Ce matin sur France Inter, Jean-François Achilli a lâché une petite bombinette – à l’aune des sondages -, en évoquant un possible retrait d’Eva Joly dans la course à la Présidentielle. Très rapidement, la nouvelle adepte du parachutage électoral, Cécile Dufflot s’est empressée de démentir cette rumeur qui enfle à mesure que la campagne de la candidate Verte s’enlise toujours un peu plus dans les sondages et dans un discours toujours plus inaudible. Cependant cette rumeur infondée prend un peu plus de poids quand c’est Noël Mamère qui évoque l’inéluctable, à la lueur des seuls calculs politiciens- c’est toujours moche les arrières cuisines des partis politiques, chez EELV autant que chez les autres.

Petite explication.

Tout d’abord, il faut se rappeler que c’est Daniel Cohn Bendit qui avait évoqué l’idée d’un accord avec le Parti Socialiste, et dans la corbeille de ce mariage de raison, des circonscriptions contre l’absence d’une candidature qu’on pouvait encore appeler Europe Ecologie.

Néanmoins, cette idée fut rapidement écartée au profit d’un accord Dufflot/Aubry signé sur un coin de table au lendemain de la défaite de la Première Secrétaire à la Primaire socialiste – pour bien emmerder François Hollande soit dit en passant -. De ce « programme commun » dont tout le monde semble avoir oublié l’existence subsiste deux choses : des circonscriptions réservées et jusqu’à présent, la candidature d’Eva Joly.

Maintenant rentrons un peu plus dans cette bouillabaisse politique.

Il va de soi que pour les députés socialistes évincés, certains étant par ailleurs méritants, ces réservations ont beauoup de mal à passer, d’autant plus si EELV maintient sa candidate au 1er tour. Et je puis vous dire que chez les militants socialistes, il n’est pas né celui qui fera coller pour un candidat Vert au prétexte – fondé ou non- du « si EELV est présent au 1er tour de la Présidentielle, pourquoi devrait on empêcher un candidat socialiste de se présenter dans une primaire à gauche aux législatives ? C’est effectivement un point de vue qui peut s’entendre à défaut d’être compris. Et ce d’autant que le dit accord a un vieux relent de tractations entre appareils.

Sentiment renforcé quand au soir du 1er tour de la Présidentielle, on fera les comptes avec une candidate à 2,5% avec des pointes à 5 et un candidat aux alentours de 25% avec des pointes à 40% surtout dans les circonscriptions réservées imperdables. Et si d’aventure François Hollande est élu -et même dans le cas contraire-, je doute que les candidats dissidents socialistes hésitent très longtemps… un simple calcul arithmétique est rapide à faire. Et cette réalité, certains dans l’appareil des Verts l’ont parfaitement assimilée sur le thème du « un tiens vaut mieux que deux tu l’auras ».

Maintenant examinons pourquoi Cécile Duflot tient malgré tout à maintenir cette candidature fasse à un désastre électoral annoncé au moins jusqu’à Vendredi- après on s’en fout…- . C’est relativement simple à comprendre. Il y a celle que les Verts emmerdent au sens littéral du terme, Corinne Lepage qui elle aussi aimerait pouvoir se présenter une fois encore à la présidentielle sous une étiquette d’écologiste plus pragmatique et moins sociétale. Celle-ci bien qu’ayant été ministre sous Juppé a déclaré de longue date qu’en aucun cas, elle ne pourrait appeler à voter Sarkozy et qu’elle donnerait sa préférence… sous entendu -et plus encore depuis sa désignation- François Hollande.

Pour ce dernier, si on peut penser que le score de Corinne Lepage n’est pas essentiel pour le deuxième tour, on comprend aisément le poids symbolique d’un tel désistement : écologiste avérée, ancienne ministre d’un gouvernement de droite et plutôt modérée sur le plan économique et réputée bosseuse sur ces dossiers. Bref un ralliement précieux pour l’image de François Hollande et j’ai aussi tendance à le penser, un atout important dans une future équipe gouvernementale… Et c’est là où le bas blesse sérieusement pour Cécile Duflot et ses amis.

Laisser une place à Corinne Lepage, c’est de facto restreindre le « champs des possibles ministrables » au sein d’EELV. Aussi, il se murmure qu’actuellement une lutte âpre se déroule à la tête du Parti Socialiste entre les tenants du « on apporte quelques signatures à Corinne Lepage dans sa quête pour le 1er tour » et les partisans du « non pas de signature pour cette dernière » et dans ce deuxième camp, il n’est pas dit que la patronne des Verts et son éminence grise Jean-Vincent Placé ne sont pas les derniers pour faire pression auprès de Martine Aubry. C’est chouette non ?

Comme quoi, la biodiversité peut également rencontrer des détracteurs acharnés là où on le soupçonnerait le moins.

Pour ma part, j’espère que Corinne Lepage aura ses signatures et j’espère que des grands élus auront à coeur de préserver la biodiversité dans le domaine de l’écologie politique… c’est d’autant plus important que c’est un enjeu Majeur pour les prochaines décennies.

PS : avant de parler sans connaitre réellement ce que pense Corinne Lepage et de la cataloguer comme de Droite… prenez le temps d’écouter cet échange de près de 2h entre Pierre Larrouturou et Madame Lepage…

Je n’ai pas pu résister à ce titre à la con… un moment de grande inspiration pour vous annoncer le soutien de Corinne Lepage à François Hollande. Petite précision, cet accord ne tomberait pas du ciel, des discussions ont lieu depuis de nombreux mois, bien avant que DSK tombe de son piédestal.

Les adeptes de la paresse intellectuelle et du conservatisme confortable de la Vraie Gôôôche ne manqueront pas de crier « on vous l’avez bien et c’est même pire, François Hollande est un social traitre » ; les plus courageux, aiguillonnés par leur curiosité intellectuelle, ne manqueront pas de  revisionner cet interview croisé entre Corinne Lepage et Pierre Larrouturou, réalisé en septembre 2009. A la fin, on ne manquera pas de se dire, en fait c’est assez logique ce soutien de prime abord un peu bizard. A cela, il faut se souvenir de la campagne des européennes de Corinne Lepage où elle avait parlé du système sarkoziste comme d’un système pré-totalitaire… Rien de moins… J’avais également lu son livre « Vivre Autrement » qui pour moi marqué une réelle inflexion par rapport à son parcours originel.

On est loin du centre dur et un peu plus près de la gauche molle-dure – je suis en forme ce soir :) -.


ITW Corine Lepage / Pierre Larrouturou (Brut) par dagrouik

Sympa, je vous mets également un extrait d’un billet de Ronald sur ce moment- qui avait fait cet rencontre avec moi… le bon temps :) – :

Son mouvement Cap21 propose de parler d‘évolution soutenable plutôt que de décroissance. Par ce que certaines chosent doivent croitre et d’autre baisser, d’où évolution qui ne prédétermine pas le sens. Et soutenable par ce qu’il y a des limites à ne pas dépasser quand même. Ils lancent donc un mouvement NO-PIB pour influencer sur Copenhague 2009. Je pense que mes potes blogueurs adeptes de la décroissance vont observer ce truc, et ils auront raison. Les buveurs de bière aussi , par ce que le houblon et la malt sont dans ce type de problématique.

C.Lepage parle de sortir d’un système bancaire crétin, qui favorise le profit immédiat. Ce système “courtermiste” en panne doit faire penser à d’autres formes d’entreprises. C’est elle qui va nous parler du tiers secteur de l’économie, des systèmes mutualistes. Et commencer à nous expliquer qu’il n’y existe pas de système de financement local des entreprises locales , tout ça par les citoyens. Elle propose de revenir aux gestions dans les territoires (logique, pensez après pétrole), de rapprocher les décisions des citoyens et de procéder à des décentralisations énergétiques qui permettent aux régions qui en ont la capacité de produire de l’énergie propre (voir pour ça le Poitou-Charentes).

Par le biais d’une déclaration dans le JO, on apprend que Corinne Lepage sera candidate pour l’élection présidentielle de mai. En soit ce n’est pas à proprement parler une révélation, madame Lepage est une multirécidiviste en la matière. Elle vient de déposer une association pour le financement de sa campagne.

On pourra ironiser sur cette candidature qui vient troubler le jeu de l’écologie politique.

De ministre d’Alain Juppé, à quelques centimètres de franchir la maison Europe Ecologie, la justification de cette candidature tentera vraisemblablement de se situer à mi-chemin entre Eva Joly et Jean-Louis Borloo. ainsi on verra apparaitre un nouvel OPNI, l’écologie politique centriste…

Une candidature pour rien ? probablement à moins qu’il ne s’agisse d’une tentative d’exister et/ou de ratisser quelques dixièmes de pourcentage pour François Hollande, lui-même un peu en délicatesse avec l’appareil Vert.

Dans tous les cas, le mercato politique se met en place dans l’éventualité d’un changement de locataire au Palais.

J’avoue, je me retrouve assez dans le discours de Cohn-Bendit. Et, d’autre part, je suis très content que Corinne Lepage était présente à Strasbourg hier soir (discours après la vidéo).

Et, j’espère qu’au lendemain des régionales, un nouvel espace politique  durable verra le jour… allant des Verts, à Cap21, en passant par Nouvelle Gauche dans une organisation qui reste à définir… ce qui ne sera pas simple. Europe Ecologie est à approfondir mais très certainement sous une autre forme… J’ai par ailleurs signé cette tribune « Voter pour changer la gauche » à lire sur Médiapart.

Tiens, j’ai appris que l’animateur de ce blog était partisan… on m’aurait menti à l’insu de mon plein grès… Oui, ce blog a toujours été partisan… Moins critique ? Quand Cécile Duflot fait une tribune avec Pierre Larrouturou sur l’emploi ou les retraites, sachant que je soutiens les thèses de Pierre et pas depuis hier, je ne vois pas pourquoi je ne pourrai m’en féliciter. Quand Europe Ecologie défend la taxe carbone comme en septembre, je suis contre et si demain, EE revient avec la même architecture sans remettre à plat le système de prélèvements obligatoire, mon discours ne variera pas.

Je n’ai aucune place à défendre, à conquérir, seulement tenter de faire avance « mes idées » qui sont les miennes, à tort ou à raison.

Discours de Corinne Lepage (merci Olivier):
Cette nouvelle voie que nous devons tracer ensemble est celle, vous l’avez compris, d’un écologisme humaniste, qui doit nous conduire à une maison commune à la porte de laquelle nous devons laisser nos idées préconçues sur le monde comme sur nous-mêmes.

Nous sommes une force nouvelle qui a un nouveau projet, écologique et démocratique.

Notre projet commun a déjà redonné espoir. Mettons le en pratique ici, en Alsace

Je suis là ce soir, à l’invitation de Jacques Fernique et de Dany Cohn Bendit pour deux raisons.

Tout d’abord, pouvait-il  en être autrement ? Cette liste Europe écologie, conduite par Jacques Fernique est composée d’amis qui me sont chers, des compagnons de lutte écologique de longue date comme Danny Dietmann, militant de CAP21. Pouvais-je ne pas les soutenir ?  Mais par delà l’amitié et les souvenirs communs, je viens ici ce soir, parmi vous, soutenir une liste qui demain, dans les urnes, peut gagner sur ce projet qui est l’histoire de ma vie politique, un projet écologique et démocratique.

Alors oui, je suis là ce soir comme militante écologiste de longue date (Fessenheim, vous connaissez, aussi bien que moi, n’est-ce pas ?), comme présidente de CAP21 et comme démocrate dans cette région où cette famille, ma famille aussi, ne peut être absente. Ma présence est donc « naturelle ». Elle est la place d’un éclaireur qui désire tant voir nos idées et notre union, gagner.

Et puis je suis ici pour soutenir un projet fondateur, au-delà des appareils existants, celui d’une nouvelle voie, qui saura, en dépassant les frontières d’aujourd’hui et en étant devant, faire prévaloir des idées qui deviennent majoritaires en France, mais ne peuvent s’exprimer dans les forces traditionnelles. Nous avons à construire une union nouvelle, une union politique pour un siècle nouveau, porteurs d’enjeux si grands pour l’humanité toute entière. Cette nouvelle voie écologique, démocratique, sociale et humaniste est la réponse aux défis sans précédent auxquels nous sommes confrontés.

Une nouvelle voie, écologique, car la rareté des ressources et le croisement de l’explosion démographique et des crises écologiques imposent un nouveau modèle de développement. La disponibilité des ressources commande l’économie, et non l’inverse. L’écologie est notre socle commun, la somme des règles auxquelles l’économie doit se plier. Nous avons à promouvoir une nouvelle économie, l’écolonomie.

Une nouvelle voie, démocratique, car la liberté est l’acquis fondamental sans lequel aucun progrès n’est envisageable. Or, la répartition de la rareté constitue un danger démocratique majeur. Notre union est celle des démocrates, qui veulent défendre notre richesse commune Liberté Egalité Fraternité, à laquelle je veux ajouter Laïcité. Or, la crise écologique, doublée de cette crise économique majeure, qui nous a été imposée par le cynisme et une insupportable légèreté de certains, menacent ces valeurs que nous partageons. Démocratique, parce que les grandes valeurs de liberté citoyenne sont aujourd’hui menacées par la puissance de l’argent et l’arrogance du pouvoir.

Une nouvelle voie sociale, car le travail est à la source de l’angoisse de nos concitoyens, soit qu’ils n’en aient pas, soit qu’ils craignent pour celui d’un proche ou d’un enfant, soit qu’ils subissent un stress et une souffrance au travail sous la pression du management par le stress et du culte de la performance au mépris de l’Homme, de sa vie, de sa famille. Or, la création d’activités doit être au cœur du projet, comme la juste répartition de la richesse créée. Sociale, parce que l’injustice est toujours plus lourde, et la politique de l’Etat toujours plus favorable aux favorisés

Une nouvelle voie humaniste, surtout, car les valeurs des droits de l’humain sont non négociables. Ils ne sont pas négociables. Le culte de l’argent est en passe de détruire non seulement notre modèle social mais encore notre système de valeurs lui-même, donnant la prime à l’arnaque, à la frime et à l’avidité, sur ce qui fait l’essence même de l’être humain Humaniste, parce que nous ne saurions accepter que l’égoïsme et l’apparence l’emportent sur la solidarité, le savoir et la justice.

J’ajouterais en ce jour des femmes, féministe qui semble être devenu un gros mot. Nous sommes entrés dans une ère de stagnation, qui précède peut-être une ère de régression du droit des femmes. La menace ne vient pas du naturalisme, comme le craint Elisabeth Badinter, mais bien du système économique qui fait des femmes les premières victimes des licenciements, des blocages de carrière et des bas salaires. Il vient aussi de l’abandon progressif sur notre territoire des principes fondamentaux de la laïcité et d’une banalisation des symboles d’abaissement et de vassalisation des femmes, qu’il s’agisse de la publicité transformant les femmes en objet ou de la burqa. Sans parler, des baisses de moyens des plannings familiaux, de la multiplication des violences en tous genres faites aux femmes, et de leur sous-représentation systématique. Le succès de notre projet se mesurera aussi en termes féminins. Le sexisme est le premier des racismes, la première pierre d’un monde inégalitaire !

Cette nouvelle voie que nous devons tracer ensemble est celle, vous l’avez compris, d’un écologisme humaniste, qui doit nous conduire à une maison commune à la porte de laquelle nous devons laisser nos idées préconçues sur le monde, comme sur nous-mêmes Il faut ici et maintenant réaliser l’unité des écologistes  et l’union avec les démocrates si nous voulons vraiment faire gagner l’écologie. Il nous faut rassembler sur un projet commun de vivre autrement, ensemble, mieux. Un projet qui donne l’envie de nous faire confiance, un projet qui donne à nos concitoyennes et nos concitoyens confiance dans l’avenir.

Nous n’avons pas le choix et nous n’avons pas le droit de faire autrement. Bien sûr nous avons gagné des batailles ensemble, dans les prétoires (rappelons l’Erika ou les OGM) ou au Parlement européen où nos votes se retrouvent. Mais cela ne suffit plus. Le temps est venu pour nous de nous unir pour convaincre et gagner. En face, un vieux monde, usé et fatigué mais ô combien encore puissant s’organisent pour prolonger leurs privilèges. Peut-on en effet, laisser les climato-sceptiques convaincre les gouvernements, et pire  encore, les opinions publiques d’abandonner  les politiques de lutte contre le changement climatique et d’adaptation pourtant absolument indispensables. N’est-il pas dangereux  des rester divisés pour répondre alors que l’AIE annonce pour 2013 le peak oil rendant inévitable la sortie progressive de la société pétrolière et qu’une étude très récente  de l’International Arctic Research Center a constaté que « la quantité de méthane qui s’échappe actuellement du plateau arctique de la Sibérie orientale est comparable à celle qui s’échappe de l’ensemble des océans du monde ».

Nous sommes en effet, au-delà des réalités physiques de la planète, confrontés à une offensive sans précédent et généralisée des lobbys qui veulent mettre définitivement la main sur le monde et s’arroger le droit de se partager les richesses naturelles et de gérer la pénurie :

-         lobby du pétrole, qui veut dissimuler l’arrivée rapide du peak oil en finançant le climato-scepticisme

-         lobby nucléaire, qui veut vendre des centrales aux pays du sud qui bénéficient de l’énergie solaire qui pourtant ne manque pas ! Et cet EPR dont une étude récente soulève les risques spécifiques apparemment courus en toute connaissance de cause

-         lobby chimique avec les OGM qui sont relancés en Europe contre la volonté des peuples et les pesticides qui viennent de faire l’objet d’un soutien public de Nicolas Sarkozy

-         et surtout, lobby financier, le plus dangereux et le plus puissant, qui après avoir obtenu le secours des Etats, donc des contribuables, spécule aujourd’hui pour les ruiner. Ils se sont enrichis sur les dettes privés et les subprimes. Ils reviennent aujourd’hui jouer avec les dettes publiques pour parties contractées pour eux ! Voilà pourquoi la Grèce doit pouvoir compter, dans cette crise, sur la solidarité européenne.

Nous savons que demain l’eau sera plus rare, l’énergie plus chère. Que voulez vous ? La gestion de la pénurie par ces lobbies, ou le partage équitable des richesses ?

Depuis des décennies, nous avons accumulé les connaissances qui nous permettent de répondre sur le plan scientifique et malheureusement, nous avons eu raison trop tôt. Mais nous ne serons convaincants et crédibles que pour autant que nous disposerons d’un programme économique, réaliste, pragmatique et cohérent, et que nous sortirons d’une écologie de la punition pour proposer une écologie de la solution, qui respecte la liberté de chacun.

Il ne s’agit plus seulement de prendre en compte la dimension environnementale dans les choix économiques – même si par en juger des déclarations présidentielles au salon de l’agriculture ou l’autorisation donnée de la patate OGM, c’est déjà trop demander.

Il s’agit d’offrir une alternative globale et cohérente au capitalisme financier , à la dictature des marchés soutenue en fait par le néo-conservatisme ambiant, et à une économie financiarisée dont l’objectif n’est plus le progrès économique, a fortiori le progrès social, mais l’accroissement des profits. Cette transformation n’a été rendue possible que par une banalisation de la criminalité financière, une admission générale des conflits d’intérêts et des trafics d’influence permanents conduisant à choisir pour les lobbys et contre l’intérêt général.

Les écologistes ne peuvent plus être les gentils écolos, la part morale d’une politique qui n’en a plus. Ils ne doivent plus être les supplétifs, les empêcheurs de polluer en rond. Nous avons un devoir qui commence ici et maintenant, aux régionales : Nous devons créer la nouvelle force politique qui assume, aux commandes, ses responsabilités et invente un vrai futur. Je vous le dis : Nous devons commencer ici ce que nous terminerons ensemble au pouvoir, mettre en œuvre un vrai programme commun, écologique et démocrate. Nous devons porter l’écologisme aux plus hautes responsabilités pour que nos idées deviennent des actes. Tu disais, Dany, il y a fort longtemps, « assez d’actes des mots ». Je reprends la balle au bond et je vous dis « assez de mots, des actes ».

Il n’est pas possible d’entrer dans le détail d’un projet économique global, mais celui-ci est connu dans ses grandes lignes :

-         Nouvelle comptabilité dont le Québec et le Luxembourg viennent de se doter

-         Nouvelle fiscalité qui pénalise l’usage et le gaspillage des ressources collectives et répartisse la ressource afin d’assurer une justice sociale. dans les moyens d’adaptation, notamment par une mobilité peu chère et pratique pour aller travailler. Cette fiscalité doit assurer une juste répartition de l’impôt, tant pour les personnes physiques, avec la création de nouvelles tranches pour les plus hauts revenus, que pour les entreprises. Elle doit mettre un terme au scandale qui fait que la moyenne de l’IS pour les entreprises du CAC 40 est à 8% quand elle est à 30% pour les PME.

-         Abandon des subventions à la pollution, qui alimentent directement ou indirectement les multinationales, pour cibler l’effort collectif dans la recherche et l’innovation des PME, qui créent l’emploi en France

-         Réindustrialisation à partir de l’économie verte, ce qui implique la décentralisation énergétique et l’abandon, pour des raisons économiques et financières de la prime au nucléaire

-         Régulation du système financier en commençant par ce qui peut être fait au niveau national sur les rémunérations des traders, mais aussi sur le management des entreprises, et en continuant avec un effort sur la régulation internationale et l’encadrement très strict, voire plus, des ventes à découvert.

-         Un effort en faveur de la consommation durable et équitable pour assurer une alimentation de base saine et proche ; un effort en faveur de l’accès aux services publics qui disparaissent progressivement font l’objet d’une entreprise systématique de démantèlement de la part du gouvernement.

-         Le véritable essor de l’économie coopérative, mutualiste, sociale et solidaire qui représente aujourd’hui 10% du PIB et devrait doubler. C’est là aussi un vrai projet démocrate : Faire entrer dans le monde économique la démocratie et permettre à celles et ceux qui créent de la richesse de pouvoir décider en lieu et place de quelques hedge fund cachés dans ces paradis fiscaux qui n’ont pas même tremblé des rodomontades si vite oubliées

Impossible ? Mais que s’est-il passé hier en Islande ? Ce peuple a dénoncé, par 93% les dysfonctionnements du système et  nous impose de réfléchir à la démocratie économique.

Nous ne gagnerons que si nous savons défendre les libertés,  de choisir, de créer, d’innover.

Nous avons soif de démocratie, une démocratie vivante, nouvelle, réinventée….participative ? Une démocratie d’accès à l’information. Nous devons être les défenseurs d’un débat scientifique ouvert, de l’expertise non dépendante, de la controverse scientifique qui fait progresser le débat et la prise de décision, de l’information honnête, qui permet de choisir en connaissance de cause. Cela, c’est le principe de précaution, et non cette blague d’accord entre laboratoire et experts sur le virus AH1N1.

La démocratie, c’est un accès à une justice indépendante et forte capable de dire le juste, le droit et rétablir les équilibres entre pot de fer et pot de terre.

La démocratie, c’est le droit de gouverner pour le peuple, c’est-à-dire le plus grand nombre en respectant le pacte social et républicain et les valeurs humanistes qui doivent prévaloir sur le règne de l’argent.

La démocratie, ce sont des institutions qui séparent et partagent les pouvoirs au sommet , qui permettent la mise en réseau des bonnes pratiques à la base pour les faire remonter au niveau pertinent de prise de décision.

Nous avons le pouvoir de changer les choses. Nous avons commencé à Strasbourg, Dany, Eva, Michèle et tant d’autres. Rendons cela réel et perceptible dans le quotidien de chacun, dans cette région d’Alsace, et ce n’est pas un hasard si c’est à Strasbourg que se joue pour la première fois cette nouvelle donne. Strasbourg, lieu symbolique de  la construction européenne, siège de la Cour européenne des droits de l’homme, capitale de la démocratie et de l’état de droit en Europe.

Construisons ensemble cette nouvelle voie qui unira démocrates et écologistes.

Aucune voix ne doit manquer  pour que cette liste, qui ouvre une voie nouvelle (sans mauvais jeux de mots)  arrive en tête au soir du premier tour. A partir de ce soir, à Strasbourg, la couleur même de la politique peut changer dans ce pays.

Tout dépend de nous.

L’Alsace peut devenir la première région écologiste d’Europe. Dépassant les actuelles frontières partisanes, nous pouvons construire la maison commune des écologistes, des démocrates, et des humanistes.  Nous pouvons entamer ensemble une véritable marche vers le pouvoir, et donc vers les responsabilités. Nous voulons gagner non pas seulement pour l’écologie mais parce que nous sommes convaincus que le projet d’une évolution soutenable, d’une écologie humaniste et dotée d’un projet économique cohérent et réaliste est vital pour sortir des crises.

. Nous ne sommes plus la force supplétive et morale des vieux partis. Nous sommes la force politique qui va imprimer une nouvelle page dans ce pays : Une nouvelle espérance qui va changer la vie des Françaises et des Français !

Ensemble, nous gagnerons !

seul le prononcé fait foi

Enfin serais-je tenté de dire à l’annonce d’un meeting Europe Ecologie en Alsace où Corinne Lepage interviendra en compagnie de Daniel Cohn-Bendit, Sandrine Belier ou encore Pierre Larrouturou.

Cela fait de longs mois que j’attendais ce premier pas significatif de la part de la Présidente de Cap21 et même si je trouve qu’il aurait été préférable pour tout le monde qu’il fut fait avant, nul doute que cela préfigure l’appel promis par DCB au lendemain des régionales.

J’entends déjà les tenants d’une certaine orthodoxie de gauche sur le thème du Corinne Lepage est de droite, elle a même fait partie d’un gouvernement Juppé… Nul ne peut évoluer ? Drôle de conception pour des gens se disant de gauche… il y aurait donc bien une prédominance de l’inné sur l’acquis ?

Incontestablement, Corinne Lepage ne s’est pas convertie à la révolution au sens marxiste du terme mais dois-je rappeler que pour Martine Aubry, également, les classes sociales n’existent plus (cf Médiapart).  Pour ma part, je pense que l’urgence de la situation implique qu’on se regarde un peu moins le nombril d’une certaine gauchitude pour se pencher davantage sur les propositions qu’on peut faire ensemble et de manière concrète avant de disserter à l’infini sur le sexe des anges.

Alors avant de venir des leçons, décerner des brevets de vraie gauche… un conseil… regardez ces deux heures d’entretien entre Larrouturou et Lepage et après on pourra causer.

Aussi, sans l’ombre d’une hésitation et malgré les incertitudes, je m’inscris dans ce qui pourrait préfigurer la naissance d’un Nouveau Parti Ecologiste…

Capture d’écran 2009-12-07 à 13.56.00Madame Lepage, depuis maintenant quelques mois, je vous suis avec attention, j’ai parcouru avec un grand intérèt votre dernier ouvrage, je vous ai écoutée débattre avec Pierre Larrouturou.

Ce midi, j’ai lu que vous n’aviez pu vous exprimer au sein d’un parti que vous avez contribué à créer… Il est temps pour vous de prendre une décision… celle de quitter le Modem comme sont en train de le faire beaucoup de vos amis de Cap21.

Comme beaucoup, je ne vous considère plus/pas comme la représentante de l’écologie de droite, votre livre est livre est là pour en témoigner. Des convergences existent, des divergences restent à aplanir…Une ambition progressiste est à construire.

Comme moi, comme de nombreux citoyens, comme vous, je pense que celle-ci ne peut se faire dans le cadre étroit d’appareils politique nés dans un climat de prospérité économique issu de la certitude d’une l’abondance sans limite.

Europe Ecologie semble être ce cadre, il en est encore au stade de l’incertain et d’une certains insouciance juvénile.

Pour ce mouvement, les prochains mois seront cruciaux, au-delà de l’échéance électorale de mars, pour organiser une forme de chaos. Cependant, grâce à Edgar Morin, je sais aussi que l’organisation née aussi du chaos.

Comme Pierre, comme Eva Joly, comme José Bové, comme Cécile Duflot… prenez ce risque, quittez le Modem pour qu’une nouvelle génération d’hommes et de femmes se saisissent d’un débat où les enjeux politiques dépassent de loin les seuls intérêts boutiquiers, l’espoir d’une alternative est aussi à ce prix.