Corinne Lepage va-t-elle tergiverser sur sa stratégie politique… Corinne, du courage ! Le débat avec Pierre a montré que des convergences fortes existaient pour bâtir une véritable alternative loin des schémas surannés.

Autre annonce qui semble se confirmer en Ile de France pour Europe Écologie, la présence de la numéro deux du Laboratoire des Idées du Parti Socialiste, Lucile Schimdt. Une nouvelle perte symbolique pour le Parti Socialiste après des investitures de listes qui fleurent bon la mollétisation accéléré de ce vieux parti. J’en profite pour vous signaler l’excellent article de Rémi Lefebvre paru dans le Monde Diplomatique d’octobre  et consultable en ligne : « Les pièges de la professionnalisation. Faire de la politique ou vivre de la politique ? ».

Les lignes bougent… et je m’en réjouis.

modemsympathisantsDans mon papier de dimanche à propos de cette rumeur insensée d’un coup à la Obama tenté par François Bayrou (au fait… je ne suis pas le seul à dire….), j’ai osé qualifier le MoDem de parti croupion… Crime de lèse majesté si il en est et surtout au nom de quoi ? hein ma bonne dame… Au nom tout simplement de ma « qualité » de blogueur citoyen engagé. Si vous voulez mettre des permis de bloguer, pas de soucis.

Ceci étant dit, je reviens sur l’état du Modem et à moins d’être dans un état extatique vis à vis de son chef, ce dernier traverse une période particulièrement délicate et préoccupante pour son avenir

Souvenons-nous que son leader partait au lendemain des Présidentielles sur un matelas potentiel non négligeable et surtout avec une dynamique certaine adossé à une volonté non feinte de faire de la politique autrement. Moi-même, je m’étais interrogé à l’époque.

Deux ans et demi plus tard que reste-il de cet « espoir » ? A la vérité pas grand chose car en matière de démocratie interne, force est de constater qu’elle n’existe pas… elle existe d’autant moins que ceux qui dénoncent ces pratiques sont taxés de trotskystes… vieille réminiscence stalinienne ?

Je ne savais pas que Corinne Lepage et ses amis de Cap21 avaient des attaches avec la IVeme Internationale, enfin on en apprend tous les jours. Et que dire de ces investitures faites par le seul François Bayrou, la désignation d’Alain Dolium est à cet égard symptomatique… Il suffit de se remémorer les propos de Bayrou de 2007 sur les questions de démocratie pour se rendre compte qu’on est à mille lieues des intentions affichées durant cette période présidentielle. L’hémorragie militante ne touche pas que le PS (tiens, il paraît que ce dernier en a gagné 10.000 cette année… Je n’ai pas tout compris au mode de calcul… Ils partirent 250.000, ils revinrent 200.000 soit un gain de 10.000….).

Autre constat, une érosion tangible, pour ne pas dire plus, de sa base électorale. De 18% 2007, il est passé à 8,5% aux européennes et les premiers sondages pour les régionales ne sont guère encourageants… il n’en est plus qu’à disputer la 5ème place avec le FdG voire la 6eme avec NPA.

A cette érosion semble par ailleurs correspondre un glissement plus affirmé de son électorat préférant un retour vers le centre droit.

Au fond, on peut se demander une partie des citoyens qui avaient sincèrement espéré en des pratiques renouvelées, ne se sont pas tournés vers Europe Ecologie faute de preuve tangible sur ce point comme sur d’autres ?

Le MoDem se banalise, le mot de parti-croupion ne me paraît pas usurpé surtout si au lendemain de son congrès, Cap21 officialise sa rupture qui existe déjà dans les faits avec le ralliement de cette composante à Europe Ecologie.

Un petit point rapide sur la préparation des élections de mars 2010..

Dans le Nord Pas de Calais :

Comme je l’avais annoncé, il y a plus d’un mois ici même, la piste Gérard Caudron (maire divers gauche de la 4eme commune de l’agglomération lilloise) se confirme. Son vieil ennemi, le député socialiste Bernard Derosier (et président du conseil général) donne un indice assez clair. Avec d’autres comme le maire de Mons Rudy Elegeest, cela ne fait que confirmé la stratégie du PS, s’appuyer sur les barons locaux. Toujours au PS, la Vice Président aux transports, Jeannine Marquaille est également très menacée, il se dit que des camarades de la motion C n’ont guère mouillé le maillot. Edit 17h54 :  j’espère qu’une moins mauvaise nouvelle sera confirmée.

Au Front de Gauche et même si cela ne transparait à l’extérieur, la énième du potentat Alain Bocquet ne fait pas que des heureux, surtout pour construire les bases d’un renouveau probant. Un acte à saluer, la conseillère régionale Gabriella Marongiu, au nom du non cumul dans le temps, ne briguera pas un second mandat.

Pour Europe Ecologie, la sortie de son site devrait intervenir cette semaine. Sur la question du projet, on ne pourra pas leur reprocher de ne pas travailler, ce week-end, ils planchaient sur la santé. De mémoire, je crois que que c’était les 5eme rencontre depuis septembre.

Nouvelle Gauche et Pierre Larrouturou : Après Pierre, c’est Fredéric Tricot qui a choisi de prendre le large et rejoindre Europe Ecologie. En Rhône-Alpes, les discussions avec eux semblent également bien avancées.

CAP21 : Une à une les assemblées départementales semble couper les ponts de manière définitive avec le Modem. Après la Haute Normandie, Languedoc-Roussilon, en région PACA, Cap21 annonce rallier Europe Ecologie. Par ailleurs, les discussions parfois chaotiques se poursuivent en Ile de France.

Le Modem : d’après certains retours, le parti de François Bayrou peine à recruter pour constituer ses listes, il se dit aussi que remplir son congrès qui se tiendra à Arras en décembre relève également du tour de force. Est-ce que la question de sa survie va se poser dans les prochains mois ?

Au delà des positions de chacun dans ce jeu assez complexe, cette période est particulièrement intéressante du strict point de vue d’une éventuelle recomposition de notre paysage politique au lendemain du deuxième tour des régionales.

Comme me le faisait remarquer récemment un vieux  :-) , ce lendemain sera un 22 mars…. Un nouvel appel ?

MAJ : Ce matin, j’apprends qu’une copine, que je suis depuis pas mal de temps, quitte le PS pour Europe Ecologie… Isabelle, je crois que l’aventure est effectivement très tentante. Et pour tout vous dire, si je n’ai pas encore franchi le pas, ma décision arrive à maturation.

MAJ2 : dans la série les absents on toujours, je demande le PS à la réunion transpartisane organisée par Europe Ecologie dans la perspective du sommet de Copenhague… conclusion, le Parti Socialiste n’a rien à dire, à proposer et ça se voit… sinon il bosse paraît-il. J’attends toujours un projet complet et cohérent sur la réforme territoriale et non des protestations éparses.