Ci-dessous, les propositions d’Attac pour faire face à cette nouvelle crise… ou plutôt à cette crise qui perdure depuis quelques années maintenant. C’est un bon début pour un programme d’opposition… oui on peut rêver….

Communiqué de presse.

A Fribourg (Allemagne), plus de 1300 militants des Attac d’Europe sont réunis pour passer au crible l’état catastrophique de la finance mondiale et travailler à la formulation d’alternatives.
“ Il ne sert à rien de dire “on vous avait prévenus”  – quoique ce soit vrai. L’important est de proposer des mesures concrètes pour que les peuples et la planète aient enfin la priorité sur les profits scandaleux d’une minorité. Nos propositions sont crédibles et seront efficaces si nous parvenons à les imposer”, déclare Susan George, présidente d’honneur d’Attac France.
Selon Hugo Braun, d’Attac Allemagne, l’un des organisateurs de l’évènement, “pendant plus de 10 ans les politiques ont ignoré nos revendications pour un contrôle démocratique des marchés financiers. Même s’il y a des débats actuellement pour une meilleure régulation financière, la mise en place effective d’une taxe sur les transactions financières et d’autres outils régulateurs est encore éloignée. Malgré les beaux discours du G20, les réformes prises depuis 2008 sont timides et la plupart restent à mettre en oeuvre”.
La panique a gagné à nouveau les marchés financiers suite à la dépréciation de la note des Etats-Unis par les agences de notation. Pourtant  les niveaux insoutenables de la dette américaine ou europénne sont notoires depuis longtemps: le krach n’est qu’une nouvelle preuve de l’irrationalité des marchés. Les rumeurs d’une dégradation de la note de la France ont ensuite aggravé la spéculation.
“Nous disons aux citoyens: ne soyez plus spectateurs, devenez acteurs ! Rejoignez les mouvements qui construisent des alternatives à la crise et agissent pour un monde meilleur ! La mobilisation est la meilleure manière de permettre que chacun vive une vie décente dans une société soutenable”, conclut Cristina Asensi, membre d’Attac Espagne et du mouvement des Indignés.

Attac exige:

  • L’introduction immédiate d’une taxe sur les transactions financières pour bloquer la spéculation;
  • L’interdiction immédiate et définitive des armes de spéculation massive, à commencer par la vente à découvert et les CDS.
  • La fin des sauvetages sans conditions: les banques renflouées devront être nationalisées et placées sous contrôle démocratique. Elles seront au service des besoins sociaux, pas des actionnaires privés.
  • Toutes les institutions financières “trop grosses pour faire faillite” doivent être découpées en banques à taille humaine ;
  • Non aux mesures d’austérité, oui à de nouvelles recettes publiques. Les services et investissements publics doivent être rénovés et développés. Les mesures fiscales doivent viser à la fois la redistribution des richesses et l’augmentation des recettes.
  • La dette publique doit faire l’objet d’un audit citoyen; la dette illégitime doit être annulée
  • La Banque centrale européenne doit être mise sous contrôle démocratique. Il faut réviser son mandat de façon à lui permettre le financement direct des Etats membres de la zone euro.
05. mai 2011 · 6 comments · Categories: Politique · Tags: , ,

Hier soir, Nicolas Hulot était de passage à Lille, une occasion pour moi de me faire ma propre idée sur le bonhomme sans à priori… J’avais un peu le même état d’esprit lors de ma première rencontre avec Corinne Lepage, pourquoi un être individu ne pourrait-il pas évoluer dans sa reflexion ? J’avais lu le dernier bouquin de Lepage pour l’occasion et pour cette fois, j’avais parcouru quelques uns des propos de l’ex animateur de TF1 pour essayer de comprendre son cheminement.

Alors que retenir de ces deux petites heures de rencontre avec une soixantaine de militants écologistes ?

Tout d’abord, j’ai trouvé un Nicolas Hulot humble, avouant sans détour qu’il n’avait pas réponse à tout et que sur certains sujets il travaillait encore. C’est une chose suffisamment rare dans un monde politique – même si ce n’est pas un politique – pour être souligné. Et autant le dire dès maintenant, il m’a semblé sincère bien loin de certaines caricatures dont on peut l’affubler ou d’arrières pensées peu amènes.

Bref, sans être bouleversant, ce fut un moment fort intéressant à défaut d’être enrichissant – mais ce n’était ni le lieu, ni le moment-.

Maintenant sur le fond.

Tout d’abord Nicolas Hulot a souhaité désamorcé la petite phrase qu’on lui a attribué un peu rapidement disant qu’il pourrait dans tous les cas y aller seul. Il a expliqué qu’il respecterait le choix de la primaire mais il a par ailleurs insisté sur la nécessité d’ouvrir davantage le corps electoral afin d’éviter de donner l’impression d’un parti »sectaire », un non sens alors que plus jamais il est nécessaire d’avoir une écologie politique ouverte. – c’est vrai que pour l’heure, à 20 euros le vote, pour un mouvement qui se veut ouvert… chercher l’erreur même si ce n’est pas la seule… – .

Concernant son parcours et ses évolutions, cela tient à deux « contraintes » qui s’amplifient chaque jour : sociale et énergétique. La première découle pour lui de la révolution engendrée par Internet. Les citoyens aspirent à l’équité, à l’égalité or les inégalités grandissantes ne sont plus supportables qui plus est elles sont connues de tous grâce à cet outil. La contrainte énergétique, elle est tout simplement physique. C’est l’emballement de ces deux contraintes qui lui ont « imposé » de se lancer dans la vie politique et donc de concourir à la primaire d’EELV.

Attendu au tournant, il n’a pas évacué la question du nucléaire et notamment de ces liens avec EDF ou d’autres groupes pour le compte de sa fondation. Je n’ai pas envie de m’étendre sur cette dernière question, j’entends simplement que son souci d’efficacité puisse amener à courir le mécène. Il a assuré que dans tous les cas, il a toujours veillé à ce qu’il ne puisse y avoir de collusion entre ses actions et ses soutiens financiers. Dont acte… 2012 c’est demain – c’est un peu comme pour DSK qui roule en Porsche… que foutent les communicants… sinon oui je connais peu de politiques importants dans le besoin même Mélenchon  (coucou Donatien) -. Concernant, le nucléaire, effectivement sa conversion à la sortie progressive de cette filière est récente, il plaide simplement qu’il n’a pas d’idée préconçue sur rien et qu’il préfère l’écoute. Jusqu’à présent, il était sensible à l’argument des ingénieurs lui disant qu’ok le nucléaire, ce n’est pas la panacée mais que dans un pays politiquement stable, le danger est proche de zéro… Et donc, c’est bien Fukushima qui l’a fait changé d’avis sur cette question.

Un point que j’aurais aimé voir développer, c’est bien ses propositions au niveau du travail. Pour lui, il ne s’agit pas de travailler plus mais de faire travailler plus et qu’il a beaucoup échangé avec Michel Rocard sur cette question (un bon point ) mais il ne s’est pas prononcé sur l’évenutalité de réduire encore le temps de travail. Il s’est également prononcé sur la mise en place d’une taxe Tobin au niveau européen ; sur ce point comme sur d’autres, il a exprimé son exaspération d’entendre encore aujourd’hui « ce n’est pas possible » avec un exemple sur les banques qui via certains mécanismes appliquent une taxe Tobin pour leur seul profit (par le biais des chambres de compensation).

Interpellé sur la question des Roms, il a élargi à la question très actuelle de l’immigration tunisienne en s’étonnant que la France ne puisse trouver de solution pour 25.000 tunisiens alors que la Tunisie tente d’accueillir dignement 250.000 libyens pour 10 millions d’habitants.

Voilà, ce que j’ai retenu de manière très subjective… Il a aussi parlé de la nécessité de renouveler en profondeur les pratiques démocratique en associant toujours plus le citoyen et l’importance de remettre de l’humain à tous les niveaux de la société -ok c’est bateau mais je discutais dehors…- .

Sur Sarkozy, marqueur incontournable de la prochaine présidentielle, il a affirmé que son projet n’était pas culturellement compatible avec la majorité actuelle. Et que si effectivement, une alliance avec le Parti Socialiste était nécessaire, elle ne pouvait se faire dans ce seul cadre et surtout pas dans le seul rapport de forces.

Si Nicolas Hulot ne m’a pas fait changé d’avis sur le fait de ne pas voter à la primaire d’EELV, au moins j’ai découvert quelqu’un bien loin de l’image qu’on se peut en avoir. Alors oui, ce n’est pas un révolutionnaire mais moi non plus, je ne le suis plus.

Au fond mon interrogation réside non pas sur Nicolas Hulot mais surtout je crains qu’une fois encore certains chez EELV veulent user une nouvelle fois de l’effet casting-j’y reviendrai- puisqu’on peut penser qu’après la Présidentielle, ce dernier retournera à ces premières occupations… D’où mon titre…

PS : Ce soir j’essaye de mettre quelques vidéos, cela dépendra de la qualité audio.

Un minaret de Sarajevo, à côté de la cathédrale... C'est beau non ?

Lundi matin, nous avons donc découvert une Suisse, à la suite de sa votation, pourvue de 57% de citoyens populistes à la lisière de la xénophobie. On aurait tort de croire que cette tendance est propre à ce pays producteur de chocolats et de banques complaisantes avec argent à l’odeur peu ragoutant (le chocolat permettant probablement de la couvrir).

En effet, dans un passé récent, 53% de Français ont porté à la Présidence de la République un personnage enclin à faire ressurgir, à chaque échéance électorale, son fond de commerce nauséeux autour du fameux triptyque insécurité-immigré-identité.

Bien sûr, les conservateurs de tous poils ne manqueront pas de réjouir de la victoire des valeurs européennes sur l’islam politique à l’instar de Roger Köppel – rédacteur en chef de l’hebdomadaire zurichois Die Weltwoche -. Il n’empêche que cette tendance dans un monde de plus en plus instable (la montée des inégalités sociales,  les conséquences à moyen terme du réchauffement climatique…), de telles poussées réactionnaires et nationalistes sont particulièrement inquiétantes.

Et ce d’autant plus qu’une fois encore, c’est le fantasme qui a été le moteur de ce vote car au final, on est loin de d’une prolifération sans contrôle du nombre de minarets… qui si on en croit Pierre-Alain Tschudi, membre des Verts suisse, il y a en QUATRE.

En France, on a échappé de peu à la polémique, certains UMPistes étant à deux doigts d’embrayer sur ce thème avant un rétropédalage probablement dicté par le locataire de l’Elysée… à quelques mois d’une échéance locale qui aura valeur de test national (il l’a d’ailleurs dit lui-même), il ne serait pas du meilleur effet de se mettre à dos une bonne partie des électeurs de confession musulmane.

Cette consigne ne semble pas être arrivée jusqu’à André Valentin qui pour l’occasion nous a fait une déclaration pour le moins ahurissante sur le thème du « 10 millions payés à rien foutre » (merci à Ronald pour avoir découpé ce passage, visible en haut à droite).

Les condamnations de l’UMP pour cette déclaration insensée sont d’ailleurs bien timides. Les prochains mois de campagne risquent d’être d’un gros, gros niveau.

Article en partenariat avec Courrier International.

Van Rompuy, nouveau grand dEurope...
Van Rompuy, nouveau grand d’Europe…

Voilà, de la fumée grise est sortie de l’aréopage des 27 de l’Union Européenne.

Oyez, Oyez, braves citoyens européens, celui qui a la charge de gouverner une entité de 500 millions d’habitants est complètement inconnu pour les autres puissances.

Petite précision didactique donnée par mon ami Antoine, le « uy » de Van Rompuy se prononce  « oeil ». Un peu comme, l’Europe, mon oeil…

Google a du chauffé en Chine et aux Etats-Unis afin qu’ils puissent savoir qui est au final ce gugus.

Franchement, on serait vraiment médisant de dire que celui qui est désormais en charge d’incarner le traité de Lisbonne fait figure de pantalonnade et qu’il est le résultat d’une vaste fumisterie démocratique.

Au moins, José Manuel Barroso ne devrait pas être trop géné par cette nomination. Deuxième certitude, les fondamentaux idéologiques du libéralisme et de la libre concurrence faussée ne seront pas mis en en péril… Même nos chroniqueurs économiques étaient d’accord sur un point… Van Rompuy est un bon bureaucrate du libéralisme.

Je ne suis pas certain qu’on puisse parler d’un grand soir européen avec cette double nomination (avec l’anglaise Catherine Ashton qui doit incarner la diplomatie européenne souvent introuvable) comme le titre le journal belge Le soir . Pour les belges,  on peut même avancer qu’ils rentre à nouveau dans un certain brouillard.

L’Europe c’est quoi… on ne sait toujours pas. C’est une avancée significative du Traité de Lisbonne.

Article écrit dans le cadre d’un partenariat avec Courrier International.

sarkozy-merkelC’est en ces termes que Nicolas Sarkozy a qualifié la 1er Guerre Mondiale…. Une simple guerre civile….

Je passe sur l’aspect quantitatif du nombre de victimes, les terme de boucherie  ou de carnage me paraissant le plus appropriés pour parler de ce douloureux épisode.

Ce qui me choque, c’est que cet individu non content de réécrire sa propre petite histoire, de se permet de refaire l’Histoire.

Alors, il ne manquera l’européiste béat de Quatremer pour se pâmer devant une telle déclaration en soulignant que Jacque Le Goff et Delors ont eux- même usé de ces mots pour 14-18 …

Seulement, j’ai un gros problème à cette époque, il n’y avait ni entité, ni nation européenne. A ce compte pourquoi ne pas parler de la 2nd Guerre Mondiale également comme une guerre civile, après tout il y avait par contre la Société des Nations Unis, justement créée au lendemain de la 1er Guerre Mondiale.

Enfin, je crois sincèrement que le mot « civil » minore l’ampleur de la déflagration à l’échelle du continent et donc par conséquent érode la mémoire collective.

Quant à la dimension héroïque de ce geste d’inviter Angela Merkel…. je préfère en rire… tellement cela me parait non grotesque mais naturel parce que je suis un européen… mais pas l’Europe de Barrso, Sarkozy et Merkel.

MAJ : Je viens de prendre connaissance de l‘article de Jean Veronis sur le même sujet (Professeur de Linguistique à Aix). et J’avoue Jean, hormis les trois premiers paragraphes qui je le concède sont sujets à polémique (normal pour ce ce blog…), je ne vois pas en quoi c’est si différent de ton analyse.

la-porte-de-brandebourgPendant que Nicolas Sarkozy s’ inventait son histoire de téléportation de Colombey-les-Deux-Eglises à Berlin au point que même la Pravda le Figaro a relevé la supercherie…  Ségolène Royal faisait un discours de grande tenue à Berlin hier…

Je ne comprends même pas comment un institut aussi prestigieux puisse l’inviter…

Si on ne peut présager d’un bilan de mi-mandat de Ségolène Royal…. au moins, on aurait pu espérer avoir quelques passages de cette intervention dans la presse nationale plutôt qu’un Président au comble du ridicule et de la vanité.

Merci à Richard Trois à qui j’emprunte cet extrait :

« Oui, le mur de Berlin est tombé, ce mur qui balafrait l’Allemagne depuis Aout 1961.

Mais d’autres murs ont été érigés.
Le mur de plus de 700 kms de long entre Israël et la Palestine, la barrière électrifiée qui sépare depuis 1953 les deux Corées, celle que l’Inde a érigé à sa frontière avec le Bangladesh, le mur qui sépare les États-Unis du Mexique, le mur de Chypre.

Il existe sur cette planète des dizaines de murs, physiques mais aussi socio-économiques, construits pour se protéger de l’autre, l’enfermer, l’encercler, le maintenir dans un ghetto, l’empêcher de se déplacer.

Ces murs tomberont un jour comme est tombé le Mur de Berlin, par la force des peuples.

Mais ces murs ne sont rien comparés aux barrières infranchissables qui enferment nos décisions. Il est plus facile de faire tomber les barricades que les barrières mentales. Des murs physiques existent mais nous savons également que des murs d’idéologies détournées enferment également le monde : le fanatisme terroriste qui instrumentalise la religion, le fanatisme économique et l’inertie écologique mènent également le monde à sa perte.

Oui, les murs invisibles existent, parfois plus coriaces que les barricades, et ils ne peuvent être abattus que par la volonté politique et par des lois, des droits et des devoirs démocratiquement partagés. »

(Au passage, je teste un livre numérique… vous pouvez me dire ce que vous en pensez.)

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