Nicolas Hulot annonce sa candidature demain et de fait depuis quelques heures c’est l’effervescence chez les supporters d’Eva Joly. Alors bien sûr, cela ne concerne qu’un cercle très restreint de personnes, EELV ayant décidé de faire des primaires entre militants de bonne compagnie et certainement pas avec d’affreux citoyens mus par les plus bas instincts de l’entrisme politique (trotskiste, socialiste, borlooiste ouais ça existe…).

Donc de fait, ce record de participation offrira au vainqueur une vénérable légitimité de conseil général.

Il y a quelques jours, je m’étais déjà un peu étonné sur l’attitude des Verts d’une part en s’ouvrant comme une huitre – le PS fait limite open bar avec sa primaire- et d’autre part sur la concomitance des primaires et du congrès d’EELV. J’avançais que cet embouteillage au  niveau du calendrier pouvait laisser présager une certaine confusion sur les enjeux, même chez de valeureux militants.

En effet, au risque d’apparaitre pour un benêt, je voyais le congrès d’une organisation politique comme l’occasion de fixer un cadre politique mais aussi de réfléchir aux moyens et outils pour faire progresser la visibilité des idées défendues. D’autant plus pour un parti qui reste encore très friable sur son organisation – bien entendu, je ne parle pas d’EELV. Et une primaire, c’est quoi ?  A mes yeux, un temps donné pour permettre aux candidats putatifs d’incarner un projet débattu par ses militants et augmenté par les propositions de l’Elu. Ouais, ça ressemble à des trucs qu’on peut voir ailleurs mais chacun sait que si l’intention est plutôt correcte, ça peut vite dégénérer pour des raisons connues de tous mais dont on ne doit jamais parler. Mais le préalable d’une primaire, c’est déjà d’avoir une structuration assez efficiente.

N’ayant pas pris du recul depuis 10 ans (depuis novembre en fait), j’ai dû un peu louper tous ces épisodes préparatoires au sein d’EELV ou alors ça se déroulait dans la pièce d’à coté. Certains m’ont dit mais si fallait venir tel jour à telle heure – tu connaitrais le projet d’Eva Joly… Bien, bien donc comme pour les autres partis, on fait pareil et on oublie qu’accessoirement, il y a -aujourd’hui- d’autres outils que la sempiternelle réunion (c’est utile, je n’en disconviens pas mais cela ne peut plus être considéré comme l’alpha et l’oméga de la vie politique). Juste entre nous – oui l’audience de ce blog reste confidentielle -, à plus de 60% d’abstention, il serait peut être temps de se poser des questions et d’essayer des choses un peu nouvelles. Ah oui, c’est pour ça aussi que j’avais franchi la porte d’Europe Ecologie et certainement pas pour faire le groupie d’Eva Joly ou de Nicolas Hulot.

Car c’est bien là, mon autre souci, cette personnalisation amplifiée par l’apparition d’un badge débile sur la toile symbolisant la candidature de Joly par une paire de lunette rouge et un slogan dévastateur « Pour moi, c’est Eva »… Alors oui, EELV devient un parti obnubilé par la Présidentielle, on est désormais à un stade avancé du syndrome de présidentialisation qui touche tous les partis politiques. Hélas, je ne suis pas certain que cela aide le citoyen quelque peu intéressé à la politique à s’y attarder longtemps, j’aurai même tendance à penser que cela participe à la dépolitisation.

En effet, si je peux concevoir que mon rapport à la politique est un peu atypique, je pense néanmoins que je ne suis pas le seul à avoir fait une croix sur l’homme ou la femme providentielle. Aussi, j’avoue que cette nouvelle approche de la politique par EELV me dérange car fondamentalement, je reste très méfiant vis à vis de la Veme République et de l’élection Présidentielle or  je pensais qu’il en était de même pour une grande majorité des militants d’Europe Ecologie.

Au fond, j’avais espéré en rejoignant Europe Ecologie y trouver une sorte « d’intelligence collective » propulsée par quelques individualités – oui, il en faut aussi- en s’ouvrant à des problématiques nouvelles, en se débarrassant un peu de la seule lecture droite/gauche/centre ; malheureusement, j’ai un peu le sentiment que cet espoir se délite inexorablement. Il n’est pas encore trop tard mais la pente est rude…

PS : je ne roule pas pour Nicolas Hulot. Tout le problème de ce calendrier est là, si tu dis que tu trouve ça ubuesque… fatalement tu roules pour Hulot… Or pour le coup et surtout après les cantonales, il y a d’autres choses à penser que de savoir qui va aller à la Présidentielle. Le manichéisme recule ou alors il arrange bien :)

Voilà mon tiercé dans l’ordre pour le premier tour de la Présidentielle.

Bien qu’ayant une sympathie certaine pour ce tribun nécessaire qu’est Jean-Luc Mélenchon, je me vois mal glissé son bulletin de vote dans une urne. Si je peux me retrouver dans certaines de ses propositions qui sont loin de constituer les prémices d’un abécédaire révolutionnaire ; j’avoue ne pas partager sa vision stratégique vis à vis de l’extrême-gauche. Restant un indécrottable social démocrate, j’avoue ne pas goûter de me retrouver à la même table que cette dernière qui dans tous les cas – à moins d’appliquer le programme de transition de Léon – finira invariablement par vous envoyer à la figure cette fameuse ritournelle de « l’infâme social traitre à la solde du GKI (Grand Kapital International) ».

Aussi à défaut d’attendre vaillamment le grand soir, n’en déplaise à certains de mes amis, je continue de penser – dans l’erreur, je n’en disconviens pas- que l’exercice du pouvoir impose certains compromis avec les forces en présence. L’important étant de veiller à ne pas sombrer corps et âme dans la compromission comme cela s’est vu dans un passé récent.

Ce tiercé de prime abord peut sembler incongru mais à la réflexion, il traduit assez bien ce que j’attends d’un homme ou d’une femme politique aujourd’hui : ténacité, idées, éthique -nous sommes d’accord, aucun politique n’incarne ces trois qualités -

Partant de ce postulat et de cet autre tendant à croire – à tort bien entendu car je suis un social traitre – que chacun(e) aspire à une société plus juste, il me faudra bien faire un choix le jour venu.

Bien entendu, on peut arguer à raison qu’à cette heure, je ne connais pas les programmes, c’est un fait cependant vis à vis de Ségolène Royal et d’Eva Joly, on commence à voir se dessiner les idées forces. Pour DSK, je l’avoue, c’est forcément plus difficile d’autant que le FMI n’est probablement pas le lieu d’une social démocratie décomplexée cependant il reste pour moi, une boité à idées – bonnes et moins bonnes – si d’aventure il était candidat, j’espère que celle-ci sera à la hauteur des enjeux.

D’autres pourront toujours me dire que je fais abstraction des partis et de leur prose programmatique. Après deux décennies de militantisme, je peux le dire sans autre formalisme, ces programmes n’engagent que ceux qui les votent… J’invite les sceptiques à relire – au hasard- les différentes motions de synthèse issues des différents congrès du PS depuis sa création. Donc qu’on n’attende pas de moi de réclamer un quelconque et fort opportun « le programme, tout le programme, rien que le programme ». La Présidentielle, sous la Vème, est une rencontre entre un candidat et les citoyens – l’expression Peuple ne recouvre plus aucune réalité -, c’est une des règles du jeu, qu’on soit pour une VIème ou une VIIème République, jusqu’en mai 2012, elle restera en vigueur.

Ne voyez pas dans ce rappel à la réalité politique, une quelconque croyance en l’homme ou la femme providentielle ; au contraire, comme d’autres, je reste persuadé qu’à mesure que la société se complexifie, de nouvelles formes de contre pouvoir émergent. Pour le moment, ils ne sont pas encore arrivés à maturité -du fait notamment d’un personnel politique qui craint une remise en cause de son pouvoir verticalisé – mais des signes tangibles mais encore fragiles tendent à accréditer cet « espoir ». Ceci ne dispense en aucun cas d’une profonde rénovation de nos institutions et des comportements de nos élus.

Voilà à ce stade, mon état d’esprit…

Et si au 1er tour, il n’y avait aucun de ces candidat(e)s et bien j’assumerai mon vote blanc.

PS : Petite précision, je ne participerai pas aux différentes primaires mais cela ne m’empêchera pas de partager mon avis. Il y a quantité de sujets dans cet article sur lesquels je reviendrai.

La candidature d’Eva Joly à la Présidentielles de 2012 suscite un vif intérêt de la part des observateurs de la vie politique, comme d’une partie non négligeable des sympathisants d’Europe Ecologie.

A la vérité, je crois faire partie de ces deux ensembles cependant Gérald Andrieux de Marianne2 note que cet engouement peine à se retrouver sur Internet. C’est un fait, à cette heure, il est encore difficile de trouver ce qui pourrait constituer le début d’un embryon de réseau social soutenant sans faillir l’éventualité d’un Joly2012.fr.

Cependant, je veux faire remarquer à G. Andrieux qu’il est tout aussi difficile de trouver sur ce même espace internautique une débauche d’énergie pour un Martineàl’Elysée.fr. Au mieux, on voit émerger quelques machins DSKjeleconnaisbien.fr – cette appellation n’a évidemment aucun lien avec la citation d’E.J « DSK, je le connais bien, je l’ai mis en examen »- mais tout cela reste très anecdotique. J’ajoute que même en mettant 4 millions d’euros sur la table (à l’instar du site France.fr), je doute que cela ait un impact significatif sur l’électeur potentiel.

En effet, j’avais déjà fait part de mon scepticisme en janvier dernier sur l’arrivée des réseaux sociaux du PS, de l’UMP et d’Europe Ecologie. Force est de constater aujourd’hui que ceux-ci sont loin, très loin des résultats escomptés. En les voyant comme le verre à moitié plein, on serait tenté de dire qu’ils vivotent ; à moitié vide, on peut dire qu’ils sont mort-nés.

Je persiste à penser que si le militantisme traditionnel est en voie de disparition et un impact à l’extrême marge de l’électorat ; on aurait tort de penser que la e-militance sera l’alpha et l’oméga des prochaines années. Certes, il y a l’exemple Obama  cependant de nombreuses études tendent à démontrer que le phénomène demeure plus complexe que l’émergence d’une génération spontanée de militants sur le web. A cela, il faut aussi ajouter le caractère « extraordinaire » de Barak Obama, en France qui pourrait soulever un tel enthousiasme ?

Enfin, une enquête qualitative récente (abordée par un colloque de Fondapol à Lille) atteste d’une convergence entre les utilisateurs du Net et ceux des médias classiques. Avec ce résultat assez logique, au final ces deux populations tendent à privilégier les mêmes sources ; la conséquence de ce comportement, une visibilité moindre pour les vecteurs d’informations alternatifs (blogueurs et autres « agitateurs du Net ».

Par conséquent, je ne pense pas que ce retard d’Eva Joly sur le Net soit réellement signifiant et il ne peut en rien préjuger d’une élection qui aura lieu en mai 2012. Certes, il est nécessaire qu’elle y soit présente rapidement mais sans toutefois surinvestir dans ce dernier et ne pas en attendre plus que le web puisse donner.

Il semble assez évident que mon choix se porte dès maintenant vers Eva Joly néanmoins j’attends de voir quel projet elle entend porter. Je ne suis toujours pas un militant Vert ne le serais pas demain, je suis un militant Europe Ecologie. Et je n’ai pas abandonné la mystique révolutionnaire pour aller demain vers une mystique décroissante.

Le Grand Soir révolutionnaire ou décroissant, ce sera sans moi.

Au passage, ce n’est pas impossible que ce blog reprenne une certaine activité un peu plus soutenue.