Voilà mon tiercé dans l’ordre pour le premier tour de la Présidentielle.
Bien qu’ayant une sympathie certaine pour ce tribun nécessaire qu’est Jean-Luc Mélenchon, je me vois mal glissé son bulletin de vote dans une urne. Si je peux me retrouver dans certaines de ses propositions qui sont loin de constituer les prémices d’un abécédaire révolutionnaire ; j’avoue ne pas partager sa vision stratégique vis à vis de l’extrême-gauche. Restant un indécrottable social démocrate, j’avoue ne pas goûter de me retrouver à la même table que cette dernière qui dans tous les cas – à moins d’appliquer le programme de transition de Léon – finira invariablement par vous envoyer à la figure cette fameuse ritournelle de « l’infâme social traitre à la solde du GKI (Grand Kapital International) ».
Aussi à défaut d’attendre vaillamment le grand soir, n’en déplaise à certains de mes amis, je continue de penser – dans l’erreur, je n’en disconviens pas- que l’exercice du pouvoir impose certains compromis avec les forces en présence. L’important étant de veiller à ne pas sombrer corps et âme dans la compromission comme cela s’est vu dans un passé récent.
Ce tiercé de prime abord peut sembler incongru mais à la réflexion, il traduit assez bien ce que j’attends d’un homme ou d’une femme politique aujourd’hui : ténacité, idées, éthique -nous sommes d’accord, aucun politique n’incarne ces trois qualités -
Partant de ce postulat et de cet autre tendant à croire – à tort bien entendu car je suis un social traitre – que chacun(e) aspire à une société plus juste, il me faudra bien faire un choix le jour venu.
Bien entendu, on peut arguer à raison qu’à cette heure, je ne connais pas les programmes, c’est un fait cependant vis à vis de Ségolène Royal et d’Eva Joly, on commence à voir se dessiner les idées forces. Pour DSK, je l’avoue, c’est forcément plus difficile d’autant que le FMI n’est probablement pas le lieu d’une social démocratie décomplexée cependant il reste pour moi, une boité à idées – bonnes et moins bonnes – si d’aventure il était candidat, j’espère que celle-ci sera à la hauteur des enjeux.
D’autres pourront toujours me dire que je fais abstraction des partis et de leur prose programmatique. Après deux décennies de militantisme, je peux le dire sans autre formalisme, ces programmes n’engagent que ceux qui les votent… J’invite les sceptiques à relire – au hasard- les différentes motions de synthèse issues des différents congrès du PS depuis sa création. Donc qu’on n’attende pas de moi de réclamer un quelconque et fort opportun « le programme, tout le programme, rien que le programme ». La Présidentielle, sous la Vème, est une rencontre entre un candidat et les citoyens – l’expression Peuple ne recouvre plus aucune réalité -, c’est une des règles du jeu, qu’on soit pour une VIème ou une VIIème République, jusqu’en mai 2012, elle restera en vigueur.
Ne voyez pas dans ce rappel à la réalité politique, une quelconque croyance en l’homme ou la femme providentielle ; au contraire, comme d’autres, je reste persuadé qu’à mesure que la société se complexifie, de nouvelles formes de contre pouvoir émergent. Pour le moment, ils ne sont pas encore arrivés à maturité -du fait notamment d’un personnel politique qui craint une remise en cause de son pouvoir verticalisé – mais des signes tangibles mais encore fragiles tendent à accréditer cet « espoir ». Ceci ne dispense en aucun cas d’une profonde rénovation de nos institutions et des comportements de nos élus.
Voilà à ce stade, mon état d’esprit…
Et si au 1er tour, il n’y avait aucun de ces candidat(e)s et bien j’assumerai mon vote blanc.
PS : Petite précision, je ne participerai pas aux différentes primaires mais cela ne m’empêchera pas de partager mon avis. Il y a quantité de sujets dans cet article sur lesquels je reviendrai.
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