journeegentillesseDeux papiers ont suscité une minuscule  polémique, aussi, je me dois de vous les signaler.

Tout d’abord celle avec Julien Dray qui a  répondu à mon article d’hier, c’est ici « Mon soutien à Charles Pasqua, petite leçon d’une manipulation« . J’en prends acte mais je persiste à penser que si il n’avait pas jugé le fond de l’affaire, exprimer une certaine compassion à l’égard de Pasqua, il n’y en aurait pas eu. D’autre part, quand on pratique les médias depuis près de 30 ans, on doit savoir que ce genre de propos font le miel des médias… et des blogueurs ? Si il faut que les politiques fassent à un SAV de leurs déclarations, c’est bien qu’il y a la base une certaine ambiguïté dans le propos.

Enfin, mon papier sur Sarkozy et la guerre civile a provoqué une réaction du linguiste Jean Veronis. Pour si l’emploi de ce mot minore la portée épouvantable de cette guerre. Pour Jean, il tend à minorer ce qu’a été ce choc des nationalismes. Au final, je me demande si les deux ne se cumulent pas ?

malik-oussekineCe matin le clavier a failli me tomber des mains en lisant un flux m’apprenant que Julien Dray soutenait Charles Pasqua…

Heuuuuu…. Donc si je suis bien compris, au nom de son affaire dont effectivement on peut se demander à qui cela a bien pu profiter, Dray a coup sur coup défendu Jean Sarkozy et maintenant Charles Pasqua, une des figures politiques les plus respectables de la Vème République… c’est bien connu.

Alors les copains, qui l’ont interrogé à deux reprises ou bu des bières avec lui, ne manqueront pas de me dire « oui mais non c’est plus nuancé, il s’en est expliqué »…

Non les amis…. Je n’oublie pas qu’il a été le patron d’une officine d’extrême droite, qu’il a été d’une grande indulgence vis à vis du FN et qu’enfin il était ministre de l’intérieur au moment des grèves Devaquet en 1986… qui s’est conclu par une tragédie avec la mort de Malik Oussékine.

Alors… merde, je ne vois pas quelle sorte de compassion on peut avoir pour ce type.

Alors apporter le plus petit soutien à Jean Sarkozy et Charles Pasqua, ça fait beaucoup pour un seul homme, qui plus est pour un homme de gauche.

PS : au moins la phrase de trop «  »Une part des accusations qui sont portées contre lui ne repose sur rien pour qui connaît un peu le dossier », a également assuré le socialiste. » qu’on laisse la droite régler ses problèmes….

Pasqua-prisonCe brave homme qui promettait de « terroriser les terroristes », qui faisait sien avant l’heure du fameux slogan « insécurité, tolérance zéro » s’est donc vu condamner par la Justice à un an de prison ferme.

En clair, il est reconnu coupable d’avoir trempé dans un trafic d’armes en direction de l’Angola. Merveilleux homme qui durant près de cinq décennies, pérorait à longueur d’antennes, de discours sur toute cette racaille délinquante.

A la vérité, je me suis toujours interrogé comme cet individu ait pu accomplir une carrière politique aussi longue… Ne serait-ce qu’avec son organisation de Barbouzes, de nervis réactionnaires et de truands du milieu (le S.A.C) ;  dans une démocratie digne de ce nom, il n’aurait pu accéder à de tels honneurs mais je n’oublie pas que nous en sommes en France.

Et si Nicolas Sarkozy accélère la déliquescence de la notion même de République et de démocratie irréprochable (ah oui c’est du Sarkozy dans le texte), le phénomène bananier et clanique n’est pas apparu en 2007… force est de le constater.

Donc déjà pour son œuvre barbouzarde, Charles Pasqua aurait du connaître le confort spartiate d’une geôle réglementaire.

Cependant, il aurait été naïf de penser qu’une fois la justice passée, notre ancien ministre de l’Intérieur en reste là. Non, de il procède comme un vulgaire maître chanteur sur le thème éculé du « retenez moi où je fais un malheur ».

Aussi, ce jour il devrait faire des révélations mais bizarrement uniquement contre Jacque Chirac et Dominique de Villepin… rien contre son ancien petit protégé,  un certain Nicolas Sarkozy, successeur de Charles Pasqua en qualité de parrain des Hauts de Seines. Ce n’est pas Philippe Devedjan qui avait promis de nettoyer les écuries d’Augias de ce département, ö combien symbolique de la réalité des pratiques sarkoziennes. Il en est mort politiquement, soit dit en passant.

J’en viens par conséquent à ce troisième séjour en prison de Charles Pasqua.

De deux choses l’une :

Soit il ne dira rien et on peut donc considérer qu’il a fait du chantage en mettant en cause des anciens représentants de la nation…  Or, le chantage est considéré comme un délit, passible d’au maximum de cinq ans d’emprisonnement et de 75 000 euros d’amende.

Soit, il parle et donc il a couvert durant des années des actes graves et donc à moins de jouer sur la prescription des faits, il s’en rendu coupable d’obstruction à la justice ; délit, lui aussi, passible de six mois à deux ans de prison (je ne pense pas que ce soit le terme juridique exact, j’espère que vous me pardonnerez). Bref, comme on le souligne souvent pour un simple citoyen, nul n’est censé ignorer et encore moins un ministre.

Au final que Charles Pasqua s’estime heureux… une seule condamnation, c’est bien le moins qu’il puisse lui arriver au regard de l’ensemble de son œuvre.

Au fait, pourquoi tous nos Présidents ou presque ont été ministre de l’intérieur… hormis de Gaulle mais c’est un cas à part et Giscard qui lui… n’a fait qu’un mandat. On peut d’ailleurs s’interroger sur le rôle des réseaux Pasqua dans sa non réélection.