Taxe Carbone, taxe injuste

Le Conseil Constitutionnel n’a pas attendu le 1er janvier pour souhaiter ses meilleurs vœux au locataire de l’Elysée, en effet dans ses décisions du 29 décembre, il a tout simplement rejeté la fameuse Taxe Carbone.

Les motifs du rejet sont par ailleurs assez croustillants pour notre nouveau champion autoproclamé de la défense environnementale puisque le CC a considéré  que « les exemptions auraient conduit à ce que 93% des émissions d’origine industrielle, hors carburant, soient exonérées de contribution carbone. Moins de la moitié des émissions de gaz à effet de serre aurait été soumise à la contribution carbone. »

En gros, le Conseil Constitutionnel démontre que comme à son habitude il y a loin entre les déclarations de Nicolas Sarkozy et la réalité de ses décisions.

Pour ma part, je n’ai pas varié sur l’iniquité des principes de ce nouveau prélèvement.

Pour rappel, ce que j’écrivais début août pour Médiapart :

« En effet, comment faire en sorte que l’écologie soit acceptée comme une priorité si la première mesure phare devait être supportée par les plus modestes même avec un chèque vert. Ces derniers n’ayant pas souvent le choix, ne serait-ce qu’en terme de transport, pour se rendre de leur foyer à leur lieu de travail. Sans compter les inégalités naturelles en terme de climat…

Cela peut sembler un détail mais c’est aussi avec des détails que se  perdent  ou  se  gagnent  des  élections  mais  aussi  et  peut  être durablement l’adhésion ou non à un projet de société.

Alors si effectivement, il nous faudra rapidement mettre en place une fiscalité verte, celle-ci ne peut se faire avec des d’outils simplistes, aggravant de surcroit les inégalités sociales.

Plus généralement et en allant au-delà de ce seul aspect, la crise écologique et ses conséquences avérées sur notre avenir nous impose de redéfinir notre rapport à la notion de production, à la création de richesses et aussi à cette fameuse accumulation de capital ».

Bien qu’ayant signé Europe Ecologie, je persiste et je signe : une contribution carbone pour être juste doit être intégrée dans une remise à plat de notre système de prélèvements directs et indirects.

Tiens… en passant… toute la gauche se félicite de ce rejet… les mêmes, en septembre, n’avaient pas de mots assez durs pour fustiger la démagogie et le populisme de Ségolène Royal… (petit rappel)


Fiasco mortel.

C’est fait l’échec annoncé est bien là et il ne suffira pas d’un vague communiqué pour changer cette réalité. Certes, on nous promet une nouvelle conférence pour 2010 mais on peut douter d’une quelconque avancée tant les antagonismes entre les nations, pays pauvres et pays riches sont grands… à l’image des égos de nos chers représentants (La mesquinerie des grandes nations –CI-) des nos « grandes puissances », chacun voulant tenter à vil prix d’apparaître comme LE sauveur du monde.

Dans cette sinistre comédie, Nicolas Sarkozy n’aura pas été en reste avec un sens de la négociation faite de contretemps (poser des sujets qui ne sont pas à l’ordre du jour…), d’effets de manche (la taxe sur les flux financiers refusée au Parlement Européen par son parti)… bref comme d’habitude avec lui, de la pure gesticulation. Je ne peux m’empêcher de penser qu’il y a un coté Georges Marchais chez Nicolas Sarkozy… « vous avez vos questions, je viens avec mes réponses ».

Maintenant sur le fond… nul besoin de se voiler la face, des intentions minimales sans contraintes, les résultats seront probablement à l’identique de ceux des accords de Kyoto dont le bilan, malgré des ambitions modestes, est tout simplement ridicule. Autre constat inquiétant, la chose la mieux partagée des pays développés reste un égoïsme forcené et cynique. Cynisme qui tend vers une sorte de néocolonianisme écologique moyennant quelques sous jetés sur des sols arides ou recouverts par les eaux.

La notion de droits d’émissions semble traduire ce néocolonialisme ; un des négociateurs de ces pays pauvres n’a-t-il pas déclaré que « les compensations offertes ne paieront même pas les cercueils » (Quelles conséquences pour l’Afrique – CI-). Et surtout de facto, il interdit tout forme de développement pour ces derniers sauf à être plus écologique que les pays riches. Ces derniers et nous-mêmes avons une dette écologique abyssale vis du reste du monde.

Et l’Europe… qui ça ? Ah oui Sarkozy s’agite encore seul… ça va faire un peu de mousse ici… en France… sinon, rien mais cela lui permet de s’acheter une petite veste écolo pour le printemps.

Un dernier signe qui démontre l’ampleur de cet échec, le plongeon des quotas de CO2… les industriels ne s’y sont pas trompés… ils peuvent continuer à polluer tranquillement, ils ont la bénédiction des puissants de ce monde.

Article en partenariat avec Courrier International (Pour sortir un peu de la vision française, je vous conseille le dossier spécial Copenhague).

Bon… le fameux sommet climat ne servira à rien…

Comme je l’ai dit à Adrien Saumier sur twitter  » Copenhague c’est le début d’une vrai prise de conscience des citoyens mais c’est une absence totale de responsabilité de la part des gouvernants » (Vous pouvez lire son article, il va dans le même sens en développant un peu plus).

MAJ : ce matin, dans mon twitter, ce message de Corinne Lepage : « @corinnelepage: Bref…La démocratie règne pour permettre aux Grands d’organiser tranquillement notre suicide collectif« . Il y a cette réflexion d’Hugo Chavez à Copenhague : « Si le climat était une banque, vous l’auriez déjà sauvé !« … pas faux non plus…

Déjà ce matin,  Connie Hedeegard avait démissionner de la Présidence de la Conférence… c’est vous dire si ça avance bien…

Je ne sais vraiment pas ce que je vais pouvoir raconter à mes enfants, à mes petits enfants… Enfin… à titre personnel, je ne me faisais guère d’illusion… c’est comme pour les G20…

Pour les lecteurs assidus de ce blog (merci vous, vous êtes quelques centaines chaque jour…), il y a 15 jours, j’avais fait un article « Nicolas Sarkozy, l’écololusionniste« … Geenpeace l’a traduit en image…

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Crédit Photo @Vogelsong

Dans quinze jours va s’ouvrir le sommet de Copenhague sur le réchauffement climatique, chacun ou presque s’accorde à dire que ce moment est probablement l’un des plus importants de ces dernière années.

Cependant, avant même l’ouverture des discussions, l’échec semble déjà au rendez-vous de l’Histoire, sorte de remake des G20 sensés réguler l’économique mondiale.

Bien sûr, il ne faudra pas beaucoup de temps pour trouver des boucs émissaires… Etats-Unis et Chine (pour la Chine, il convient d’être beaucoup plus nuancé… entre ses émissions globales et ses émissions rapportées au nombre d’habitants) mais qu’on se le dise on aura tort de mettre Nicolas Sarkozy dans ce panier d’inactifs qui se soucient  peu de l’avenir de la planète.

Ce dernier, depuis également 15 jours, fait feu de tout bois pour se montrer au monde comme le champion de l’environnement durable et bien évidemment de le faire savoir, quitte une fois encore à faire preuve d’une arrogance sans borne.

Ni une, ni deux, Nicolas Sarkozy veut proposer un texte ambitieux avec son homologue brésilien mais non chiffré ; Jean-Louis Borloo, sorte de ministre biodégradable (quand l’avions nous entendu depuis le fameux grenelle ?), emboite le pas en expliquant qu’il n’y aura pas d’accord à Copenhague sans la France…. Grand Dieu, quelle volonté !

Pourtant entre ces deux dates, le Grenelle de l’environnement, le Sommet de Copenhague qu’a fait le gouvernement Français dans ce domaine… pas grand chose.

Une prime à la casse (sous couvert de voitures « propres ») pour sauver l’industrie automobile, un plan isolation, une taxe carbone au pire injuste, au mieux sans effet et des widgets Ademe à mettre sur les blogs… Voilà le vrai bilan de Nicolas Sarkozy en matière de politique environnementale. Et je ne parle même pas des actes symboliques sur la fameuse exemplarité de l’Etat (n’oublions pas que nous sommes sous le signe de la République bannière).

Où sont les investissements massifs pour tenter de développer le secteur des énergies renouvelables ? Au lieu de ça, Nicolas Sarkozy s’est transformé en super VRP de l’industrie nucléaire. Quelles sont les initiatives en matière de santé publique dans le domaine de la pollution ? Sans parler du ferroutage qui ne semble plus être une priorité depuis quelques temps avec la possible apparition des supers-camions sur nos routes sous couvert de pollution moindre.

Alors oui Cécile Duflot peut à raison parler de la stratégie de bouc-émissaire mise en place par Nicolas Sarkozy à l’occasion de ce Sommet de Copenhague… Ce n’est hélas pas dans ce seul domaine, c’est même une marque de fabrique du sarkozysme.

Deux ans et demi à peine après son entrée en fonction, Nicolas Sarkozy a chaussé les bottes de son prédécesseur, donneur de leçons au monde, petit faiseur dans son pays.

En matière d’écologie, Nicolas Sarkozy est bel et bien un illusionniste… un écolosionniste.

Pour rappel, notre super Président a eu la note incroyable de 3,5 sur 10 en matière de politique environnementale par Geenpeace.

Avant un papier sur le sommet de Copenhague et un Nicolas Sarkozy qui enfile désormais les bottes de Jacques Chirac. Discourir à travers le monde pour ne rien faire en France, cette animation de Geenpeace qui fait un bilan de l’action des quelques dirigeants.