La campagne est bien lancée… en tout cas à gauche et qu’on pouvait espérer un tir groupé contre Nicolas Sarkozy et sa politique inique aux résultats particulièrement calamiteux, force est de constater que certains préfèrent focaliser leurs critiques les plus denses à l’encontre de  François Hollande plutôt que sur le candidat élyséen.

Alors, je suis le premier à en convenir, il est plus que temps pour lui de lancer sa campagne, non par l’intermédiaire des médias mais davantage avec ce qu’il reste de la dynamique donnée par sa large victoire à la primaire socialiste. Hélas, à cette heure, je crains que celle-ci soit complètement éteinte…

Cependant, cette non campagne calamiteuse ne doit certainement pas exonéré les partenaires traditionnels du candidat socialiste dans l’esprit d’une gouvernance commune de leurs torts. Et il ne se passe pas un jour sans qu’on échappe à une critique en règle de François Hollande… A l’honneur depuis plus d’une semaine, le sénateur Jean Vincent Placé, ce dernier parvenant même à donner des brevets de bon socialisme… on marche sur la tête.

Si il passait autant de temps à défendre le programme de son parti et Eva Joly qu’à démolir Hollande, ça ne serait pas inutile à moins de considérer que le score d’EELV sera dans tous les cas médiocre et donc qu’il faut à tout prix décrédibiliser le candidat Hollande pour masquer son propre échec, au risque de voir Nicolas Sarkozy grand vainqueur en mai 2012. Politique de barbouzes, politique de la terre brulée, politique du « j’en rien à foutre » on a nos circonscriptions. Oubliant qu’une élection ça se gagne et que ça ne tombe pas comme un fruit mur enfin ça dépend pour qui – coucou Cécile Dufflot-. Je ne préfère pas revenir sur la dernière déclaration de Cohn Bendit à propos de Montebourg, taxé de FN de gauche, de peur d’un tacle assassin volontaire…

Le Front de Gauche n’est pas en reste dans ce concours du « qui qui dézinguera le plus le tout mou ? »… J’avoue le coup du « capitaine de pédalo » n’est toujours pas passé et surtout Mélenchon continue son travail de sape à défaut de défendre ses propres propositions… A mon sens, c’est ça le débat et non une succession de petites phrases parfaitement calibrées pour tenter d’exister dans les médias et espérer refaire un retard inquiétant en terne de notoriété au près des citoyens…

Il est là le problème, en dehors du microcosme politique et quelques citoyens avisés qui connait Jean Luc Mélenchon et Eva Joly ?… Je ne parle même pas d’un Placé, davantage connu pour ses petits talents d’apparatchiks que pour ses autres talents. Croient-ils eux-même au succès de leur candidature, la question se pose très sérieusement..

Autre truc qui commence à m »agacer sérieusement de la part de certains militants, ce recours systématique « au Peuple »… oui François Hollande et le PS sont éloignés des considérations du Peuple… c’est un fait et j’ai souvent soulevé cette problématique pour être accusé de quoique ce soit dans ce domaine.. Cependant, je peine à voir le Peuple se rapprocher du FdG ou d’EELV, un sondage -qui n’est qu’un sondage- révèle néanmoins un élément intéressant : Jean Luc Mélenchon n’est même pas dans le top3 des intentions de vote chez les ouvriers…Il est vrai, il est nettement plus facile de donner des leçons et des bons points de vraie gauche, beaucoup plus difficile d’aller reconquérir un électorat perdu.

J’en ai fini avec mon coup de gueule du matin… le temps d’un coup de gueule contre le PS de Martine Aubry viendra rapidement… joue-t-elle d’ailleurs la victoire du candidat désigné proprement par les urnes ? Cette question se pose également.

J’avais pensé à une campagne trash de la part de l’UMP et de Sarkozy, ils n’ont même pas besoin d’aller sur ce terrain… les « partenaires » du PS s’en chargent… pitoyable.

Sinon François Hollande, il faut bouger là !!! c’est urgent .

La campagne pour 2012 n’a pas encore réellement démarré que déjà nous sommes nombreux à être las de ce qui se prépare à ciel ouvert.

Si à vrai dire, je n’attends rien de la droite et de Sarkozy en particulier – Borloo au mieux se présentera pour monnayer un poste de premier ministre… -, je n’ai hélas pas beaucoup plus à dire sur ce qui se passe à gauche. Certe, EELV va désigner à une forte majorité Eva Joly néanmoins je reste très circonspect sur cette élection inutile pour ce mouvement à moins de considérer cet exercice de grand écart comme un passage obligé, ce que je ne partage pas. D’autant que cette désignation si elle correspond peu ou proue à mes propres aspirations, je doute de son impact au delà des seuls cercles des « initiés » – ok bobos – et il y a fort à parier que le résultat soit très décevant avec un score ne dépassant pas les 5% et loin de moi l’idée de penser qu’une candidature Hulot puisse faire mieux au final. Enfin, on ne peut pas dire que la campagne interne ait été particulièrement intéressante puisque l’heureux élu devait reprendre à son compte un projet en cours d’écriture.

Certains de mes collègues espèrent qu’Eva Joly participera à la primaire socialiste au nom de l’unité… heu, là je crois que c’est mort surtout au regard du climat qui entoure cette vaste désignation citoyenne.

Et là, on en vient à cette lassitude avec un Parti Socialiste inaudible, incapable de se dépêtrer de l’après DSK, au contraire, on en viendrait à penser qu’il s’y complait.

Jusqu’à la mi-mai, DSK était attendu comme le messie, fatalement, la donne a été quelque peu modifié et même si certains ont espéré début juillet qu’il puisse malgré tout revenir, on a même vu une pétition apparaitre.  Une partie de l’appareil socialiste et sa première secrétaire en Tête ont mis plus d’un mois à sortir la tête de l’eau suite à cette affaire, et rien ne dit qu’elle ne viendra pas à nouveau parasiter les socialistes dans les prochaines semaines, un mois sans qu’on ne puisse entendre autre chose que « DSK est un ami mais ce n’est pas le PS ». Donc acte mais pendant ce mois, aucun propos politique n’est parvenu à s’imposer, si ce n’est des déclarations plus ou moins complaisantes à l’égard de la ministre de l’économie en passe de devenir patronne du FMI, c’est maigre à 10 mois de l’échéance.

Le jour de l’annonce de la candidature de Martine Aubry, on a cru quelques heures que les socialistes pouvaient reprendre la main, hélas la désignation de Lagarde puis la libération des otages ont une fois de plus réduit le PS au silence.

Pour en sortir, cette dernière n’a rien trouvé de mieux que de dénoncer des rumeurs qui jusqu’à présent se limitaient à des cercles très restreints. Alors oui depuis quelques jours, les médias se sont emparés de ce gros sujet… En toute honnêteté, je ne sais pas si le fait d’anticiper soit la meilleure des choses à faire par rapport à ce genre de propos et surtout j’ai un peu le sentiment qu’après un début de campagne raté pour Martine Aubry, ce retour sur le devant de la scène par ce bias ne délivre pas un message très positif. On est loin, très loin des préoccupations des français sans compter dles enjeux européens et internationaux. Et pour le coup, je ne suis pas certain que les socialistes parviennent à élever le niveau de manière soudaine dans les prochains mois.

Alors oui, j’ai peur que ces clapotis boueux renforcent un peu plus ce manque d’envie des Français pour cette présidentielle qui risque de ne pas dépasser le caniveau et ça ne sera pas nécessairement la faute d’Internet – Pitoyable Joffrin, ce n’est pas une rumeur, c’est un fait, j’y reviendrai -.

Contre toute attente, Eva Joly est en passe de remporter la primaire écologiste au mépris des sondages et des analystes -– moi le premier qui avais affirmé qu’elle ne passerait pas l’été -. A seulement 69 voix, elle manque l’investiture au 1er tour ce qui avec 4 candidats en lice constitue une très belle performance.

D’autre part, on peut s’étonner que Nicolas Hulot n’ait pas décidé de se retirer de la course pour épargner à EELV un second tour inutile alors que ce geste aurait une symbolique forte d’unité de la famille écologiste. En effet, comment imaginer que celui-ci puisse inverser une dynamique purement médiatique et donc réussir à rattraper près de 10 points de retard alors qu’on peut raisonnablement penser que le report des voix d’Henri Stoll et de Stéphane Lhomme ne se fasse à sens unique pour Nicolas Hulot. De même, croire que le réservoir des abstentionnistes puisse modifier radicalement la donne relève d’une illusion. D’une part, le taux de participation est pour une fois élevé, par conséquent le potentiel est relativement faible et d’autre part, pourquoi se sursaut se ferait -il au seul profit du candidat malheureux en allant à rebours de la tendance observée pour ce premier tour?

Maintenant, peut-on pour autant dire que le choix d’Eva Joly soit le meilleur ? Si j’ai déjà expliqué les raisons de ne pas participer à cette primaire, je précise néanmoins que ma préférence politique allait davantage à Eva Joly. Cependant, on doit également admettre que cette dernière dans son positionnement n’a aucune chance de séduire au delà de l’électorat « traditionnel » des écologistes qui plus est volatile par nature surtout dans le cadre d’une Présidentielle. Autre handicap, quasi rédhibitoire, son accent qui passe très mal à la télévision. Dans le même temps, on peut également dire que la candidature Hulot était une garantie inoxydable pour passer la barre des 10%. N’oublions pas qu’un Kouchner, pourtant longtemps chouchou des sondages, n’a jamais pu s’imposer électoralement parlant. Quant à dire qu’Eva Joly incarne la « vertitude » comme le fait le sociologue Erwan Lecoeur, c’est un pas que je ne franchirais pas, l’exemple du récent congrès d’EELV montre que ce découpage binaire ne correspond pas à la réalité du mouvement écologiste, ni de son électorat.

L’autre enseignement de ce résultat réside dans le caractère totalement aléatoire des sondages sur un électorat particulier et incertain. A cet égard, on peut se remémorer les sondages qui donnaient Bertrand Delanoë gagnant dans tous les cas lors du Congrès de Reims et suivant cette logique, une victoire facile de Martine Aubry. Aussi, On peut penser que ce qui est vrai pour EELV doit l’être également pour celui des futurs électeurs de la primaire socialiste. Aussi, cette heure, il est impossible de donner un quelconque avantage à François, Hollande ou Martine Aubry pour une compétition aussi spécifique.

Rien n’est joué, une campagne est à faire pour tous les protagonistes d’octobre rose.  Les prochains mois risquent d’être chaud au PS.

Hier a eu lieu le dernier débat de la primaire des écologistes, c’est désormais un secret de polichinelle, le candidat investi devrait être sans surprise Nicolas Hulot. Pour l’heure, seule réelle inconnue, le taux de participation sur un corps électoral arrêté de 32.000 inscrits (adhérents, coopérateurs, citoyens inscrits pour l’occasion).

Je ne reviens pas sur les raisons politiques qui me poussent à ne pas me prononcer sur les candidats en lice, si ce n’est tout de même pour souligner ce paradoxe où tout le monde ou presque à EELV s’accorde pour dire que la présidentielle est une « connerie » sans nom avec en prime une personnalisation suicidaire et malgré tout on fait de ce scrutin, l’enjeu essentiel du mouvement. Il y a un grand écart conceptuel que je ne parviens pas à « assumer » ou plus exactement à faire.

Maintenant, concernant Nicolas Hulot, j’avoue sa désignation me laisse pour le moins sceptique non sur les qualités et défauts de l’homme ou sur les ressorts profonds de sa démarche mais davantage sur la démarche même d’EELV, au delà de la réserve initiale exprimée plus haut. Il me semble qu’il ait donné suffisamment de gages quant à sa positionnement sur l’échiquier politique – trop réducteur à mon goût- et par ailleurs ayant passé l’âge de labels de « vraie  Gôôche », je n’entonnerai certainement pas le refrain de la pureté originele, des propos, des actes me permettent de le situer par rapport à mes propres valeurs.

Non, ce qui me gène le plus, c’est ce coté « One Shot » au sens où lui-même l’a également déclaré, une fois passée cette présidentielle, il se retirera du jeu politique. C’est pour moi, une chose que je comprends assez peu surtout dans une période si trouble tant d’un point de vue économique qu’écologique. Le combat politique et plus encore l’écologie politique réclame une certaine permanence dans l’investissement politique – qui ne passe pas nécessairement par des mandats – surtout quand il s’agit de concourir à la plus haute fonction de l’Etat, on dépasse est de loin le cadre du simple citoyen. Et, je ne suis pas certain qu’il tienne vraiment la route contre des candidats autrement plus charpentés que ses trois concurrents de cette primaire.

Alors, je suis probablement un vieux con mais ce coté candidature médiatique me navre un peu. C’est le lot d’une présidentielle mais il y a mon sens des limites à ne pas franchir. Petit pronostic en passant, je crains que le candidat EELV ne dépasse pas les 5%, 7% serait un exploit… qui serait salué comme tel bien entendu.

Au passage, je note que cela évitera de le brûler comme on l’a fait hier avec Daniel Cohn Bendit ou aujourd’hui avec Eva Joly. Il y a encore quelques mois et plus particulièrement durant les campagnes des Européennes ou des régionales, on les suppliaient pour les faire venir ; la roue ayant tournée, maintenant le dénigrement est plutôt à l’ordre du jour à en juger par les commentaires sur les réseaux sociaux – assez peu représentatifs, j’en conviens mais révélateur malgré tout d’une façon de faire de la politique que je n’aime pas -.

Un petit commentaire, hier j’ai suivi sur twitter et en vidéo, le débat… c’était nul et plus grave, j’ai eu peine à trouver une proposition concrète si ce n’est la dépénalisation du cannabis… J’y reviendrai mais si le PS et EELV pensent déloger Sarkozy en ciblant la campagne sur des thèmes aussi éloignés de la réalité d’une majorité de Français alors la catastrophe électorale ne sera pas loin quelque soit le candidat.

Préambule : je m’étais un peu éloigné d’Europe Ecologie car globalement j’ai été assez déçu tant d’un point de vue du fonctionnement que  sur les questions de fond, très peu abordés au niveau du CAPR (l’équivalent du conseil fédéral au PS) où l’essentiel du temps a été consacré aux statuts et aux échéances électorales…  Bref…

Il y a encore quelques semaines, je pensais avoir raccroché la casquette du militant  impliqué après avoir franchi la porte d’Europe Ecologie en décembre 2012 et j’ai replongé à cause d’un copain qui m’a demandé un coup de main. Le hasard a fait que Nadir soutient la motion Cohen-Bendit/Bové (très drôle le billet de Denis), ce qui tombait bien ayant moi-même poussé la porte d’EE du fait de ces protagonistes et aussi d’Eva Joly.

Vous ayant narré régulièrement les errements du PS, il me semble logique de vous parler de ceux d’Europe Ecologie Les Verts et il y a pas mal de choses à dire.

Tout d’abord, toutes mes félicitations aux têtes d’oeufs du national qui ont réussi à mettre un congrès régional un dimanche après midi (13h-19h30, minuit c’était bien aussi…) de fête des mères. Franchement bravo, c’est une technique assez intéressante pour séparer le bon grain militant de l’ivraie adhérente. Il est vrai que devant l’afflux massif de nouveaux visages -dans tous les partis-, il était important d’envoyer un signal fort aux citoyens, militer cela doit rester l’apanage de quelques uns… et il serait particulièrement fâcheux de laisser à penser que le débat politique ne peut se faire autrement que sur le mode du sacerdoce et du sacrifice de sa vie privée.

Autre point fort intéressant, on ne peut voter que le jour du vote sur le lieu du congrès régional sachant qu’un présent ne peut avoir qu’un mandat (fort heureusement)… en terme de bilan carbone, c’est assez intéressant surtout dans une région comme le Nord Pas de Calais. Et ici pour compliquer un peu plus la chose, il a lieu à Béthune, ce qui facilite encore un peu plus la chose pour utiliser le train. C’est vrai que faire procéder au vote dans les groupes locaux quelques jours avant le congrès régional est une hérésie. Mais bon passons et que dire du vote par Internet ou par correspondance, dès lors qu’on s’en tient à un scrutin régionalisé.

Oui déjà à ce stade vous décrochez et encore, je vous épargne le distinguo adhérent/coopérateur (ce dernier ne peut pas voter) quand tu donnes de l’argent à Europe Ecologie Les Verts.

Ubu est passé par là et il repassera par ici.

Ayant une petite expérience des us et coutumes du monde politique, naïvement, je pensais que dans le cadre d’un congrès, certaines pratiques fondant la base démocratique avait cours dans un mouvement quel qu’il soit. Avec notamment, un semblant d’équité pour les différentes sensibilités « en compétition » puissent s’exprimer et aux adhérents faire leur choix en toute connaissance de cause – au PS, ça se passe comme ça même si on sait que les dés sont pipés dès le départ-. Et bien, force est de constater que je me suis trompé dans les grandes largeurs.

Aussi, en général on organise une réunion avec les mandataires des différentes motions pour fixer les modalités d’organisation du dit congrès. Et bien non, dans le Nord Pas de Calais ce n’est pas possible, comme on est branché TIC, ça ne se passe que par mail et encore 15 jours avant sa tenue. Ce qui laisse peu de place pour débattre.

De même on pourrait penser que le minimum pour une organisation démocratique est de t’astreindre à organiser des réunions dans les groupes locaux et/ou tout au moins une réunion dans chaque département pour offrir un débat entre les motions et les adhérents. Et bien non dans le Nord Pas de Calais ça ne se passe pas comme ça alors bien sûr on se donne bonne conscience en invitant les groupes à faire ces temps mais bon ça reste optionnel. Alors, il nous reste les mails pour débattre, on est moderne à Europe Ecologie Les Verts.

Voilà quelques exemples des bonnes pratiques mises en place dans la région. Il va s’en dire que l’addition de tout cela permet de connaitre les résultats à l’avance comme au PS en somme mais à cette notable différence, au moins on y met les formes.

De fait, vous pourriez vous dire que si je ne suis pas content et bien je n’ai qu’à retourner au PS. Oui effectivement mais je persiste à penser que l’approche des socialistes est obsolète (à quelques rares exceptions comme Arnaud Montebourg) de part une vision marquée par le productivisme économique. Et c’est aussi pour cette raison que j’avais quitté le PS sans regret et avec quelques espoirs… vite déçus.

En somme tout aura été fait pour faire de ce moment important (surtout pour un nouveau mouvement) un non évènement, un non congrès. Pas certain que cela soit un signal positif aux adhérents et à celles et ceux qui auraient tenté de franchir la porte d’EELV.

C’est pourquoi, ce dimanche, je vais défendre la motion Construire une Ecologie pour Tous et Toutes emmenés par Daniel Cohn Bendit et José Bové… au final, c’est tout simplement pour approfondir la démarche initiée Europe Ecologie et non la réduire à Europe Ecologie Les Verts. Au passage, n’étant pas tombé de la dernière pluie, pas la peine de me dire « eux ce n’est pas mieux », si d’aventure je suis amené à m’exprimer sur les comportements de CETT au niveau national, je ne manquerai pas de le dire également.

Ah oui et si certains étaient tentés de dire que « comme à son habitude Marc Vasseur ne fait pas de propositions »… déjà il y en a quelques unes dans ce papier… enfin à moins de penser que l’équité dans le débat démocratique est optionnelle… et par ailleurs, j’ai quelques éléments en réserve sur un certain nombre de propositions que j’avais pu faire tant au niveau d’Europe Ecologie ainsi qu’au niveau des politiques de la région (faites après les élections…).

Si le tremblement terre de l’affaire DSK est derrière nous, il serait cependant illusoire de croire qu’il n’y aura pas de répliques fortes sur la monde politique français, sur la gauche en général et  sur le Parti Socialiste en particulier. Nul doute d’ailleurs que cette affaire aura également des répercutions fortes sur le traitement fait par les médias, allons-nous vers une démocratie plus « protestante » où la ligne de démarcation entre vie privé et vie publique pour nos représentants sera plus ténue ? Sur ce point, la Présidentielle apportera probablement un début de réponse.

Pour en revenir à la question des partis politiques, il faut garder en tête que cet évènement intervient dans un contexte particulièrement lourd : une montée continue et inquiétante de l’abstention - d’autant plus inquiétante que l’élection de 2007 marquée par un certain changement génération et un espoir bien réel porté par les différents candidats (Royal, Bayrou mais aussi Sarkozy, il ne s’agit pas de juger de leur « pertinence »)  aura débouché sur de fortes désillusions - ; des enquêtes d’opinion très défavorables vis à vis du monde politique ; des partis politiques qui se vident de ses militants et s’assèchent sur le terrain des idées à force de décourager bon nombre d’intellectuels pourtant indispensables à la compréhension d’un monde de plus en plus en complexe.

Militant au parcours contrarié – du PS à Europe Ecologie (je n’arrive toujours pas à rajouter Les Verts)-, j’ai moi aussi été profondément touché à l’annonce de cette nouvelle dramatique. Loin d’être un fan de Dominique Strauss Khan, je m’étais pourtant fait à l’idée d’un vote utile de « combat » , préférant à tout prendre continuer à mener à veille militante sur certains penchants d’une sociale-démocratie vieillissante que de me trouver confronter à un impossible choix entre Nicolas Sarkozy et Marine Lepen. Dès lors, ce « deuil » passé, il me faut m’interroger sur ce prochain printemps.

Martine Aubry a décidé jusqu’à présent de maintenir le calendrier de la primaire du PS. Je crois qu’elle fait bien car si le PS affiche une certaine unité depuis Reims, alchimie tenant pour l’essentiel sur ce fameux pacte de Marakesh et cette fameuse primaire. On peut penser qu’un passage en force au nom de cette unité aurait pu faire renaitre des conflits ouverts entre les différents protagonistes. D’autant plus facilement que l’élection de Martine Aubry en 2008 est pour le moins contestable et un François Hollande en passe de réussir l’impensable en laissant, après dix ans à sa tête, un parti anémié.

A ce stade, je dois avouer une certaine incrédulité sur l’hypothèse de la candidature de la Première Secrétaire. En effet, je crains que celle-ci fasse également les frais d’une campagne très dure avec plusieurs handicaps alors même que sa campagne n’est pas lancée : une légitimité acquise dans les doutes, des non-choix à Hénin Beaumont ou dans l’affaire Guérini et une proximité trop criante avec DSK où la montée du « tout le monde savait » peut lui être préjudiciable. Il y a enfin dans une course à la Présidentielle un autre critère -peut être le plus important d’entre tous- celui de l’envie hors le moins qu’on puisse dire, c’est qu’elle n’en a jamais fait part bien au contraire.

Alors si le Parti Socialiste veut espérer emmener l’un des siens à l’Elysée, il n’y a à cette heure qu’une seule solution crédible… François Hollande. Je le dis avec calme , d’autant plus que je n’ai jamais été tendre avec ce dernier lorsqu’il était encore à la tête du PS, cependant la situation semble exiger qu’on fasse fi de ses propres considérations à la seule condition néanmoins que celui-ci s’affranchisse de certaines de ces prédispositions. Oui il y a le projet peu enthousiasmant du PS mais celui ne peut être considéré l’alpha et l’oméga d’un projet alternatif et surtout il me semble nécessaire qu’il s’inspire des intuitions de François Bayrou en matière de pratiques politiques et mette en place les conditions de leurs mises en application – ce que Bayrou a été incapable de faire à l’intérieur du Modem -.

Ce profond renouvellement démocratique passe bien avant la présidentielle par des initiatives fortes en direction d’autres partenaires (EELV, CAP21 et d’autres) et les citoyens. Le temps des péniches entre deux tours (cf l’entre deux tours des cantonales) est révolu, et pour être crédible cela implique de co-construire une alternative rapidement dans un cadre nouveau en ouvrant au maximum de ce type d’initiative (oui il s’agit bien de remettre au gout du jour le concept de démocratie participe en l’améliorant).

Le traumatisme subit est énorme pour bon nombre de citoyens aspirant à voir partir Nicolas Sarkozy, il est donc important de nous redonner un minimum d’espoir et celui ne peut passer exclusivement par les médias.

Et ce d’autant plus que les partis politiques – de gauche ou de centre gauche- sont dans des impasses où on peine à entrevoir une rénovation à minima tant les jeux politiques ont pris le pas sur les idées. A cet égard, l’exemple d’Europe Ecologie est significatif. Alors que Daniel Cohn Bendit et José Bové étaient parvenus avec les Européennes à changer l’image de l’écologie politique incarnée par les Verts en un partie plus ouvert, avec le soucis de sortir des seules problématiques écologiques ; deux ans plus tard, force est de constater qu’il est incompréhensible dans son fonctionnement au commun des mortels – sans même aller très loin, qui peut comprendre cette notion d’adhérent, de coopérateurs ?

Au fond avec cette déchéance brutale de DSK, il semble qu’on assiste à la mise à mort des partis politiques dans leur format traditionnel, incapable de remettre à plat leur organisation, leur mode de communication, de remettre en place des lieux éfficient de débats. Ils sont passés complètement au travers d’une aspiration à une démocratie moins « verticalisé, capable d’interagir davantage entre ses représentants et ses « électeurs » et de renouveller plus rapidement ces dirigeants afin de limiter ce phénomène de caste tant décrié aujourd’hui – au delà des faits commis par le patron du FMI -.

Oui, il serait trop simple de reprocher la « fin du monde » à DSK, l’ensemble des partis politiques doivent prendre leur part de responsabilité dans cette faillite morale qui est aussi une faillite politique.

Alors, aujourd’hui, « du passé faisons table rase » afin de construire des espaces politiques innovants plus en phase avec les mouvements de la société, cela ne pourra se faire sans nous. Comme pour DSK, je ne saurai donné un blanc-seing à un candidat de gauche quel qu’il soit.

Et pour l’heure, c’est aux partis politiques de prendre des initiatives fortes loin de leur siège.

04. mai 2011 · 9 comments · Categories: Politique · Tags:

Dans le cadre de la préparation du congrès d’EELV et suite à de nouveaux propos peu sympathiques à son endroit, Daniel Cohn Bendit a décidé de réagir par une lettre à la fois très personnelle et très politique.

Lettre de DCB que je partage sur de très nombreux points.

Non, je ne suis pas un OVNI dans l’espace d’Europe Ecologie.

Il y a décidément, beaucoup de gens qui voudraient réduire le débat politique autour du congrès à un « affrontement Cécile-Dany » sur un air de « je t’aime moi non plus » des plus classiques mais servi à froid. D’un côté, le vieux mâle chauvin, politique en fin de course, centriste pour ne pas dire de droite et plus libéral que libertaire. De l’autre, une jeune femme incarnant l’avenir radieux de l’écologie politique, naturellement de gauche, intrépide, sans complexe ni respect. Cette musique, je la connais.

Ca me rappelle le « politique dégage, le vieux monde est derrière toi! » Quant au respect, aucun problème, je n’en revendique aucun ni pour moi personnellement, ni pour mon image ou vis-à-vis de mes fonctions. Ceci étant dit, je crois néanmoins que cette interprétation manichéenne et personnalisée du débat politique est non seulement fausse mais qu’en plus elle aboutit de facto à la dépolitisation des enjeux du congrès.

J’aimerais à présent répondre à toute une série de questions qui fusent de part et d’autre.

La première étant: « Pourquoi tirer la liste du Bureau exécutif et ne pas postuler au poste de secrétaire national ?

J’ai personnellement une grille de lecture sur le cumul des mandats qui n’est pas bureaucratique mais pratique. Pour rappel, je suis, avec ma collègue Rebecca Harm des Grünen, coprésident du groupe des verts au Parlement européen, entre autres responsable du personnel du groupe. Mon espace d’intervention politique se situe à Bruxelles et à Strasbourg. Ma responsabilité politique se concentre avant tout sur l’Europe des 27 mais pas seulement.

J’interviens également dans des pays avec lesquels l’union européenne a des relations privilégiées, des accords d’association etc. Bref, du Maghreb, en passant par la Russie, la Turquie, les Etats-Unis voire même la Chine de temps à autre, le champ d’action me semble déjà suffisamment vaste pour ne pas l’élargir davantage.

Un ou une secrétaire national doit s’exprimer et vivre dans l’espace politique national, être présent dans tous les débats hexagonaux et pouvoir intervenir à tout moment aussi bien dans le cadre institutionnel traditionnel que dans les débats de société. Un cumul des deux fonctions est donc naturellement et politiquement impossible. J’ai mené une campagne européenne en définissant mon utopie pour l’Europe. Par respect pour les électrices et électeurs qui nous ont permis d’engranger le succès que nous avons connu, il est impensable que je démissionne de mon poste de coprésident de groupe. De plus, je tiens à rappeler que je vis à Francfort.

J’ai une conception de la vie qui ne se réduit pas à la politique. J’accorde une importance incommensurable aux relations personnelles, familiales, …

Je ne veux ni ne peux aliéner ma vie pour la politique. Autant dire d’emblée que je ne peux tout simplement pas envisager de m’installer à Paris en laissant ma vie à Francfort. Ne pouvant ni ne voulant cumuler les deux fonctions, il m’est donc, par « conception de vie », impossible d’être secrétaire national. J’ai mené une campagne européenne, non pour devenir un acteur incontournable de la vie politique française mais un acteur – que j’espère incontournable -de la vie politique européenne. Mais alors, « pourquoi être candidat au BE » ?

Pour le comprendre, un détour historique s’impose.

Depuis notre succès aux élections européennes, je me suis battu pour qu’Europe Ecologie devienne « La » formation de l’écologie politique intégrant les Verts tout en les dépassant. Déjà pendant la campagne, nous avons constaté que cette idée de développer une organisation d’un type nouveau entrait en conflit avec la compréhension du rassemblement qu’avaient les dirigeants des Verts.

Aux journées d’été de Nîmes alors que l’enthousiasme pour Europe Ecologie battait son plein, la direction des Verts a bloqué toute possibilité de lancer une authentique campagne d’adhésion à EE. Ne voulant pas sacrifier les chances d’Europe Ecologie-les Verts aux élections régionales, nous avons été plusieurs à nous plier à la déraisonnable « raison » politique.

Nous n’avons pas manqué de mener des batailles pour préserver l’esprit innovateur du rassemblement Europe Ecologie. Malheureusement, nous les avons presque toutes perdues.

Les raisons sont multiples mais il est évident que dans le rapport de force avec « l’appareil Vert », nous ne faisions pas le poids. Tout le monde se souviendra de ma réaction aux universités d’été de Nantes quand je me suis opposé à ce que le rassemblement Europe Ecologie-les Verts soit incarné simplement par la secrétaire nationale. Nous avons dû nous battre pour une présidence de Jean-Paul Besset avec les résultats que nous connaissons. Au bout du compte, nous nous retrouvons dans la situation que j’avais pressentie à Nantes:Pour moi, Europe Ecologie-les Verts ressemble beaucoup plus au mouvement politique « les Verts » un rien amélioré qu’à cette organisation politique inédite que j’avais imaginée et qu’Europe Ecologie pourrait incarner.

Après plusieurs discussions à l’automne dernier, je me suis aperçu que je n’étais pas le seul déçu. Aussi bien en interne qu’en externe, la déception par rapport à ce qu’est devenu EE est manifeste. Quand en mars de l’année dernière j’ai lancé l’idée de la coopérative, je n’avais pas mesuré la capacité de nuisance de la direction actuelle des Verts. J’ai ainsi dû me rendre à l’évidence: l’idée de coopérative avait été détournée pour devenir un appendix inconsistant du parti « les Verts ». 10000 à 12000 adhérents à Europe Ecologie contre 2000 adhérents à la coopérative, c’est en l’état un échec. Nombreux ont été ceux qui m’ont demandé de formuler une alternative et de lancer le débat sur cet échec au prochain congrès. Les déçus qui sont restés à EE m’ont également sollicité afin de structurer un mouvement d’opinion pour le congrès.

Son objet serait, non pas une ligne politique, mais une autre conception de la politique.

Ce n’est qu’à partir du moment où j’ai accepté, à contre-coeur je l’avoue, de m’impliquer dans la bataille du congrès que la motion que nous défendons a pris corps. En bref, il me paraît logique de défendre une autre idée de l’organisation à l’occasion du prochain congrès. Je ne m’attarderai pas sur les critiques m’accusant de rechercher une gauche à l’américaine ou de refuser un mouvement plus structuré dans la mesure où elles sont purement et simplement fausses.

J’ai en tout cas l’intime conviction qu’aujourd’hui un mouvement politique ne peut pas demander à ses militants de se sacrifier pour l’organisation. Les projets de vie dans notre monde moderne ne correspondent plus au fonctionnement des organisations politiques traditionnelles.

Avec son fonctionnement pseudo-démocratique – qui, pour moi, ressemble plus à un contrôle bureaucratique qu’à une démocratie- le parti « les Verts » est rédhibitoire pour un grand nombre de personnes qui aimeraient pourtant s’engager dans le combat de l’écologie politique.

Je suis convaincu qu’aujourd’hui nous pourrions être entre 30 000 et 40000 si nous étions plus ouverts et accueillants, moins renfermés sur nous-mêmes et plus solidaires. Pourquoi un simple « clic » ne peut suffire pour être adhérent et qu’il faut en passer par « l’inquisition de la validation » de la part d’un comité politique régional? Comment ne pas y voir une forme de discrimination quand on sait qu’il faut être « Vert » pour avoir le droit de devenir automatiquement adhérent à Europe Ecologie? Pourquoi ne peut-on pas adhérer à la coopérative sans passer par « EELV »?

Et j’en passe sur le parcours du combattant qui attend toute personne cherchant à s’impliquer dans le mouvement… Derrière cela, on retrouve évidemment une certaine conception de la politique et de la vie qui n’est pas la mienne.

Et quoi de plus rassurant pour un « dirigeant Vert » que de pouvoir compter sur un « bon Vert combattant » qui a su se plier aux rites initiatiques ou sur celles et ceux que des promesses de pérennisation au sein de la structure auraient amadoués…Et c’est là qu’on a envie de lancer un nouveau « Indignez-vous! » tonitruant…

En tout cas, sachez que je suis prêt à continuer à participer aux débats d’un bureau exécutif ou aux négociations avec la PS si la majorité ou/et les fusions qui émergeront du congrès l’estiment nécessaire. Ni plus ni moins.

Certains diront « Mais, tout ça, c’est du baratin! Pourquoi n’as-tu pas, comme les autres députés, reversé les 1200 euros?

Comme je l’ai dit et répété, mon statut de candidat allemand vivant à Francfort tout en étant tête de liste en Ile-de-France et dont le domicile français se trouve dans le Sud, a généré des dépenses spécifiques qui ne pouvaient être prises en charge ni par le Parlement européen ni par le parti.

Je n’en ai jamais fais l’étalage mais puisqu’on me demande de rendre des comptes, je le fais. J’ai par conséquent dû financer de manière privée une grande partie des frais occasionnés par la campagne européenne. Entre autres, j’ai dû louer un logement à Paris, payer un nombre d’aller-retour hebdomadaires en Allemagne – La politique et de la vie, comme je disais plus haut …

Au contraire de tous les autres candidats, aucun téléphone portable remboursé via les frais de campagne n’a été mis à ma disposition. Au total, ce sont près de 31 200 euros que j’ai donc dû débourser. Par ailleurs, je dois aussi mentionner mes différentes contributions financières aux initiatives « Europe Ecologie » après les élections européennes dans la mesure où nous n’avons pas pu obtenir le soutien du côté des Verts.

Enfin, je tiens à rappeler que suite à la mauvaise gestion des Verts au moment de la campagne de 1999, je me suis retrouvé, en tant que tête de liste, avec un procès et une somme colossale de dommages et intérêts à verser suite à un problème de non conformité des affiches électorales….Je remercie d’ailleurs l’actuel trésorier d’avoir, 10 ans plus tard, trouvé une solution à cette affaire. Bref, je n’ai aucune confiance dans les capacités de gestion des Verts. C’est l’une des raisons pour lesquelles j’ai préféré assumer moi-même un certain nombre de dépenses et dès lors décidé -unilatéralement comme on me le reproche aussi- de commencer à reverser une fois que j’aurai récupéré tous les frais encourus. Je suis conscient du fait que notre position au congrès a quelque chose de contradictoire car nous parlons aux noms des adhérents qui sont déçus et de ceux qui n’ont pas adhéré en raison de leur déception. Malheureusement mais logiquement ne voteront que les adhérents.

J’espère néanmoins que ce congrès nous permettra de prendre conscience des multiples déficits tant au niveau du fonctionnement que du point de vue politique.

Dernier point. Certains ont une adoration particulière pour la rengaine: «  Si Dany est de retour en France et cette fois à la charge avec Europe Ecologie, c’est parce qu’il a des problèmes avec les Grünen en Allemagne «  Si ça peut en rassurer certains, sachez que j’ai eu, que j’ai et que j’aurai toujours des problèmes avec toute organisation dont je suis membre. C’est viscéra  l!

Par exemple, j’ai un problème avec la motion que je défends car j’aurais aimé que Yannick Jadot figure sur la liste du bureau exécutif puisque, à mon sens, il fait partie de ces personnalités capables de représenter l’avenir politique de l’écologie en France.Malheureusement, cela n’a pas été possible.

Autre exemple, cette motion défend la nécessité d’une candidature écologiste pour les présidentielles. Tout le monde connaît mes réticences sur ce point mais j’ai finalement accepté de reprendre cette idée à mon compte quitte à faire le bilan quelques mois avant les élections. Quelques précisions enfin concernant mes ultimes débats aves les Grünen. Tout d’abord, au moment de la crise libyenne, j’ai réagi fortement contre la position du parti dans la mesure où il renouait avec un pacifisme incompréhensible en soutenant la position du gouvernement allemand. Je ne connais pas la position des uns et des autres, de toutes les motions, etc.

Mais en tout cas, très tôt j’ai défendu la nécessité d’une intervention en Libye afin d’aider les rebelles contre le dictateur fou, ancien copain de Nicolas Sarkozy, Gaddafi. Et pour la petite histoire, il faut savoir qu’après de multiples interventions et une révolte du groupe parlementaire des Grünen contre la direction, la position du parti a fini par évoluer. Autre friction, au moment du débat sur la sortie du nucléaire qui a suivi la catastrophe japonaise. Je suis intervenu publiquement pour dire que si la chancelière était peu crédible dans son revirement de position, le ministre de l’environnement chrétien-démocrate m’avait pour sa part impressionné en expliquant à la TV qu’après Fukushima on ne pouvait plus parler du nucléaire comme avant. Les Grünen étaient alors en campagne électorale dans le sud de l’Allemagne.Vu l’importance de cette élection, certains ont jugé inopportun d’accorder une telle crédibilité au ministre d’un parti concurrent. On peut longuement en discuter… Mais là aussi et, une fois de plus, ce genre d’attitude ne correspond pas à ma conception de la politique.

Si l’on veut faire de moi un simple adhérent à un parti ou un militant docile, c’est non seulement une erreur mais c’est surtout impossible! Il faut donc arrêter de chercher midi à 14 heures! C’est notre liberté d’esprit et de langage qui a fait notre force pendant la campagne européenne.

Au moment de la campagne régionale, nous étions déjà redevenus nettement plus traditionnels. Et je ne peux d’ailleurs m’empêcher de repenser à cette grande envolée lyrique qui a vu le jour en Ile-de-France avec l’épisode de la « région village » repris en coeur par toutes les régions- Notez l’ironie… Un concept qui, par bonheur, a explosé en vol dans la semaine.Soit!

Au final, la balle est dans le camp des écologistes et nous serons les seuls responsables de l’avancée ou du déclin de notre projet. Par conséquent, putôt que de chercher à personnaliser le débat, utilisons notre énergie à confronter nos idées aussi différentes soient-elles. Honni soit qui mal y pense...

Daniel Cohn-Bendit Mai 2011

Si un corbeau ne fait pas l’hiver, il serait tout de même urgent que l’opposition et ses « leaders » prennent la mesure ce qui pourrait se passer au cours des prochains mois, un nouveau 21 avril 2002 et ce dans la même configuration alors qu’il y a encore quelques semaine, on l’envisageait à l’envers.

Le dernier sondage en date d’hier montre une Marine Lepen s’installant paisiblement dans le paysage politique français puisqu’elle serait présente au 2nd tour de 2012 quelque soit le cas de figure. Alors si certains pensent que c’est déjà joué avec un Nicolas Sarkozy KO, il convient de noter que ce sondage se base sur une hypothèse très aléatoire avec les présences de Jean-Louis Borloo et de Dominique de Villepin au 1er tour (Borloo entre 7 et 1à%, Villepin entre 3 et 6, ce qui de fait augmente Sarko si ces deux là ni vont pas – on fait comment pour qu’ils y aillent on croise les doigts, on brule des cierges ?). Aussi, si Borloo et DDV n’y vont pas, on peut raisonnablement penser que ça favorise Sarko et donc l’éventualité d’un 2 tour Sarko/Lepen est loin d’être une vue de l’esprit.

Dès lors, qu’on le veuille ou non, la présence d’un leader capable de présenter une alternative au second tour est pour l’heure loin d’être une certitude, loin s’en faut et même dans le cas où Dominique Strauss Khan décidait de descendre de son Aventin.

Alors oui, aujourd’hui plus qu’au lendemain des cantonales se pose la question d’une large primaire allant de Melenchon à Corinne Lepage ou tout au moins d’Europe Ecologie à Cap 21 en passant par le PS et pourquoi pas avec le Modem avec en parallèle, des discussions approfondies sur un projet alternatif au sarkozysme.

Je le dis d’autant plus sereinement qu’il serait assez malvenu de me dire, au regard de mon parcours militant, que je roule pour le Parti Socialiste et son candidat et jusqu’à plus ample informé je ne suis en recherche d’aucun sous-strapontin sous les ors d’un nouveau pouvoir.

En 2002, Lionel Jospin fort de son bilan a péri du fait d’un autisme avéré. En 2007, l’élection imperdable a été marqué par un PS globalement absent de la campagne. En 2012, il se peut qu’on assiste à un nouveau naufrage par l’effet conjugué de l’autisme persistant du PS et d’égos démesurés émanant de tous les partis de l’opposition.

Et si primaire ouverte il devait y avoir, il est évident pour moi qu’elle ne pourrait se faire sur un blanc-seing mais bien sur les bases d’une co-construction des partis et des citoyens… oui je sais, c’est compliqué mais à en juger par ce dernier sondage, on ne peut pas dire que le projet du PS ait soulevé un quelconque tsunami.

Il serait grand temps que les dirigeants de la gauche et du centre (je ne parle pas de Borloo puisque ce dernier se voit dans tous les cas allié à l’UMP) s’en rendent compte.


Stop21avril – le clip par stop21avril

Nicolas Hulot annonce sa candidature demain et de fait depuis quelques heures c’est l’effervescence chez les supporters d’Eva Joly. Alors bien sûr, cela ne concerne qu’un cercle très restreint de personnes, EELV ayant décidé de faire des primaires entre militants de bonne compagnie et certainement pas avec d’affreux citoyens mus par les plus bas instincts de l’entrisme politique (trotskiste, socialiste, borlooiste ouais ça existe…).

Donc de fait, ce record de participation offrira au vainqueur une vénérable légitimité de conseil général.

Il y a quelques jours, je m’étais déjà un peu étonné sur l’attitude des Verts d’une part en s’ouvrant comme une huitre – le PS fait limite open bar avec sa primaire- et d’autre part sur la concomitance des primaires et du congrès d’EELV. J’avançais que cet embouteillage au  niveau du calendrier pouvait laisser présager une certaine confusion sur les enjeux, même chez de valeureux militants.

En effet, au risque d’apparaitre pour un benêt, je voyais le congrès d’une organisation politique comme l’occasion de fixer un cadre politique mais aussi de réfléchir aux moyens et outils pour faire progresser la visibilité des idées défendues. D’autant plus pour un parti qui reste encore très friable sur son organisation – bien entendu, je ne parle pas d’EELV. Et une primaire, c’est quoi ?  A mes yeux, un temps donné pour permettre aux candidats putatifs d’incarner un projet débattu par ses militants et augmenté par les propositions de l’Elu. Ouais, ça ressemble à des trucs qu’on peut voir ailleurs mais chacun sait que si l’intention est plutôt correcte, ça peut vite dégénérer pour des raisons connues de tous mais dont on ne doit jamais parler. Mais le préalable d’une primaire, c’est déjà d’avoir une structuration assez efficiente.

N’ayant pas pris du recul depuis 10 ans (depuis novembre en fait), j’ai dû un peu louper tous ces épisodes préparatoires au sein d’EELV ou alors ça se déroulait dans la pièce d’à coté. Certains m’ont dit mais si fallait venir tel jour à telle heure – tu connaitrais le projet d’Eva Joly… Bien, bien donc comme pour les autres partis, on fait pareil et on oublie qu’accessoirement, il y a -aujourd’hui- d’autres outils que la sempiternelle réunion (c’est utile, je n’en disconviens pas mais cela ne peut plus être considéré comme l’alpha et l’oméga de la vie politique). Juste entre nous – oui l’audience de ce blog reste confidentielle -, à plus de 60% d’abstention, il serait peut être temps de se poser des questions et d’essayer des choses un peu nouvelles. Ah oui, c’est pour ça aussi que j’avais franchi la porte d’Europe Ecologie et certainement pas pour faire le groupie d’Eva Joly ou de Nicolas Hulot.

Car c’est bien là, mon autre souci, cette personnalisation amplifiée par l’apparition d’un badge débile sur la toile symbolisant la candidature de Joly par une paire de lunette rouge et un slogan dévastateur « Pour moi, c’est Eva »… Alors oui, EELV devient un parti obnubilé par la Présidentielle, on est désormais à un stade avancé du syndrome de présidentialisation qui touche tous les partis politiques. Hélas, je ne suis pas certain que cela aide le citoyen quelque peu intéressé à la politique à s’y attarder longtemps, j’aurai même tendance à penser que cela participe à la dépolitisation.

En effet, si je peux concevoir que mon rapport à la politique est un peu atypique, je pense néanmoins que je ne suis pas le seul à avoir fait une croix sur l’homme ou la femme providentielle. Aussi, j’avoue que cette nouvelle approche de la politique par EELV me dérange car fondamentalement, je reste très méfiant vis à vis de la Veme République et de l’élection Présidentielle or  je pensais qu’il en était de même pour une grande majorité des militants d’Europe Ecologie.

Au fond, j’avais espéré en rejoignant Europe Ecologie y trouver une sorte « d’intelligence collective » propulsée par quelques individualités – oui, il en faut aussi- en s’ouvrant à des problématiques nouvelles, en se débarrassant un peu de la seule lecture droite/gauche/centre ; malheureusement, j’ai un peu le sentiment que cet espoir se délite inexorablement. Il n’est pas encore trop tard mais la pente est rude…

PS : je ne roule pas pour Nicolas Hulot. Tout le problème de ce calendrier est là, si tu dis que tu trouve ça ubuesque… fatalement tu roules pour Hulot… Or pour le coup et surtout après les cantonales, il y a d’autres choses à penser que de savoir qui va aller à la Présidentielle. Le manichéisme recule ou alors il arrange bien :)