« A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire », donc pour ma part je me risque à un premier bilan partiel à deux jours du 2eme tour de la primaire car il est toujours facile de dire dans l’après, « je vous l’avais bien dit ».

A défaut d’être populaire – je doute cependant que les quartiers populaires se soient déplacée en masse -, la primaire socialiste aura été un succès participatif et avec une bonne tenue des candidats pour la campagne du 1er tour. Car c’est bien là que le bas commence à blessé. Dimanche dernier et à la faveur de résultats définitifs arrivés – fort opportunément, il faut le dire – 48 heures après la fermeture des bureaux, ceux-ci ont donné l’image d’une victoire assez étriquée de François Hollande… au final, on arrive à 9 points qui séparent le premier de la seconde. Un peu amputé de ce succès, François Hollande s’est presque retrouvé dans la peau de l’outsider, laissant à penser que la dynamique avait changé de camps.

On peut d’ailleurs s’étonner que malgré cela, Martine Aubry ait choisi le terrain de la provocation et des petites phrases visant à discréditer son concurrent au lieu de continuer à dérouler son projet. C’est à mon sens, le problème des dernières semaines de sa campagne. Confondre une présidentielle où il est impératif de lâcher ses coups et une primaire  -ouverte- de son camp où ce flot de déclarations visant à déconsidérer l’autre peut être un frein pour rassembler son propre camp au lendemain du scrutin – « gauche molle », « candidat du système », « utilise les mots de la droite »…-.

Autre élément qui me trouble, j’ai parfois eu le sentiment ces derniers jours, d’assister au remake d’un congrès socialiste à ciel ouvert où celui qui gagne doit se lancer dans une course éperdue à l’échalote de la vraie gauche qui plus est sur un projet commun et quelques différences sur les détails (comme l’a montré le débat de jeudi)… A mon sens, c’est détourner l’esprit de cette primaire d’autant que dans cette course, il n’est pas évident que les sympathisants du FdG ou d’EELV se portent sur Martine Aubry au 1er tour de la Présidentielle si elle est sort victorieuse de cette primaire. C’est oublier un principe de base enseigné par Mitterrand, le 1er tour sert à rassembler son camp et en l’espèce c’est tenter un coup un peu hasardeux.

A moins bien sur que EELV – ayant participé activement à cette désignation du candidat, au risque de se transformer en un PRG mâtiné de Verts – renonce à présenter son candidat dans la précipitation après avoir lui aussi procédé à sa primaire… le truc incompréhensible… Désolé mais le choix se fait avant et non après à moins de vouloir être définitivement décrédibilisé.

François Hollande a pris le parti de ne pas réagir trop frontalement, c’est heureux. Car, il y a fort à parier que l’escalade aurait « proprement » dégénéré et peut être compromis le nécessaire rassemblement des socialistes mais aussi de son électorat qui n’aurait pu s’empêcher de se dire que les dirigeants socialistes n’ont définitivement rien compris. Oui, le changement peut aussi se faire dans un esprit apaisé, enfin je le crois.

Au moins ce manque de « pugnacité » devrait permettre que le ou la candidat(e) élu(e), ne perde pas son temps lundi matin à réunir sa propre famille politique et ses sympathisants.

Autre élément de ce bilan… l’incroyable renaissance de Ségolène Royal… cette femme ne cessera jamais de me surprendre par sa ténacité, son courage et sa formidable capacité à braver les déconvenues. Alors qu’on attendait Arnaud Montebourg, c’est bien elle qui sort la tête haute de cette semaine alors qu’on pouvait la penser définitivement sortie du jeu politique. Et je n’ai que mépris pour ces gens qui estiment que ce soutien à François Hollande est le fruit d’une union passée… et dans le tas, certaines se disent féministes, pour ma part j’y vois au contraire un machisme d’une violence rare. Oui son choix est logique, politique quoi de plus élémentaire que de vouloir placer celui qui est arrivé en tête dans une bonne dynamique, d’autant que ce ralliement ne se fait pas sur des comptes d’apothicaire mais bien sur des idées portées par Ségolène Royal tout au long de sa campagne et reprises – pour quelques unes- par François Hollande.

Maintenant venons en à Arnaud Montebourg et cette incroyable prouesse de créer la surprise en seulement quelques jours. Au soir du 1er vote en devenant « le grand vainqueur » et aujourd’hui en passe de devenir « le grand perdant » pour une question de timing. Si ce matin, il confie au Monde son intention de voter Hollande prenant assez justement en compte que le fait que « qu’il n’a pas d’argument qui me permette de penser que Martine serait plus à gauche que François« . Si sa lettre adressée à Martine Aubry et François Hollande était vraiment intéressante en matière de transparence néanmoins sa décision intervient un peu tard, après le coup d’éclat de Ségolène Royal – très bonne sur France 2-.

Cependant, je persiste à penser qu’Arnaud Montebourg peut avoir une place de choix dans notre paysage politique si d’aventure François Hollande poursuivait son chemin jusqu’à l’Elysée. « Gouverner, c’est choisir » disait Pierre Mendès France, on pourrait rajouter « qu’exister -en politique- c’est choisir ». Ce choix, il l’a fait conscient de son socle électoral pour le moins hétéroclite mais nul doute qu’il sait aussi que créer un nouveau parti est une chose particulièrement compliqué et hasardeuse voire impossible dans un paysage déjà fort chargé. Alors, je ne suis pas naïf, les discussions ont du se faire au delà des seules réponses à sa lettre – des postes, des places… et c’est pareil chez les deux protagonistes- et je pense que ce choix s’est fait aussi quant à sa place dans le parti sous l’ère Hollande. Sous Aubry, la place de l’aile gauche c’est Hamon et d’autre part, je vois mal Harlem Désir et le courant Delanoë céder sa place à la tête du Parti. Donc, le choix Hollande offre probablement le plus de garanti pour exister ou tout au moins tenter d’exister. Car si Aujourd’hui, ça se bouscule chez Hollande, jusqu’à l’épisode DSK – tiens en France, il est coupable mais non jugé- on ne peut pas dire qu’il y avait pléthore autour de lui, dans ces conditions, Hollande a plus de latitude pour négocier – je le répète, cela se pratique des deux cotés pas la peine de me faire un commentaire de vierge effarouchée  - .

Dans cette éventualité, on peut également penser qu’Arnaud Montebourg voudra enraciner les deux faces de ses électeurs potentiels en imaginant une structure adossée à la fois sur le Parti Socialiste mais aussi en dehors ;  OPNI – objet politique non identifié- toujours difficile à mettre en oeuvre et à faire vivre mais la politique c’est aussi une histoire de paris pour le coup d’après. Pari car Martine Aubry peut encore l’emporter et là, il doit déjà savoir que cela sera impossible ou que sa traversée du désert sera particulièrement longue…

En tout cas, je vais suivre cela attentivement si François Hollande l’emporte dimanche soir.

J’ai trouvé ça qui permet probablement de séparer le plus clairement possible Martine Aubry et François Hollande au delà des mots, au delà du  jeu du « j’ai une gauche plus dure que la tienne ».

Le politologue Gérard Grunberg insiste ainsi sur la permanence entre deux cultures de la gauche française :

  • L’étatisme, héritage long de l’histoire de France, aussi bien monarchique que révolutionnaire, comme l’a montré Tocqueville, relayé et renforcé par l’apport marxiste. C’est dans cet héritage que s’inscrit Martine Aubry.
  • La tradition de la deuxième gauche qui, pour une part, remonte à Proudhon, centrée sur le dialogue social, l’autonomie, l’autogestion et le réalisme économique. François Hollande, qui a une forte culture économique, me paraît plus proche de ce « social-libéralisme ».

Pour moi, le choix est très vite fait…

En ce milieu d’après midi, François Hollande vient de passer le million de voix et approche de cette fameuse barre symbolique des 40% et des 10 points d’écart.

Et désormais, le temps de la primaire socialiste semble suspendu aux seules voix recueillies par Arnaud Montebourg. Si les deux principaux candidats font encore preuve de retenue pour tenter de grappiller quelques suffrages, les lieutenants font feu de tout bois pour tenter de conquérir ce nouveau graal de la trinité socialiste…. beaucoup  de « vies » en dépendent il est vrai…

Comme beaucoup, je fais abstraction des petits 7 % de Ségolène Royal…. il est vrai que « recroquevillée » sur ses derniers soutiens, on imagine mal Ségolène Royal appeler à voter Martine Aubry… et la primaire de 2006 et le congrès de Reims restant des cicatrices encore ouvertes pour une bonne partie de son électorat, on peut douter d’un soutien massif de ce dernier surtout en écoutant les propos tous frais d’un Fabius ou même d’une Martine Aubry.

Non, toute l’attention se porte sur Arnaud Montebourg et son vivier de quelques 475.000 électeurs.

A cette heure et au regard de l’écart, un électeur Montebourgeois compte presque double en arithmétique politique. Un électeur qui ne se déplace pas pour Martine Aubry, c’est non seulement une voix en moins pour elle mais c’est presque une 1/2 voix de gagner pour François Hollande. Dans ce contexte précaire où tout est encore relativement possible, on peut comprendre l’attitude du faiseur de primaire. Rien ne sert de ne précipiter si cela peut porter préjudice pour l’avenir et brouiller une image de trublion du PS chèrement acquis au terme d’une campagne – remarquable – de tous les instants.

Car au fond, qu’aurait à gagner Arnaud Montebourg à se désister trop nettement, trop rapidement pour tel ou telle ? Si ce n’est à ne dire vis à vis de son électorat qu’il s’est « vendu » pour une soupe à bon compte. Car en effet, il semble difficile de dresser le portrait robot de son électeur… j’en connais… ils viennent du Front de Gauche (hein Donatien – mon nègre ici quand je ne suis pas là :) – ), de chez Dupont-Aignan, d’authentiques soc-dems (hein mon Toine) exprimant un réel ras le bol vis à vis d’un appareil plus que vermoulu, cependant ils ont un trait commun, je les imagine mal se plier à une consigne de vote tant pour François Hollande que pour Martine Aubry même si certains courent après la gauche d’un hypothétique barycentre socialiste. A mon sens on est plus proche d’un vote « d’indigné » qu’à une adhésion à minima aux représentants d’un système ou d’un appareil… près de 75% si on additionne Aubry, Hollande, Valls.

Alors oui à n’en pas douter, Arnaud Montebourg tout en négociant quelques circonscriptions et pourquoi pas la future direction du PS – dans le cadre d’un congrès anticipé au sortie de la Présidentielle- n’a pas intérêt à s’exprimer clairement, tout au plus donner quelques indices – même contradictoires-.

Etre dans la peau du troisième larron est un moment difficile qui peut être mal négocié – François Bayrou ne me contredira pas sur ce point – mais en ce moment assez particulier, Montebourg doit conserver cette spécificité qui a fait son succès, non par une originalité folle mais simplement en approfondissant le chemin tracé par Ségolène Royal – désormais tout le monde au PS la félicite pour son audace…-.

Et dans ces conditions, bien que circonspect par le personnage – l’expérience personnel … -et ses positionnements parfois contradictoires et même si je n’ai pas voté pour lui,  j’avoue c’est une aventure qui me tenterait.

Au fait outre le million d’électeurs, François Hollande a rassemblé près de 94 départements sur son nom, Martine Aubry quelques centres urbains… A force de regarder en détail les scrutins, je peux juste vous dire que ce détail a son importance dans un vote et qui plus est dans le cadre d’une Présidentielle.

Maintenant à choisir entre le vrai changement et le faux changement… il faut rester sérieux quelques secondes.

Sans espoir, sans illusion, j’irai malgré tout voter… Sarkozy, je ne peux plus.

A lire, par ailleurs, chez Authueil :  Montebourg, le Bayrou du PS.

Avant toute chose, ne croyez pas que  je puisse renier mon vote d’hier, et encore aujourd’hui avec les résultats qu’on connait, je revoterais Ségolène Royal. Mon militantisme bizarrement  a toujours laissé une grande place – trop grande peut être – à la fidélité à mes idées, aux hommes ou femmes qui les ont incarnées. Je n’ai jamais cru une seule seconde à sa présence au 2nd tour, aussi c’est davantage l’ampleur de cette déroute, non pour moi simplement pour elle qui m’a vraiment surpris. Madame Royal, je n’ai qu’une chose à vous dire, merci d’avoir fait évoluer le Parti Socialiste à minima et pour tout ce que vous avez pu faire, pu dire. Une pensée amicale aux copains et copines qui ont fait sa campagne, ce matin et pour quelques semaines seront difficiles pour eux.

Et maintenant ?

Nul contestation, cette primaire est un réel succès citoyen cependant il est néanmoins nécessaire d’aller au-delà de ce résultat. Celui-ci sera-t-il suffisant pour battre Sarkozy et sa bande en mai 2012 ? Pour ma part et à défaut d’avoir davantage d’éléments tangibles, plusieurs questions et constats me viennent à l’esprit :

Ce dimanche a-t-il vu le PS renouer avec l’électorat populaire, avec les classes moyennes péri-urbaines ou ce vote reste-t-il un vote urbain et « bac + » ?

Indéniablement, la succès de Montebourg traduit une aspiration à une « gauchisation » sémantique du discours pour l’électeur qui s’est déplacé et pourtant DSK semblait être attendu comme le messie… une « drôle » de campagne se dessine pour celui ou celle qui sera désigné dimanche prochain.

Autre constat, Martine Aubry n’a pas perdu, François Hollande n’a pas gagné. Aucun des deux malgré ce que veulent nous dire certains lieutenants ne peuvent revendiquer une quelconque victoire, ni le 9 octobre, ni le 16 octobre. Car il est bien là, le fond du problème, la gauche et plus particulièrement le Parti Socialiste auront bien un candidat dimanche prochain mais certainement pas un leader incontesté.

En somme ce fameux peuple de gauche attend toujours la personne qui sera capable de le « transcender », de lui faire espérer des jours un peu meilleurs.

On attendait peut-être trop de cette primaire… et avec ce résultat aussi flou, je me demande si Nicolas Sarkozy a finalement si mal dormi cette nuit.

Alors comme beaucoup, dimanche j’irai voter Hollande sans trop d’illusion comme d’autres iront voter Martine Aubry avec ce même sentiment… Tous les deux vont nous parler de changement, chacun à leur sauce, hélas ce discours on l’entend depuis tant d’années.

Aujourd’hui, je ne suis ni de la gauche boudeuse, ni de la gauche ronchon, juste d’une gauche sans illusion… les germes d’une défaite annoncée ?

A lire, l’analyse de Romain Pigenel

La campagne pour 2012 n’a pas encore réellement démarré que déjà nous sommes nombreux à être las de ce qui se prépare à ciel ouvert.

Si à vrai dire, je n’attends rien de la droite et de Sarkozy en particulier – Borloo au mieux se présentera pour monnayer un poste de premier ministre… -, je n’ai hélas pas beaucoup plus à dire sur ce qui se passe à gauche. Certe, EELV va désigner à une forte majorité Eva Joly néanmoins je reste très circonspect sur cette élection inutile pour ce mouvement à moins de considérer cet exercice de grand écart comme un passage obligé, ce que je ne partage pas. D’autant que cette désignation si elle correspond peu ou proue à mes propres aspirations, je doute de son impact au delà des seuls cercles des « initiés » – ok bobos – et il y a fort à parier que le résultat soit très décevant avec un score ne dépassant pas les 5% et loin de moi l’idée de penser qu’une candidature Hulot puisse faire mieux au final. Enfin, on ne peut pas dire que la campagne interne ait été particulièrement intéressante puisque l’heureux élu devait reprendre à son compte un projet en cours d’écriture.

Certains de mes collègues espèrent qu’Eva Joly participera à la primaire socialiste au nom de l’unité… heu, là je crois que c’est mort surtout au regard du climat qui entoure cette vaste désignation citoyenne.

Et là, on en vient à cette lassitude avec un Parti Socialiste inaudible, incapable de se dépêtrer de l’après DSK, au contraire, on en viendrait à penser qu’il s’y complait.

Jusqu’à la mi-mai, DSK était attendu comme le messie, fatalement, la donne a été quelque peu modifié et même si certains ont espéré début juillet qu’il puisse malgré tout revenir, on a même vu une pétition apparaitre.  Une partie de l’appareil socialiste et sa première secrétaire en Tête ont mis plus d’un mois à sortir la tête de l’eau suite à cette affaire, et rien ne dit qu’elle ne viendra pas à nouveau parasiter les socialistes dans les prochaines semaines, un mois sans qu’on ne puisse entendre autre chose que « DSK est un ami mais ce n’est pas le PS ». Donc acte mais pendant ce mois, aucun propos politique n’est parvenu à s’imposer, si ce n’est des déclarations plus ou moins complaisantes à l’égard de la ministre de l’économie en passe de devenir patronne du FMI, c’est maigre à 10 mois de l’échéance.

Le jour de l’annonce de la candidature de Martine Aubry, on a cru quelques heures que les socialistes pouvaient reprendre la main, hélas la désignation de Lagarde puis la libération des otages ont une fois de plus réduit le PS au silence.

Pour en sortir, cette dernière n’a rien trouvé de mieux que de dénoncer des rumeurs qui jusqu’à présent se limitaient à des cercles très restreints. Alors oui depuis quelques jours, les médias se sont emparés de ce gros sujet… En toute honnêteté, je ne sais pas si le fait d’anticiper soit la meilleure des choses à faire par rapport à ce genre de propos et surtout j’ai un peu le sentiment qu’après un début de campagne raté pour Martine Aubry, ce retour sur le devant de la scène par ce bias ne délivre pas un message très positif. On est loin, très loin des préoccupations des français sans compter dles enjeux européens et internationaux. Et pour le coup, je ne suis pas certain que les socialistes parviennent à élever le niveau de manière soudaine dans les prochains mois.

Alors oui, j’ai peur que ces clapotis boueux renforcent un peu plus ce manque d’envie des Français pour cette présidentielle qui risque de ne pas dépasser le caniveau et ça ne sera pas nécessairement la faute d’Internet – Pitoyable Joffrin, ce n’est pas une rumeur, c’est un fait, j’y reviendrai -.

Ce matin, Martine Aubry vient de poser la première pierre à sa candidature pour la primaire dans une longue tribune sur le site Rue89 en privilégiant le thème de la « La France connectée » (en clair un truc Internet et le numérique).

Sans entrer dans le détail de ce long texte assez ampoulé et très maladroit dans l’entame – ça fait un peu Martine à la plage découvre Internet et en fait des tonnes -, on retient la fin programmée d’Hadopi (c’est bien le moins), l’antienne du très haut débit, le soutien aux sites dissidents (pas bien compris en quoi cela constituait une stratégie et enfin la création d’un nouveau statut pour les jeunes entrepreneurs innovants.

Pour le reste, j’avoue ne pas comprendre la communication politique de Martine Aubry. En effet, opposer à la politique de déconstruction sociale menée par Sarkozy, une première réponse – qui donne la tonalité d’une campagne – centrée autour de la problématique numérique est une grave erreur. En paraphrasant, le titre de cette tribune, cela donne l’impression d’une Martine déconnectée de la réalité vécue par de très nombreux français – enfin, il parait que c’est la tarte à la crème démagopopuliste…-

On est droit d’attendre mieux de la part de la représentante du premier parti de l’opposition, de celle qui va prétendre aux plus hautes fonctions de l’Etat. Je doute que la France qui souffre, celle des chômeurs, des précaires, des familles qui peinent à boucler ses fins de mois ; que le France qui s’interroge sur le devenir de leurs enfants en matière d’éducation, d’emplois se sente particulièrement concernée par les propos d’entrée en campagne de Martine Aubry.

Alors, je le concède je ne suis pas spécialement un groupie de Martine Aubry;  il n’empêche, on a connu meilleur départ et meilleur symbole pour une candidature.

Entre une non-envie de présidentielle, une candidature de force majeure, une attente qui tourne au secret de Polichinelle et ce choix pour ouvrir sa campagne, on ne s’y prendrait pas mieux pour montrer qu’on n’a pas envie d’y aller.

Dernière chose qui dépasse le seul cas de Martine Aubry. La semaine dernière, elle est intervenue sur le plateau du JT de TF1, elle y a fait la plus mauvaise audience. Non que cela soit le fait de sa seule personne, cela doit interpeller l’ensemble des dirigeants du PS et de l’opposition : l’alternance ne sera pas automatique et si l’attente des Français est grande, pour l’heure, ils semblent dubitatifs.

Cannabis, mariage homosexuel,  Internet… le syndrome de 2002 semble tourner à plein régime. Il n’y a toujours pas de pilote dans l’avion ou pour rester dans l’allégorie informatique, le logiciel n’a pas évolué depuis le fiasco de Jospin.

Certains se sont – un peu trop – vite engouffrés dans les propos de Manuel Valls sur les 35 heures et  ont demandé sur le champ son excommunication du PS et de la gauche.

Bien que n’ayant pas de sympathie particulière pour le bonhomme en matière économique, je me pose la question de la possibilité de débattre sereinement au sein de l’opposition et donc de faire émerger une alternative à Sarkozy en 2012.  D’autant que ses propos quand on s’y attarde un peu sont un peu plus complexes que les raccourcis faits par la plupart des médias.

D’ailleurs que penser des aménagements des 35 h au sein de Lille Métropole Communauté Urbaine – instance présidée par la Première Secrétaire du Parti Socialiste – quand il est désormais admis que les cadres travaillent 37h30. Au demeurant, elle est en accord avec sa vision politique puisqu’elle a toujours été hostile à la réduction du temps de travail ; pour le coup, c’est DSK qui les a imposé à Lionel Jospin.

Je reste un farouche partisan de la réduction du temps de travail mais comme je l’ai dit depuis longtemps, elle ne peut se faire manière uniforme et surtout elle ne peut occasionner un coût supplémentaire pour les petites entreprises. Alors oui cela demande un effort et de la souplesse dans son approche comme dans son application.

Cette question du travail est à mon sens, un sujet central de 2012, d’un point de vue économique mais peut être surtout en terme de choix de civilisation. Espérons que ce débat ait lieu au moins dans l’opposition, si cela est permis et ce sans sombrer dans les anathèmes à la moindre pensée un peu différente.

Pour info, la moyenne est à 33 heures aux Etats Unis (en 2009)… je n’invente rien, on trouve le chiffre ici… un pavé pour la Maison Blanche (p 386) – c’est le rapport économique -

Depuis hier, toute la classe politique s’est liguée contre Georges Frèche après sa phrase sur ce pauvre Laurent Fabius qui n’aurait pas une tête catholique…

Je passe sur le grotesque des accusations en antisémitisme… GF étant plutôt un sioniste en approuvant par exemple l’édification du Mur Israélien (étant moi-même plutôt pro-paestinien….) … Siné, E. Morin ont également eu à faire à ce genre d’invectives qui à force n’auront plus aucun effet quand il s’agira de confondre effectivement de réels antisémites.

Avant toute chose, je préfère clarifier les choses… pour moi Frèche représente d’une certaine façon tout ce que j’exècre au niveau du PS… au même titre que Laurent Fabius d’ailleurs… sur des registres un peu différents qui se terminent par des pratiques claniques…

Et que le PS joue sur cet amalgame en dit long sur son délitement moral et le peu de cas de l’éthique politique…j’ai toujours défendu le fait que la politique avait à gagner en ne travestissant pas la réalité.. Donc, si Martine Aubry avait des choses à faire contre Frèche c’était bien avant… Là, monter en épingle une blague à 1o centimes surtout que chronologiquement elle vient après une première attaque de Fabius (déclarant qu’il ne voterait probablement pas Frèche aux Régionales)… c’est vraiment de la politique de poubelle.

Enfin, bien qu’auréolée de sondages flatteurs, la première secrétaire reste dans le louvoiement permanent… Du soutien initial à Peillon pour aller vers une position beaucoup plus nuancée ; de ses déclarations sur les retraites et son revirement après qu’une partie de ceux qui l’ont faite reine aient donné de la voix, les exemples ne manquent. J’ai quelques autres trucs en stock dont je ferai part dans les prochains jours sur le coté autosatisfaction sarkozienne, de faits à rebours des déclarations des camarades nordistes.

Une chose cependant m’étonne… c’est cette classe politique qui se sert les coudes de cette manière, sur des propos qui ne cassent pas trois pattes à un canard (on peut le dire ???)… jusqu’à Raffarin…  hélas, je n’ai jamais vu une telle mobilisation quand certains Pitbulls de l’UMP déclaraient dans la presse que Ségolène Royal était folle… Pourquoi si peu de réactions ? Une femme ? Elle ne fait pas partie de la petite coterie politique parisienne ?

Alors ce deux poids, deux mesures… très peu pour moi… juste un minimum de cohérence.

Une chose est cependant certaine,  jamais je ne voterai pour Laurent Fabius, jamais je ne voterai pour Georges Frèche…

nofuturD’une commémoration à l’autre, de Barack Obama à la chute du mur ; nos médias se ressassent des passés  jusqu’à l’overdose, faute de pouvoir nous aider à comprendre le présent, faute de nous aider à appréhender l’avenir.

Nos politiques ne sont pas en reste, enfonçant sans vergogne les limites du grotesque comme un certain Nicolas Sarkozy dont on est en droit de se demander, avant d’avoir été l’homme de la chute de la RDA, s’il n’a pas également marché sur la Lune en compagnie de Neil Armstong.

D’autres comme Martine Aubry n’en finissent pas de repasser le disque rayé sur ce fameux marché, porteur d’innovations et d’initiatives mais la question n’est plus là. Ce marché n’est plus à réguler, à réformer, ce modèle est définitivement périmé et les conséquences réelles de cette gabegie (réservée à une minorité) seront laissées aux générations futures.

Alors pour espérer, on nous donne en rêve des sondages qui laissent entrevoir la victoire de DSK sur Sarkozy en 2012… la belle affaire. Pour nous rassurer, on nous abreuve de bonnes statistiques comme pour signifier que la Crise est définitivement derrière nous mais hélas la vraie réalité est tenace.

Pas celle des indices boursiers et des bénéfices réalisées par les banques (sur de la spéculation… ah oui le G20 et la moralisation du capitalisme… un autre jour ma bonne dame, la croissance est de retour) permettant de redonner l’illusion d’une croissance illimitée. Non davantage, les chiffres qui gênent, ceux qui confortent les analyses d’une minorité prédisant, il y a quelques mois déjà, une « reprise » au mieux sans création d’emplois mais plus surement avec quantité de destructions (+190.000 au USA en Octobre). A cela, on peut également rajouter le mirage chinois qui perdure sur la spéculation immobilière. Déjà de nombreux commentateurs prédisent le retour des émeutes de la faim dans les prochaines années.

Parallèlement, nos édiles masculins (hormis Angela Merkel…) semblent déjà avoir remisé l’impératif climatique à plus tard ; il serait en effet inopportun de casser le cycle « vertueux » de la relance. Dans ces conditions,  le sommet de Copenhague du a de fortes probabilités de se transformer en un Munich environnemental et par conséquent social.

De tout cela, il serait particulièrement malvenu d’en débattre, il est plus confortable de s’en tenir au passé… ce passé si doux…

Les notes d’espoir sont bien faibles et les raisons d’espérer bien ténus.

Notre avenir se joue probablement dans la décennie qui vient aussi il est urgent de commémorer…