16. avril 2011 · 7 comments · Categories: De tout de rien · Tags:

Comme la presse, la blogsphère a elle aussi ses marronniers ou plutôt SON marronnier. En effet, régulièrement revient ce débat dantesque de l’insignifiance – ce que certains appellent l’influence- celle de la rémunération du blogueur  quand il est repris par un média. Celui a été relancé par un papier du monde,et commenté par Guy Birenbaum et d’autres.

- A ce stade, il serait malvenu de faire toute analogie avec le débat sur la prostitution avec dans le rôle de la prostituée, le blogueur et le média dans celui du souteneur -.

Plaisanterie de mauvais goût mise à part, il convient de distinguer le blogueur qui continue à prendre cela pour un hobby et une bonne occasion de boire des coups et celui qui comme moi, bien qu’ayant débuté comme le premier, aimerait aller un peu plus loin dans la démarche.

Celui-là a longtemps « travaillé » sur le concept de l’économie de la gratitude – thèse brillamment développée par Piratages – et se satisfaisait pleinement de cette « reconnaissance » par les médias traditionnels. Il y a 3 ans (de mémoire), Jacques Rosselin -fondateur du Courrier International- en lançant un hebdomadaire avait introduit le paiement à l’acte. Feu Vendredi payait 50 euros le billet repris. En soi, le principe est bon, à la notable différence que déjà à cette époque Marianne2 avait pris sous « son aile » un certain nombre de blogueurs en les mettant en avant sur son site ;  de fait – et plus encore avec la disparition rapide de Vendredi –  le pli était pris qu’à défaut d’euros, on gratifierait le blogueur d’une « reconnaissance » beaucoup moins couteuse pour le business plan de ces pures players.

Au fond, à cette époque deux options étaient possibles : soit les blogueurs se constituaient en un syndicat ou une association pour défendre le fruit de son labeur ou ce que j’ai tenté de mettre en place – feu Politiconet.info - squelette du projet en dessous- batir un pure player avec une ligne éditoriale assumée.

Aussi étonnant que cela puisse paraître, la première hypothèse me semble encore plus hasardeuse que la seconde pour la simple et bonne raison qu’Internet et la blogosphère regorgent de ressources abondantes (le blogueur en mal de visibilité) et donc  - à moins d’un extraordinaire talent- remplacer un blogueur réclamant des euros par un autre demandant son octet de « gloire » est relativement aisé pour un média voulant simplement fournir du contenu un peu différent.

Séduisante sur le papier, la deuxième  solution est malgré tout très aléatoire car elle doit réussir à surmonter un certain nombre d’obstacles qui sont :

-  tout d’abord, le blogueur est un individu largement égotique et donc toute idée ne venant pas expressément de lui est de facto considérée comme au mieux moins bonne au pire carrément mauvaise.

- ensuite si derrière son clavier, ce même blogueur fait montre de courage dans ces écrits et la « fustige » facile contre ces vieux médias, il ne s’aventurera pas dans une telle aventure sans s’assurer un parrainage ou mieux des financements par quelques figures connues du monde de la presse.

- enfin et bien que le Net soit un système décentralisé, la tradition française du « Hors Paris point de salut » reste une réalité dans beaucoup de domaines et donc aussi dans le domaine des médias et de la presse. Cette situation résulte d’une part de la concentration géographique de ceux-ci et d’autre part du fait de cet état d’esprit parisiano-parisianiste qui perdure un peu.

On se revoit dans un an pour le même marronnier :) ….

Premier jet de Policonet (novembre 2009),classé sans suite, ni discuté. C’est dommage encore balbutiant, il avait eu droit aux Inrockuptibles et à Public Sénat et une centaine d’abonnés après 1 mois (gratuit mais bon c’était un début).

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17. février 2011 · 12 comments · Categories: Non classé · Tags:

Ce site d’informations du groupe Le Monde Interactif semble entrer dans une forte zone de turbulences. Sa survie malgré une audience plus que respectable parait déjà bien compromise du fait d’un modèle économique pour les pure-players encore introuvable. A cette heure, les seuls qui aient trouvé cette martingale, s’appelent Arrêt sur Image et Médiapart -ce dernier est en passe d’atteindre l’équilibre-.

Pour les autres, Bakchich – déjà mort- ou encore Rue89, Owni, DailyNord (site d’infos régionales) , les situations sont encore très précaires.

A ce spectacle qui frôle la désolation, il faut ajouter une presse écrite papier dont la pérennité pour certains titres phares est loin d’être garantie (Libération ce serait 50.000 exemplaires payants).

Pour en revenir au Post – et au delà de la ligne éditoriale-, j’apprécie son parti pris de mêler journalistes professionnels et posteurs – en fait des blogueurs -. Qu’on le veuille ou non, cette approche était particulièrement novatrice dans un univers recroquevillé sur lui-même.

Bien loin l’idée de prétendre qu’il n’y a plus de ligne de démarcation franche entre le journalistes et les Pulizters en herbe dont je fais partie – je déconne -, je trouve cette démarche très intéressante car elle permet d’offrir des éclairages différents. Je me souviens encore d’un article de Narvic – au passage, je vous conseille son article sur Méluch, je voulais en commettre un allant dans le même sens- qui prétendait préférer lire des gugus comme moi que n’importe quel éditocrate patenté par le tout Paris médiatique -ce jour-là, mon égo en fut ravi -.

Cette mort annoncé représente donc pour moi une mauvaise nouvelle. A vrai dire, je suis bien incapable de trouver les raisons intrinsèques de cet échec même si néanmoins, j’avais un peu de mal à me retrouver dans ce joyeux bordel.

Sur twitter, j’ai lancé l’idée d’un rachat du Post par des blogueurs  - non sarko/UMP compatibles- en gardant sa marque, son savoir-faire, sa dualité rédactionnelle. Vieille réminiscence de mon projet avorté de Politiconet avec une ligne éditoriale davantage portée sur le débat public au delà de la seule sphère politique et des petites phrases. En somme, pour paraphraser Beuve Mery, faire du chiant avec les outils ludiques de notre temps.

Petit message personnel aux  journalistes du Post – un temps, j’ai collaboré avec certains d’entre eux-, j’espère de tout coeur que vous vous en sortirez.

PS : c’est peut être ce qui a manqué  à l’expérience de Jacques Rosselin avec Vendredi, cette dualité plus forte journalisme/Blogueurs.

Je sors d’un certain silence pour relayer l’appel à solidarité pour le blogueur FanSolo où l’ubuesque le dispute au pathétique depuis près de deux ans.

Qu’ils sont nombreux à s’être offusqué de cette « photo d’art » hélas aucun de ceux-là n’ont montré leur réprobation de la condamnation de FanSolo. Que ces belles âmes aillent se faire foutre.

Alors, pour ma part, je me fous de cette polémique à deux balles et je relaye cet appel à solidarité.

Dans le cadre de la JOURNEE MONDIALE pour la LIBERTE de la PRESSE et plus largement :

LARGE APPEL à la SOLIDARITE
envers le BLOGUEUR «FANSOLO»

Il y a quelques mois, vous êtes environ 500 à avoir signé la pétition de soutien à Antoine Bardet, dit «Fansolo».  (voir la pétition ici : http://www.lapetition.be/en-ligne/orlans-le-droit-de-rire-en-danger-3105.html)
Ce blogueur était poursuivi par Serge Grouard, maire d’Orléans, pour avoir écrit, quelques semaines avant la campagne des municipales 2008, un blog internet humoristique à son sujet.
(Vous pouvez en consulter la copie hébergée par Reporters Sans Frontières ici :  http://antoinebardet.rsfblog.org/)

Fansolo a été condamné une première fois le 8 octobre 2008, en référé, et l’Appel intervenu le 22 mars 2010 a confirmé et renforcé ce jugement, considérant que Fansolo avait «dénigré» Serge Grouard. Pour la première fois, donc, à notre connaissance, un humoriste est condamné pour dénigrement d’un homme politique. Jusqu’ici, seules des marques, des sociétés commerciales, pouvaient être «dénigrées».

Compte tenu du contenu insignifiant du blog incriminé, nous sommes vraiment inquiets pour la liberté d’expression. Les conséquences directes de cette affaire sont disproportionnées :
Fansolo a été contraint de changer de travail, de déménager avec sa famille dans une autre région, d’assumer plus de 13 000 € de frais de défense. Il est à présent condamné, suite aux deux jugements, à verser près de 16 000 € (seuls 10 000 devraient réellement lui être réclamés du fait que les publications payantes dans la presse ne devraient pas être effectuées).
Un premier appel à la solidarité, en 2008/2009, avait permis de récolter 55 dons (par Paypal et par chèque), nous permettant de verser à Fansolo un soutien financier de 3 692 €.
Ce soutien lui a été très utile pour gérer une partie de ses frais d’avocats, mais cela ne suffit pas, bien sûr.

Si, comme nous, vous êtes choqués par la démesure de cette affaire, n’hésitez pas, et

apportez-lui votre soutien en envoyant un don qui permettra d’alléger les sommes dûes.

Vous pouvez :

1/ adresser un chèque à l’association qui héberge un compte ouvert spécialement pour l’occasion :

La Lettre d’Arthur – Solidarité
6 boulevard de Québec
45000 ORLEANS
(Le chèque est à faire à l’ordre de « La Lettre d’Arthur – Solidarité« ).

2/ effectuer un don directement «en ligne» par le service sécurisé PAYPAL, en cliquant sur le lien à gauche, dans le menu de ce site.

Pour des raisons évidentes de transparence, trois personnes différentes sont chargées de la surveillance et de la gestion des dons : Stéphanie Sobréro, Miguel Teixeira, et Christophe Desportes-Guilloux.

Un point est publié régulièrement ici : http://www.lesamisdefansolo.com/relev_de_comptes/

Merci beaucoup d’avance de votre soutien !

Les amis de Fansolo.

C’est réparti ? non… je m’autorise à utiliser mon espace pour vous annoncer un projet en lien avec cette interrogation.

Que faire des blogueurs ?  Je me suis posé cette question en début d’année, je constate qu’aujourd’hui ce débat à pris de l’ampleur chez un nombre grandissant de blogueurs. Pour certains, le risque est grand de devenir un média comme les autres, et donc de perdre de leur spécificité. Il semble par ailleurs qu’on assiste à un certain essoufflement de la blogosphère politique, pour y pallier, je crains que la réponse qui consiste à courir après le dernier buzz du moment soit un des éléments qui concoure à cette perte de fraicheur, de vitalité.

D’autres tentent de s’organiser en se regroupant sous un label et en essayant de respecter une ligne éditoriale plus ou moins définie. Je doute de ce « modèle », déjà utilisé et qui à la vérité n’a pas débouché sur grand chose. Le fond du problème reste le même, qu’apportons-nous réellement ? Sans fausse modestie, je crains qu’à de rares exceptions, pas grand chose.

Alors quoi faire ?

Si j’ai repris la plume aujourd’hui, c’est pour vous annoncer une aventure que je débute aujourd’hui avec quelques collègues/copains. L’objet n’est pas de faire un copié/collé de ce que nous avons pu ou continuons à faire, c’est plus simplement et plus difficilement de se muer en un véritable média où notre place de producteurs ne sera pas prépondérante. Notre première tache sera de propulser, de tenter de donner une meilleurs visibilité à des idées qui ne sont que rarement mises en valeur sur les médias traditionnelles.

En somme, diffuser des acteurs du monde des idées, les « provoquer », les faire se prononcer par le biais de l’image, de l’écrit ou de la vidéo. En somme, c’est tenter de faire vivre un espace où se mêle blogueurs/citoyens/ »experts »/journalistes sur une ligne éditoriale ouverte mais ferme sur ses principes de progrès social.

Je vous informe donc de la naissance de Politiconet.

Si le pari peut sembler ambitieux, il lui faudra un peu de temps pour monter un puissance… même propulser du contenu demande à un moment donné un peu de moyens (déplacement, montage vidéo, matériel…). Un seul exemple celui de l’entretien croisé de Larrouturou et Lepage où faute de temps et donc de capacité à en dégager, nous n’avons pu en retirer le meilleur.  Pourtant, Je suis intimement convaincu qu’il y avait des choses très intéressantes à mettre en valeur, à propulser davantage.

En somme, il s’agit de mettre en synergie trois fonctions  que m’ont appris ces années : veilleur, propulseur, producteur.

Et maintenant… il n’y a aucune certitude quant au devenir de cette entreprise, juste une intuition et essayer d’aller au bout de celle-ci.

Et ici ? bah peut être de temps à autre, pour poser une idée…

Alors PoliticOnet ….  c’est ICI

28. mars 2010 · 1 comment · Categories: Politique · Tags: ,

Hier, j’ai donc assisté à la conférence « Web et opinion » organisée par la fondation Fondapol à Lille (en partenariat avec la République des Blogs de Lille) devant un public aussi clairsemé qu’un jour de No Sarkozy day (ces organisateurs auraient fort inspiré de s’en inspirer mais bon… certains avaient prévenu de ce bide prévisible).

Quelques mots sur la forme. Le problème de ce genre de machin tient à mon sens dans l’absence pratiquement totale d’interactivité entre les intervenants et les « auditeurs » surtout pour causer de web participatif, de fait on s’est retrouvé dans un long tunnel de près de 2h20 où chacun des invités avaient une dizaine de minutes pour s’exprimer. D’autre part, le sujet à mon sens était trop vaste mêlant tout à la fois  la question de l’opinion, du renouveau démocratique ou encore des nouvelles pratiques militantes. De fait, à la longueur des exposés, s’est ajouté chez moi un certain sentiment d’être face à un énoncé de généralités.

Au final, j’ai donc noté deux ou trois éléments qui me permettent de conforter mes maigres réflexions sur l’émergence de cette « nouvelle démocratie numérique » :

  • Si jusqu’à présent, il était nécessaire d’opérer une distinction entre l’opinion « internautique » et l’opinion publique, désormais les enquêtes tant qualitatives que qualitatives tendent à démontrer que ce n’est plus le cas aujourd’hui. Les deux tendent à se confondre. Dit autrement, le citoyen-internaute a un comportement similaire au citoyen non connecté.  Au fond, c’est dans la logique de la massification de l’accès à Internet. A cet égard, on peut se demander si le web n’a pas lui aussi participé à ce sentiment de défiance vis à vis des dernières consultions électorales comme le reste de la population.
  • Les réseaux sociaux tendent à segmenter encore un peu plus le débat politique du fait d’une  expression des internautes-citoyens se focalisant sur ses centres d’intérêts au détriment d’un discours plus global.
  • Si l’émergence de cette nouvelle forme d’expression née du Web 2.0 (blogs, réseaux sociaux…), elle pose cependant un problème de fond avec une forte distorsion entre la démocratie représentative (1 homme-1 voix) et cette démocratie d’opinion individuelle (genre le blogueur influent… ndlr : même si vous connaissez mon sentiment sur ce point).
  • La seul intervenante de ce parterre d’hommes, Nathalie Rastoin, a évoqué la nécessité de voir émerger la figure nouvelle de l’intellectuel numérique. Ce fut, à mon sens, le moment le plus intéressant mais dans ce format, il était impossible d’approfondir davantage ce sujet.

Voilà rapidement mes impressions sur cette rencontre. D’autres dates sont prévus pour ce cycle « Démocratie en numérique », j’y participerai en espérant que le format évolue un peu. En tout cas, l’initiative est intéressante et mérite d’être soutenue. La prochaine causera de Web et journalisme le 29 mai.

En même temps, je me demande si on ne prête pas trop de vertus à Internet sur sa capacité intrinsèque  à « augmenter la démocratie ». Après tout, si effectivement la convergence de la diffusion et de l’expression constitue une véritable révolution, elle demande aussi des changements dans les comportements, certes au niveau des citoyens mais peut être aussi avant tout chez les politiques.

27. mars 2010 · 1 comment · Categories: Politique · Tags: ,

Cet après midi, je passerai probablement au Grand Palais de Lille c’est à partir de 14h30.


Film annonce de la conférence « Le Web et l’opinion »
envoyé par fondapol. – L’actualité du moment en vidéo.

Qu’est ce que je n’avais pas dit là avec ce billet ‘Vincent Peillon, une faute politique lourde » et près de 90 commentaires…

Et aujourd’hui… Vincent Peillon regrette et nottament la demande de démission de Chabot… ah ben ça alors…

Extrait assez savoureux : « J’ai fait ça dans ma cuisine. Mon fils qui a 13 ans est passé. Il m’a dit +tu ne devrais pas mettre ça+. C’était mon seul conseiller. Les choses sont artisanales. (…) Je pensais qu’il était surtout bon en football. En fait il est meilleur que moi en politique », raconte le responsable socialiste ».

Bonne soirée… surtout aux fins commentateurs qui se sont empressés de dénoncer les dérives umpistes de ce blog… Et pour les commentaires sur les articles de fond… aux mêmes… c’est quand vous vous voulez.

Je sais… c’est chiant les blogueurs et à moins d’une intox, ce soir je vous donne en primeur un sondage réalisé par l’IFOP à paraitre lundi.

Quelques remarques : le Parti Socialiste est sur un étiage moyen qui correspond à l’analyse que je fais depuis maintenant quelques années, un lent étiolement de sa base électorale dans la région malgré sa domination sans partage des petits potentats locaux.. Un Front National a un haut ; ce n’est pas une surprise pour moi – pour mémoire, en 2004 FN+MNR faisaient 19%  – en 6 ans la situation sociale n’a pas changé voire elle s’est dégradée avec la crise et nous n’en sommes qu’au début de ses conséquences réelles. Enfin, une bonne surprise, Europe Ecologie au dessus des 10%, on verra – si cela se confirme, les négociations vont être joyeuses…

Cela n’est bien entendu pas à prendre au pied de la lettre, c’est juste la photo avec sa marge d’erreur à un instant donné. Dernière inconnue, l’abstention… et là je crains avec la grosse campagne de l’UMP et du PS qu’on se dirige vers un nouveau record proche des européennes de Juin… sans aucune remise en cause des deux partis « majoritaires » dépassant le stade du constat posé durant 30 secondes sur les plateaux de télévision.

donc les voila…

PS : pour les lecteurs qui ne connaissant pas électoralement la région, le Front de Gauche peut sembler haut. En 2004, le PCF seul avait fait 10,6% et aux européennes le FDG 8,7%. Personnellement, je pense que le FDG sera en dessous des 10%, ce qui ne simplifiera pas la tache pour le Parti Socialiste.

Pour rappel les régionales de 2004 :

Suite à la polémique avec E. Badinter, elles sont quelques unes à s’être élevées contre des propos pour le moins dépouvus de nuance. J’ai eu l’occasion de le dire moi-même ici et pour tout dire, la battage médiatique autour de cette dame m’a particulièrement choqué. Comme je l’ai également dit, le jour où on fera autant de foin pour un bouquin de Larrouturou, Jorion, Lordon…

Tiens, à ce propos, seul Rue89 a parlé du colloque avec Stiglitz, Morin, Joly, Pierre, Dufumier… étonnant non ?

Donc, je vous mets ce texte mis en ligne sur le site Fémininbio.

« Ecolos, nouveaux machos » lance Madame Badinter qui croit voir dans une prétendue « sanctification de la mère et l’écologie radicale un danger pour les droits des femmes ». Voici notre lettre ouverte. Pour soutenir l’appel vous pouvez réagir en bas de l’article ou rejoindre le forum pour en débattre.

Considérer que l’écologie, au nom d’un certain naturalisme, renvoie les femmes à la maison et les conduit à déserter la sphère sociale et professionnelle relève de la grossière caricature, voire d’une malhonnêteté intellectuelle reposant sur une méconnaissance manifeste des valeurs philosophiques de l’écologie et de ses acteurs dans le monde contemporain.

Le développement durable, l’agronomie et les sciences de la vie sont les domaines où les femmes ingénieures sont les mieux représentées. Les directeurs du développement durable des grosses entreprises les plus reconnues aujourd’hui sont des femmes. Les premiers cabinets de consulting en développement durable ont été fondés par des femmes, comme le comité 21 qui régit les agendas 21 sur le territoire et est toujours dirigé par une femme. Les personnalités politiques de l’écologie sont des femmes, de Gro Harlem Brundtland qui la première a imposé le concept de développement durable en 1987 à aujourd’hui Dominique Voynet, Cécile Duflot, Corinne Lepage, Nathalie Kosciuzco-Morizet ou même Ségolène Royal, l’une des seules personnalités politiques à parler de l’écologie au PS. Qui enfin a su le mieux faire résonner l’alerte écologique sinon la canadienne Rachel Carson et son « Printemps silencieux » dès les années 1960 ? Bref l’écologie est l’un des seuls secteurs d’activité où les femmes sont déjà en place du bas jusqu’en haut de la pyramide, et où elles peuvent faire valoir leur vision.

Non Mme Badinter, l’écologie ne va pas à l’encontre du féminisme. L’expérience montre qu’au contraire, elle est une opportunité pour le féminisme ! Nous ne renions rien des droits chèrement acquis par nos aînées, mais les visages du féminisme ont changé. Nous ne pouvons plus nous contenter d’analyser notre engagement à l’aune de structures mentales héritées des années 1970.

Nous affrontons désormais une nouvelle donne : la destruction accélérée des ressources naturelles de la planète, la survie même de l’humanité et le principe de responsabilité à l’égard de nos familles et au-delà, de nos sociétés toutes entières.

Femmes, écolos, mères, nous connaissons les risques du bisphénol A dans les biberons et savons que notre lait maternel est contaminé par des polluants chimiques. Mais nous savons, aussi, que le liquide amniotique est composé des mêmes éléments que le milieu marin et que dans notre corps circule de la « poussière d’étoile », comme le dit joliment Hubert Reeves. Alors pas question de se replier dans nos foyers pollués au formaldéhyde !

Considérer la couche lavable comme rétrograde, c’est regarder le doigt du sage qui montre la lune. Car il s’agit aussi de lutter contre une imbrication de systèmes qui, s’ils nous ont libérées du lavoir et de la nurserie, nous aliènent maintenant tant par leurs coûts environnementaux, financiers, humains que par les pollutions qu’ils entraînent.

Notre écologisme au féminin ne se résume pas à protéger nos enfants, il est un combat affirmant notre place d’êtres humaines – au-delà de tout anthropocentrisme – en lien avec la terre et toutes ses espèces vivantes, les racines, le ciel et les étoiles.

Il nous semble par ailleurs douteux de focaliser sur un clivage masculin-féminin : la femme serait garante de la fertilité, de la terre, emprisonnée dans ce rôle trop grand pour elle de gardienne de la vie ? Or, le combat écologique est truffé d’amazones, de guerrières, de chasseresses, telles l’Indienne Vandana Shiva, qui lutte contre l’introduction des OGM dans son pays ou encore la Kenyane nobélisée Wangari Maathai, qui se bat pour la préservation d’un écosystème viable. La femme écologiste ne s’affirme pas seulement comme mère potentielle mais aussi comme une combattante farouche, indépendante et entrepreneuse …

Nous refusons autant de nous déguiser en costume-cravate dans des structures de gestion économique et politique obsolètes, contre-productives et insoutenables, que de retourner au foyer revêtir le tablier, fut-il en chanvre !

En tant que femmes écologistes, nous nous battons au quotidien pour concilier activité professionnelle, mandats électifs et responsabilités politiques pour certaines (encore trop peu nombreuses) et rôle de mère, en cohérence avec le devenir de la planète que nous savons en danger.
Tel est l’enjeu de notre modernité, tel est notre défi.

Oui, les femmes portent toujours le lourd fardeau de devoir concilier leur désir d’être actives, socialement épanouies et maternantes. Mais renvoyons la responsabilité de ce fardeau à ce qui a créé cette distorsion : un système historiquement décidé par et pour les hommes.

Comment changer la donne si les femmes restent toujours les parias des structures de décision ?  Le vrai défi d’aujourd’hui n’est pas de savoir comment faire entrer les femmes dans un système inchangé et destructeur pour la cellule familiale comme pour la planète, mais de changer le système pour que les femmes y pénètrent, faisant valoir leur point de vue, leur sensibilité et de faire émerger les valeurs écologistes et post-féministes d’aujourd’hui. C’est la condition indispensable à la métamorphose de nos sociétés vers un monde égalitaire et durable.

Nelly BonnefousCet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir – Rédactrice en chef « Passage au vert » (Ushuaïa TV)
Odile ChabrillacCet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir – Fondatrice – The different magazine
Isabelle DelannoyCet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir – Journaliste et co-auteure « Home »
Pascale d’ErmCet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir – Journaliste et présidente EcoMamans
Anne GhesquièreCet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir – Fondatrice – FemininBio.com
Laurence MermetCet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir – Conseillère information écoresponsable
Laure NoualhatCet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir – Journaliste Libération

Actuellement, un débat d’initiés fait rage sur le bien fondé ou non des subventions accordées à la presse écrite ou à la presse en ligne… hélas, je m’en désintéresse tant je trouve moins en moins de matière à m’en inspirer pour mes propres articles à de très rares exceptions et encore… c’est le plus souvent par des invités mais certainement pas par nos éditorialistes.

Aussi, j’aurai aimé lire en France un éditorial de ce type au moment du débat sur l’imposition des indemnités sur les accidents du travail… Ce journal ne semble pourtant pas l’organe officiel de je ne sais quel groupuscule révolutionnaire…non c’est juste un quotidien suédois… l’Aftonbladet, honnêtement de centre gauche… Extrait : « La superstructure idéologique est ici la politique de l’offre. Les citoyens doivent être à la disposition du marché du travail – et travailler, même dans les conditions les plus misérables. Le gros problème est qu’il n’y a pas de travail« .

Je l’ai déjà dit ici même… et je le regrette pour ses journalistes… mais je ne pleurerai pas sur la mort de la presse… elle s’est tout simplement oubliée en route… subvention ou pas. La presse en ligne arrivera-t-elle à se trouver un modèle… je ne sais pas si la course aux buzzs soit une réponse viable pour un journalisme/essayisme de qualité pourtant il existe… je le lis tous les jours mais ailleurs sur la toile.

Ce n’est pas seulement Sarkozy qui asphixie la démocratie et les idées.

Article en partenariat avec Courrier International.