20. mai 2011 · 3 comments · Categories: Politique · Tags:

Depuis Dimanche et l’incarcération de DSK, il ne se passe pas 10 minutes sans que les médias nous sortent un article de cette affaire – alors oui l’audience on peut aussi la chercher dans les poubelles… – cela tourne à l’obsession maladive et malsaine. Passé la secousse d’un choc fort compréhensible, il aurait cependant judicieux pour ces derniers de prendre un peu de recul dans ce traitement ; au contraire chaque jour on continue de nous abreuver de débats tout aussi inintéressants qu’inutiles, d’analyses psychologiques en tout genre… Combien de temps encore allons nous devoir subir cette France figée ?

Ah si, nous avons une tentative désespérée pour nous sortir de cette torpeur… un bon vieux sujet tournant autour de l’enlèvement des panneaux à proximité des radars avec une fronde héroïque de nos députés UMP contre le Président Sarkozy.

Cependant, aussi étonnant que cela puisse paraître, le monde a continué de tourner sans trop se préoccuper du sort du président du FMI emporté dans les affres d’une sombre tourmente où tout aussi bizarrement, la question du complot n’a jamais abordé en dehors de notre pays.

En effet, pendant ce temps, cette semaine a été propice à des informations tout à la fois effrayantes et porteuses d’espoir ou d’interrogations où pour le coup il ne s’agit pas des déclarations baroques du socialiste Manuel Valls demandant à ses camarades de se mettre en état de lévitation pour attendre je ne sais quel évènement… la résurrection de François Mitterrand peut être ?

Non, nous avons appris qu’en réalité trois réacteurs de la centrale nucléaire de Fukushima avaient fondu dès les premiers jours sans qu’à aucun moment l’entreprise Tepco n’ait cru bon de communiquer sur ce risque majeur. En somme, à ce jour, nous ne savons pas comment tout cela va se finir. Fort heureusement, l’AIEA se rend sur place prochainement et quand on connait la réputation de l’agence, ne compter pas sur elle pour vous en dire plus si ce n’est un communique explicant en substance que tout est sous contrôle.

Autre évènement passé quasiment sous silence, la révolte populaire qui gronde dans cet ancien modèle économique qu’était l’Espagne, ce pays dont l’économie reposait presque uniquement sur des chateaux de sable. Cette situation m’interpelle à plus d’un titre car d’une part son gouvernement est social-démocrate,  aussi j’espère que leurs homologues français étudient avec attention les raisons de cette colère et d’autre part, il s’agit du deuxième pays tant loué par nos économistes orthodoxes au bord de l’effondrement après le fameux tigre celtique désormais gisant – l’Irlande-. Alors oui cela m’interpelle et ce,  d’autant plus qu’on nous annonce Christine Lagarde pour succéder à Dominique Strauss Khan… la même qui à quelques semaines d’une crise sans précédent nous annonçait – au sommet de sa compétence-  que tout allait bien dans le meilleur des mondes libérales. Ce décalage entre rêve et réalité n’est pas le seul, tous nos brillants économistes d’élevage refont surface dans toutes les instances sans que jamais on oublie de louer leur qualité légendaire et largement démontrée à l’épreuve des faits…

Alors oui, il serait peut maintenant temps de tourner la page pour nos médias et traiter l’affaire DSK comme il se doit, comme un tragique fait divers et revenir aux fondamentaux et ce d’autant plus que vous nous annoncez que même pour vous, dans le domaine du journalisme, il y a un avant et un après DSK… Chiche ?

Le vote hier soir par l’ONU d’une résolution contre la Libye de Kadhafi est à porter au crédit du Président Nicolas Sarkozy.

Pour ma part je ne vais pas me cacher derrière mon petit doigt ou me livrer à des analyses sur les ressorts profonds qui ont motivé cette volonté présidentielle, les cris de joie de la population de Benghazy suffisent à ma « satisfaction ». Le 23 février, ici-même, j’appelais de mes voeux à une intervention.

Alors oui pour la première fois – et certainement la dernière-, Nicolas Sarkozy est parvenu à endosser son costume présidentiel quelque peu mité par ses 4 premières années. De même, le PS et Martine Aubry ont été prompt à réagir et c’est tant mieux.

Maintenant, est ce que cela suffira pour arrêter ce fou sanguinaire et je ne m’empêcher de penser que cette résolution intervient peut être trop tard… j’espère juste me tromper.

PS : mon billet d’hier m’a permis d’échanger sur twitter concernant ces révolutions notamment avec @unemarocaine (si elle me lit, qu’elle sache que mon blog lui est ouvert, le sien est ici) et également avec une copine journaliste en Egypte que je vous invite à lire – Il y a un vote sur une nouvelle constitution ce week end-. C’est aussi cela le miracle d’Internet… faire échanger des gens qui ne se seraient jamais rencontrés par ailleurs.

16. mars 2011 · 4 comments · Categories: Politique · Tags:

Oui, la catastrophe japonaise est dans toutes les têtes, oui ce séisme /tsunami d’une puissance encore inconnue plonge une nation dans le plus grand désarroi, oui les inquiétudes nucléaires sont légitimes mais non on ne peut interdire de tels aléas naturels… Car il s’agit bien d’un aléas, non d’une colère de la nature. L’Humanité ne pourra jamais se préserver d’autres catastrophes de ce type.

Partant de ce cette réalité, il s’agit avant tout de tenter d’en limiter les conséquences sur nos vies… modernes. Ni pro, ni anti et même si je ne rejoins pas l’optimisme de Ronald dans le domaine du nucléaire. Alors oui un débat mais sur la globalité de la problématique énergétique de la France pour les 30/50 prochaines années mais certainement pas un référendum à courte vue sur un pour ou contre le nucléaire – je ne nie pas les besoins de sécurité, de transparence, de qui gère dans ce domaine-. Je le concède un tel souhait ne cadre pas avec les canons actuels du monde politique et médiatique… un fait, une loi, un grenelle, un référendum.

Alors, oui pour l’heure, il y a des urgences bien plus importantes où pour le coup les décisions peuvent être suivies d’effets immédiats.

Deux billets, un troisième aujourd’hui pour m’interroger, pour constater le cynisme de nos dirigeants face à la situation libyenne.

On savait depuis une dizaine de jours que le sort des révolutionnaires était suspendu aux décisions des instances internationales. Depuis 48 heures, on le sait, c’est un permis de massacrer son peuple qui a été donné à Kadhafi. Un signe qui ne trompe pas, les journalistes et les ONG quittent Benghazi avant l’assaut final de l’armée du sanguinaire, le massacre pourra se faire à huis clos en toute quiétude.

Rassurez vous d’ici quelques mois, on parlera à nouveau de contrats avec ce même pouvoir libyen.

Elle est là l’indécence et nulle part ailleurs mais comme le note Romain Pigenel le poids symbolique de l’atome est trop fort au regard de vies humaines menacées dans l’instant et dans un moment de barbarie où les Hommes ont toute leur part de responsabilité.

Benghazi, cercueil du peuple libyen, cercueil d’une humanité introuvable.

Honte, dégout… silence coupable.

Vous avez aussi, la tribune de Daniel Moïsi de l’IFRI « Protéger le peuple Libyen ».

Il y a encore quelques jours, on pouvait encore se réjouir du courage du peuple libyen parvenant à se rebeller contre un dictateur dont la folie n’est pas nouvelle.

Depuis ces dernières 72 heures, les rares flux d’informations charrient un flot de sang et de victimes.

L’indignation ne peut plus suffire, simples citoyens, nous n’avons, hélas, aucune prise sur ces tragiques évènements sinon constater le cynisme affligeant de certains journalistes – n’est ce pas monsieur Calvi – toujours prompts à brandir des fantasmes nauséabonds et à s’enquérir du prix du pétrole en cas de défaillance de l’approvisionnement libyen… nos barils d’or noir valent bien quelques milliers de morts n’est-ce pas ? Quant au délire entretenu sur ce prétendu intégrisme musulman, j’y reviendrai bientôt avec un papier en cours d’écriture sur ces révolutions.

Et nos chancelleries… rien… rien… rien.

J’ai honte, profondément honte de cette non-politique et de ce mauvais signal envoyé à ces peuples en rechercher d’un nouveau modèle démocratique.

Oui intervenir sous une forme ou sous une autre car le peuple libyen n’a plus d’autre alternative face à cette folie dictatoriale désormais entrée dans une phase sans retour.

On a déroulé des tapis rouges pour Kadhafi, on se contente d’enrouler dans des linceuls de sang les victimes expiatoires de nos aveuglements consentants pour quelques euros de plus.

Une question demeure pour moi : assistons-nous à une rupture civilisationnelle ?

Pour justifier les expulsions de réfugiés Afghans, Fredéric Lefebvre n’a rien trouvé de mieux que de déclarer ceci :«Alors que de nombreux pays du monde, dont la France, sont engagés en Afghanistan, qui pourrait comprendre que des afghans dans la force de l’âge n’assument pas leur devoir, et échappent à la formation que, notamment les forces françaises, leur proposent pour défendre leur propre liberté dans leur pays? »

La prochaine étape sera sans doute la justification des SDFs morts de froid… sur le thème « ils l’ont bien cherché »… Mais ça ne choquera plus, avec Nicolas Sarkozy on s’habitue à tout… Pourtant, perdre sa capacité d’indignation, c’est déjà mourir.

Ce gouvernement et ses représentants n’ont désormais plus de limite dans l’innommable … il faut le savoir.

Merci et c’est suffisamment rare pour le souligner, à Libération.

Médiapart publie vendredi 32 pages d’un cahier spécial sur l’identité nationale. 50 000 exemplaires pour dire: « Nous ne débattrons pas ».

Ce triste personnage a confirmé le propos sur twitter :

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Van Rompuy, nouveau grand dEurope...
Van Rompuy, nouveau grand d’Europe…

Voilà, de la fumée grise est sortie de l’aréopage des 27 de l’Union Européenne.

Oyez, Oyez, braves citoyens européens, celui qui a la charge de gouverner une entité de 500 millions d’habitants est complètement inconnu pour les autres puissances.

Petite précision didactique donnée par mon ami Antoine, le « uy » de Van Rompuy se prononce  « oeil ». Un peu comme, l’Europe, mon oeil…

Google a du chauffé en Chine et aux Etats-Unis afin qu’ils puissent savoir qui est au final ce gugus.

Franchement, on serait vraiment médisant de dire que celui qui est désormais en charge d’incarner le traité de Lisbonne fait figure de pantalonnade et qu’il est le résultat d’une vaste fumisterie démocratique.

Au moins, José Manuel Barroso ne devrait pas être trop géné par cette nomination. Deuxième certitude, les fondamentaux idéologiques du libéralisme et de la libre concurrence faussée ne seront pas mis en en péril… Même nos chroniqueurs économiques étaient d’accord sur un point… Van Rompuy est un bon bureaucrate du libéralisme.

Je ne suis pas certain qu’on puisse parler d’un grand soir européen avec cette double nomination (avec l’anglaise Catherine Ashton qui doit incarner la diplomatie européenne souvent introuvable) comme le titre le journal belge Le soir . Pour les belges,  on peut même avancer qu’ils rentre à nouveau dans un certain brouillard.

L’Europe c’est quoi… on ne sait toujours pas. C’est une avancée significative du Traité de Lisbonne.

Article écrit dans le cadre d’un partenariat avec Courrier International.

C’est un titre un peu abrupt cependant on peut légitiment s’interroger sur la stratégie de Barack Obama au Moyen Orient et plus particulièrement sur la question palestinienne. En effet, Hilray Clinton souhaite une reprise des pourparlers entre Israéliens et palestiniens sans gel préalable des colonisations.

Ces déclarations ont eu pour conséquence visible, l’annonce de Mahmoud Abbas de ne pas se présenter pour les présidentielles « palestiniennes » de 2010. La réaction du quotidien Al-Quds Al-Arabi, basé à Londres, est indice manifeste du décrochage qui risque de  s’opérer entre le monde Arabe et l’espoir suscité par l’arrivée de Barack Obama.

Au delà cet acte se pose pourtant à terme une nouvelle radicalisation des Palestiniens et de facto la légitimation du discours du Hamas sur le thème du « on vous l’avais dit » et la « paix » relative dans cette région est pour le moins mise à mal. Les prochains mois risquent d’être particulièrement chaotiques.

Je m’étais déjà interrogé sur les bonnes raisons qui ont présidé au Nobel de la Paix remis à Barack Obama… aujourd’hui, je suis plus que circonspect. A cela s’ajoute son attitude pour le moins négative sur la conférence environnement de Copenhague.

Article réalisé en partenariat avec Courrier International.