Il aura suffi d’un article dans le New York Times sur les doutes supposés de l’accusation dans l’affaire DSK pour que tout bascule à nouveau en France et en particulier pour la Présidentielle 2012.

Deux hypothèses :

La première laisse à penser que l’issue du procès devant un Jury  en décembre (où la condamnation ou l’acquittement nécessite l’unanimité sinon le procès est considéré comme nul) est sérieusement compromise pour le procureur, sans compter l’argent dépensé – d’ailleurs, dans ce cas de figure, la nullité du procès que deviennent les sommes engagées par l’accusé, défense, liberté sous caution… ? – . Ce qui ferait désordre alors que lui-même est engagé dans une réélection.

La deuxième est l’abandon rapide de toutes les charges pesant contre DSK  (pourquoi pas dès ce soir) où la théorie du complot aurait le vent en poupe et transformera DSK en une icone de la machine à broyer américaine. En mauvaise posture par ces propres enquêtes, on peut penser que c’est une éventualité que n’écarte pas le procureur  (cf point1).

Dans les deux cas, les incidences sur le PS ne seront pas neutres, pour l’UMP également (l’effet boomerang) – à cette heure, on peut penser que c’est journée morte à l’Elysée et ce jusque 17h30 -. En effet, libéré, pour beaucoup cela équivaudrait à un acquittement pour DSK.

En tout cas à 17h30 on saura plus ou moins à quoi s’en tenir… petit rappel… le dépot de candidature pour le dépot des primaires c’est le 13 juillet et on a déjà entendu quelques voix au PS pour dire que dans ces conditions, rien ne pouvait en rester là.

On est peut être en passe de vivre une incroyable storytelling… Et des nominations et des candidatures sur le mode du « malentendu »…

Hier, j’avoue avoir regardé avec attention l’interview de Dominique Strauss-Khan sur France 2. Certains m’avaient annoncé un scoop, sans vouloir faire la mauvaise langue, je l’attends encore ou tout au moins, une annonce plus franche de de la part de DSK.

Cependant, durant ce quart d’heure de bonne facture, j’ai néanmoins noté cette réponse à la non candidature de Delors en 1995 alors qu’il était grandissime favori pour cette présidentielle : « J’avais regretté qu’il n’y aille pas ». Il est intéressant de noter le parallèle de ces deux situations car  J.Delors était alors Président de la Commission Européenne (il a quitté ses fonctions le 22 janvier 95), dès lors je vois mal DSK se dérober à une telle éventualité.

Certes, il y a l’incertitude des primaires pour lesquelles DSK ne semble guère emballé suite à son échec cuisant de 2006. Une autre inconnue réside dans l’attitude de Martine Aubry qui d’après certaines sources semble s’y préparer également. Avec néanmoins un handicap pour elle, ce fameux pacte de Marrakech où il a été dit – à défaut d’être écrit- que cette dernière n’irait pas si le Directeur du FMI décide d’y aller.

J’en conviens, ces quelques mots – plus politiques qu’on ne le pense- ne font pas une déclaration officielle néanmoins cela me parait plus fiable que de lire dans les entrailles d’un poulet ou de décortiquer les propos d’Anne Sinclair. A son sujet et même si j’apprécie la justesse de  sa tribune sur le nouveau clivage-débat proposé par Sarkozy sur les musulmans arabes – autant appeler un chat, un chat- je me demande si c’est elle est dans son « role » ? Non que je lui dénie le droit de s’exprimer mais on ne pourrait en vouloir à ceux qui peuvent penser « mais de quoi je me mêle ? », le moment choisi ne me parait pas très judicieux.

Dernier mot, j’avoue avoir apprécié la définition du socialisme par Strauss-Khan : « l’espoir, l’avenir, l’innovation ». Maintenant, j’aimerai juste savoir comment DSK entend décliner cela dans des propositions plus concrètes. Je dois être particulièrement naïf mais j’ai été agréablement surpris qu’il cite cette statistique, à savoir qu’un quart des salariés français gagnent moins de 750 euros par mois.

Pour l’heure, ces 15 minutes me confortent dans mon papier récent sur mes choix pour 2012,

Voilà mon tiercé dans l’ordre pour le premier tour de la Présidentielle.

Bien qu’ayant une sympathie certaine pour ce tribun nécessaire qu’est Jean-Luc Mélenchon, je me vois mal glissé son bulletin de vote dans une urne. Si je peux me retrouver dans certaines de ses propositions qui sont loin de constituer les prémices d’un abécédaire révolutionnaire ; j’avoue ne pas partager sa vision stratégique vis à vis de l’extrême-gauche. Restant un indécrottable social démocrate, j’avoue ne pas goûter de me retrouver à la même table que cette dernière qui dans tous les cas – à moins d’appliquer le programme de transition de Léon – finira invariablement par vous envoyer à la figure cette fameuse ritournelle de « l’infâme social traitre à la solde du GKI (Grand Kapital International) ».

Aussi à défaut d’attendre vaillamment le grand soir, n’en déplaise à certains de mes amis, je continue de penser – dans l’erreur, je n’en disconviens pas- que l’exercice du pouvoir impose certains compromis avec les forces en présence. L’important étant de veiller à ne pas sombrer corps et âme dans la compromission comme cela s’est vu dans un passé récent.

Ce tiercé de prime abord peut sembler incongru mais à la réflexion, il traduit assez bien ce que j’attends d’un homme ou d’une femme politique aujourd’hui : ténacité, idées, éthique -nous sommes d’accord, aucun politique n’incarne ces trois qualités -

Partant de ce postulat et de cet autre tendant à croire – à tort bien entendu car je suis un social traitre – que chacun(e) aspire à une société plus juste, il me faudra bien faire un choix le jour venu.

Bien entendu, on peut arguer à raison qu’à cette heure, je ne connais pas les programmes, c’est un fait cependant vis à vis de Ségolène Royal et d’Eva Joly, on commence à voir se dessiner les idées forces. Pour DSK, je l’avoue, c’est forcément plus difficile d’autant que le FMI n’est probablement pas le lieu d’une social démocratie décomplexée cependant il reste pour moi, une boité à idées – bonnes et moins bonnes – si d’aventure il était candidat, j’espère que celle-ci sera à la hauteur des enjeux.

D’autres pourront toujours me dire que je fais abstraction des partis et de leur prose programmatique. Après deux décennies de militantisme, je peux le dire sans autre formalisme, ces programmes n’engagent que ceux qui les votent… J’invite les sceptiques à relire – au hasard- les différentes motions de synthèse issues des différents congrès du PS depuis sa création. Donc qu’on n’attende pas de moi de réclamer un quelconque et fort opportun « le programme, tout le programme, rien que le programme ». La Présidentielle, sous la Vème, est une rencontre entre un candidat et les citoyens – l’expression Peuple ne recouvre plus aucune réalité -, c’est une des règles du jeu, qu’on soit pour une VIème ou une VIIème République, jusqu’en mai 2012, elle restera en vigueur.

Ne voyez pas dans ce rappel à la réalité politique, une quelconque croyance en l’homme ou la femme providentielle ; au contraire, comme d’autres, je reste persuadé qu’à mesure que la société se complexifie, de nouvelles formes de contre pouvoir émergent. Pour le moment, ils ne sont pas encore arrivés à maturité -du fait notamment d’un personnel politique qui craint une remise en cause de son pouvoir verticalisé – mais des signes tangibles mais encore fragiles tendent à accréditer cet « espoir ». Ceci ne dispense en aucun cas d’une profonde rénovation de nos institutions et des comportements de nos élus.

Voilà à ce stade, mon état d’esprit…

Et si au 1er tour, il n’y avait aucun de ces candidat(e)s et bien j’assumerai mon vote blanc.

PS : Petite précision, je ne participerai pas aux différentes primaires mais cela ne m’empêchera pas de partager mon avis. Il y a quantité de sujets dans cet article sur lesquels je reviendrai.

MAJ à 14h45 : 54.000 chômeurs supplémentaires pour le mois d’octobre

Après une journée à attendre le messie d’une certaine gauche, revenons un court instant sur les fondamentaux. DSK peut nous rejouer ce doux refrain « de la crise qui est derrière nous mon bon monsieur » qui réchauffe le cœur des partisans du There Is No Alternative.

Bon je vous l’accorde le Dominique est assez hésitant sur la chose, en gros ça oscille depuis plusieurs mois … ça va dépendre de l’heure à laquelle tu l’écoutes (une petite recherche google sera très éclairante). Aussi et sans vouloir faire ma mauvaise tête, il faut se souvenir que notre oracle prévoyait en octobre 2008 un ralentissement de l’économie… Alors vous me direz, ben comme tous les économistes, pas faux avec juste ce petit bémol, ce sont les mêmes qui te disent la bouche en cul de poule que c’est reparti.

Bon plus sérieusement où en est-on ? Pas bien loin hormis des places financières qui prospèrent sur les seuls résultats des banques… ok accessoirement, c’est grâce à l’argent public injecté dans ces dernières mais après tout ce n’est qu’un petit détail.

En effet, de nombreux signaux montrent que la réalité est hélas moins rose que les bilans des banques, il est d’ailleurs assez croustillant de voir la Société Général privilégier un scénario noir vis à vis de ses clients. J’avoue, il y a un passage que j’adore : « les récents plans de sauvetage mis en place par les gouvernements mondiaux ont simplement transféré des passifs du secteur privé au secteur public, créant une nouvelle série de problèmes »… Vous ne trouvez pas que ça ressemble comme deux gouttes d’eau au fameux « socialisation des pertes, privatisation des profits ». Vous pourrez relire à profit l’interview de l’économiste Fédéric Lordon sur « une crise due à un excès d’endettement généralisé ».

Un autre signe de l’illusion de cette reprise réside probablement dans la spéculation immobilière chinoise qui a repris de la vigueur avec comme résultat un taux de croissance biaisé… Bon ce n’est pas grave, l’essentiel est d’y croire.

Bon une fois qu’on a listé des tonnes de liens montrant que la réalité de la sortie de crise est chimérique, on fait quoi ?

On met Dominique Strauss-Khan à l’Elysée… certains ont eu une érection en écoutant religieusement notre sauveur de la gauche toute entière (LO, NPA compris…) expliquer qu’il fallait créer un nouveau monde…

J’avoue et c’est un peu mon souci, je doute que celui et ceux (comme Pascal Lamy) qui sont passés avec armes et bagages comme bons serviteurs du capitalisme changent fondamentalement la donne. D’autant que j’ai un peu de difficulté à percevoir la réalité des changements intervenus dans leurs propos et leurs propositions.

Le « j’ai changé », je n’y ai pas cru un instant avec Nicolas Sarkozy et je n’y crois pas plus pour d’autres surtout quand comme lui, ils ont été en responsabilités depuis plus de 20 ans.

Non qu’on puisse évoluer mais cela, dans ce domaine, ne peut se faire sans un changement radical de paradigme.

Comme dirait l’autre « heureusement que DSK est là pour amuser la galerie et dire qu’on sent la reprise… C’est un gros bosseur. Un visionnaire ce DSK ! » (Je mets ça entre-guillemets, ce n’est pas de moi).

nofuturD’une commémoration à l’autre, de Barack Obama à la chute du mur ; nos médias se ressassent des passés  jusqu’à l’overdose, faute de pouvoir nous aider à comprendre le présent, faute de nous aider à appréhender l’avenir.

Nos politiques ne sont pas en reste, enfonçant sans vergogne les limites du grotesque comme un certain Nicolas Sarkozy dont on est en droit de se demander, avant d’avoir été l’homme de la chute de la RDA, s’il n’a pas également marché sur la Lune en compagnie de Neil Armstong.

D’autres comme Martine Aubry n’en finissent pas de repasser le disque rayé sur ce fameux marché, porteur d’innovations et d’initiatives mais la question n’est plus là. Ce marché n’est plus à réguler, à réformer, ce modèle est définitivement périmé et les conséquences réelles de cette gabegie (réservée à une minorité) seront laissées aux générations futures.

Alors pour espérer, on nous donne en rêve des sondages qui laissent entrevoir la victoire de DSK sur Sarkozy en 2012… la belle affaire. Pour nous rassurer, on nous abreuve de bonnes statistiques comme pour signifier que la Crise est définitivement derrière nous mais hélas la vraie réalité est tenace.

Pas celle des indices boursiers et des bénéfices réalisées par les banques (sur de la spéculation… ah oui le G20 et la moralisation du capitalisme… un autre jour ma bonne dame, la croissance est de retour) permettant de redonner l’illusion d’une croissance illimitée. Non davantage, les chiffres qui gênent, ceux qui confortent les analyses d’une minorité prédisant, il y a quelques mois déjà, une « reprise » au mieux sans création d’emplois mais plus surement avec quantité de destructions (+190.000 au USA en Octobre). A cela, on peut également rajouter le mirage chinois qui perdure sur la spéculation immobilière. Déjà de nombreux commentateurs prédisent le retour des émeutes de la faim dans les prochaines années.

Parallèlement, nos édiles masculins (hormis Angela Merkel…) semblent déjà avoir remisé l’impératif climatique à plus tard ; il serait en effet inopportun de casser le cycle « vertueux » de la relance. Dans ces conditions,  le sommet de Copenhague du a de fortes probabilités de se transformer en un Munich environnemental et par conséquent social.

De tout cela, il serait particulièrement malvenu d’en débattre, il est plus confortable de s’en tenir au passé… ce passé si doux…

Les notes d’espoir sont bien faibles et les raisons d’espérer bien ténus.

Notre avenir se joue probablement dans la décennie qui vient aussi il est urgent de commémorer…