Petit jeu un peu bête, le concours de pronostics pour le vote de dimanche.

N’hésitez pas à participer mais sans compte twitter, je fais remonter votre commentaire dans le tableau :)

A 19h, sur les 32 pronostics des vrais analystes :) , on a François Hollande à 55,2 et Martine Aubry à 44,8. (je ne prends pas les votes blancs, ils ne sont pas comptabilisés).

Hollande Aubry plutôt
@marcvasseur 52 48 Hollande
@jr_roy 53 47 Aubry
@David_Schwarz 55 45
@RoyalToujours 58 42 Hollande
@PadmeSw 75 25 Hollande
@Cand75 54 46 Hollande
@JDpourSR 54 46 Hollande
@DavidSTUT 54 46 Hollande
@theFILF 47 113 mémoire rémanente
@Mipmip 53 47 Hollande
@Jegoun 55 45 Hollande
@criciB 49 51
@FlorianC 56 44
@Sarkofrance 60 40 Hollande
@Intox2007 55 45 Hollande
@MartinP_ 58 42 Hollande
@cedstyle33_ 48 52
@Lepat34 57 43
@maximb_6 52 48
@estelle922 52 48
@sebmusset 148 -632 twitter
@adsaum 56 44 twitter
@poizi33 57 43
@Fabrice_BM 56 44
@PhilippeVASSEUR 56 44
@donatien 59 41
@danouch60 53 47
< »Elisabeth »> 49 51
< »PMF »> 55 45 Hollande
Pierre Bihet 53 47
@melclalex 58 42
< delphineauc>/a> 53 47
< »kopittoz »> 59 41
@JeandelaXR 53 47

« A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire », donc pour ma part je me risque à un premier bilan partiel à deux jours du 2eme tour de la primaire car il est toujours facile de dire dans l’après, « je vous l’avais bien dit ».

A défaut d’être populaire – je doute cependant que les quartiers populaires se soient déplacée en masse -, la primaire socialiste aura été un succès participatif et avec une bonne tenue des candidats pour la campagne du 1er tour. Car c’est bien là que le bas commence à blessé. Dimanche dernier et à la faveur de résultats définitifs arrivés – fort opportunément, il faut le dire – 48 heures après la fermeture des bureaux, ceux-ci ont donné l’image d’une victoire assez étriquée de François Hollande… au final, on arrive à 9 points qui séparent le premier de la seconde. Un peu amputé de ce succès, François Hollande s’est presque retrouvé dans la peau de l’outsider, laissant à penser que la dynamique avait changé de camps.

On peut d’ailleurs s’étonner que malgré cela, Martine Aubry ait choisi le terrain de la provocation et des petites phrases visant à discréditer son concurrent au lieu de continuer à dérouler son projet. C’est à mon sens, le problème des dernières semaines de sa campagne. Confondre une présidentielle où il est impératif de lâcher ses coups et une primaire  -ouverte- de son camp où ce flot de déclarations visant à déconsidérer l’autre peut être un frein pour rassembler son propre camp au lendemain du scrutin – « gauche molle », « candidat du système », « utilise les mots de la droite »…-.

Autre élément qui me trouble, j’ai parfois eu le sentiment ces derniers jours, d’assister au remake d’un congrès socialiste à ciel ouvert où celui qui gagne doit se lancer dans une course éperdue à l’échalote de la vraie gauche qui plus est sur un projet commun et quelques différences sur les détails (comme l’a montré le débat de jeudi)… A mon sens, c’est détourner l’esprit de cette primaire d’autant que dans cette course, il n’est pas évident que les sympathisants du FdG ou d’EELV se portent sur Martine Aubry au 1er tour de la Présidentielle si elle est sort victorieuse de cette primaire. C’est oublier un principe de base enseigné par Mitterrand, le 1er tour sert à rassembler son camp et en l’espèce c’est tenter un coup un peu hasardeux.

A moins bien sur que EELV – ayant participé activement à cette désignation du candidat, au risque de se transformer en un PRG mâtiné de Verts – renonce à présenter son candidat dans la précipitation après avoir lui aussi procédé à sa primaire… le truc incompréhensible… Désolé mais le choix se fait avant et non après à moins de vouloir être définitivement décrédibilisé.

François Hollande a pris le parti de ne pas réagir trop frontalement, c’est heureux. Car, il y a fort à parier que l’escalade aurait « proprement » dégénéré et peut être compromis le nécessaire rassemblement des socialistes mais aussi de son électorat qui n’aurait pu s’empêcher de se dire que les dirigeants socialistes n’ont définitivement rien compris. Oui, le changement peut aussi se faire dans un esprit apaisé, enfin je le crois.

Au moins ce manque de « pugnacité » devrait permettre que le ou la candidat(e) élu(e), ne perde pas son temps lundi matin à réunir sa propre famille politique et ses sympathisants.

Autre élément de ce bilan… l’incroyable renaissance de Ségolène Royal… cette femme ne cessera jamais de me surprendre par sa ténacité, son courage et sa formidable capacité à braver les déconvenues. Alors qu’on attendait Arnaud Montebourg, c’est bien elle qui sort la tête haute de cette semaine alors qu’on pouvait la penser définitivement sortie du jeu politique. Et je n’ai que mépris pour ces gens qui estiment que ce soutien à François Hollande est le fruit d’une union passée… et dans le tas, certaines se disent féministes, pour ma part j’y vois au contraire un machisme d’une violence rare. Oui son choix est logique, politique quoi de plus élémentaire que de vouloir placer celui qui est arrivé en tête dans une bonne dynamique, d’autant que ce ralliement ne se fait pas sur des comptes d’apothicaire mais bien sur des idées portées par Ségolène Royal tout au long de sa campagne et reprises – pour quelques unes- par François Hollande.

Maintenant venons en à Arnaud Montebourg et cette incroyable prouesse de créer la surprise en seulement quelques jours. Au soir du 1er vote en devenant « le grand vainqueur » et aujourd’hui en passe de devenir « le grand perdant » pour une question de timing. Si ce matin, il confie au Monde son intention de voter Hollande prenant assez justement en compte que le fait que « qu’il n’a pas d’argument qui me permette de penser que Martine serait plus à gauche que François« . Si sa lettre adressée à Martine Aubry et François Hollande était vraiment intéressante en matière de transparence néanmoins sa décision intervient un peu tard, après le coup d’éclat de Ségolène Royal – très bonne sur France 2-.

Cependant, je persiste à penser qu’Arnaud Montebourg peut avoir une place de choix dans notre paysage politique si d’aventure François Hollande poursuivait son chemin jusqu’à l’Elysée. « Gouverner, c’est choisir » disait Pierre Mendès France, on pourrait rajouter « qu’exister -en politique- c’est choisir ». Ce choix, il l’a fait conscient de son socle électoral pour le moins hétéroclite mais nul doute qu’il sait aussi que créer un nouveau parti est une chose particulièrement compliqué et hasardeuse voire impossible dans un paysage déjà fort chargé. Alors, je ne suis pas naïf, les discussions ont du se faire au delà des seules réponses à sa lettre – des postes, des places… et c’est pareil chez les deux protagonistes- et je pense que ce choix s’est fait aussi quant à sa place dans le parti sous l’ère Hollande. Sous Aubry, la place de l’aile gauche c’est Hamon et d’autre part, je vois mal Harlem Désir et le courant Delanoë céder sa place à la tête du Parti. Donc, le choix Hollande offre probablement le plus de garanti pour exister ou tout au moins tenter d’exister. Car si Aujourd’hui, ça se bouscule chez Hollande, jusqu’à l’épisode DSK – tiens en France, il est coupable mais non jugé- on ne peut pas dire qu’il y avait pléthore autour de lui, dans ces conditions, Hollande a plus de latitude pour négocier – je le répète, cela se pratique des deux cotés pas la peine de me faire un commentaire de vierge effarouchée  - .

Dans cette éventualité, on peut également penser qu’Arnaud Montebourg voudra enraciner les deux faces de ses électeurs potentiels en imaginant une structure adossée à la fois sur le Parti Socialiste mais aussi en dehors ;  OPNI – objet politique non identifié- toujours difficile à mettre en oeuvre et à faire vivre mais la politique c’est aussi une histoire de paris pour le coup d’après. Pari car Martine Aubry peut encore l’emporter et là, il doit déjà savoir que cela sera impossible ou que sa traversée du désert sera particulièrement longue…

En tout cas, je vais suivre cela attentivement si François Hollande l’emporte dimanche soir.

En ce milieu d’après midi, François Hollande vient de passer le million de voix et approche de cette fameuse barre symbolique des 40% et des 10 points d’écart.

Et désormais, le temps de la primaire socialiste semble suspendu aux seules voix recueillies par Arnaud Montebourg. Si les deux principaux candidats font encore preuve de retenue pour tenter de grappiller quelques suffrages, les lieutenants font feu de tout bois pour tenter de conquérir ce nouveau graal de la trinité socialiste…. beaucoup  de « vies » en dépendent il est vrai…

Comme beaucoup, je fais abstraction des petits 7 % de Ségolène Royal…. il est vrai que « recroquevillée » sur ses derniers soutiens, on imagine mal Ségolène Royal appeler à voter Martine Aubry… et la primaire de 2006 et le congrès de Reims restant des cicatrices encore ouvertes pour une bonne partie de son électorat, on peut douter d’un soutien massif de ce dernier surtout en écoutant les propos tous frais d’un Fabius ou même d’une Martine Aubry.

Non, toute l’attention se porte sur Arnaud Montebourg et son vivier de quelques 475.000 électeurs.

A cette heure et au regard de l’écart, un électeur Montebourgeois compte presque double en arithmétique politique. Un électeur qui ne se déplace pas pour Martine Aubry, c’est non seulement une voix en moins pour elle mais c’est presque une 1/2 voix de gagner pour François Hollande. Dans ce contexte précaire où tout est encore relativement possible, on peut comprendre l’attitude du faiseur de primaire. Rien ne sert de ne précipiter si cela peut porter préjudice pour l’avenir et brouiller une image de trublion du PS chèrement acquis au terme d’une campagne – remarquable – de tous les instants.

Car au fond, qu’aurait à gagner Arnaud Montebourg à se désister trop nettement, trop rapidement pour tel ou telle ? Si ce n’est à ne dire vis à vis de son électorat qu’il s’est « vendu » pour une soupe à bon compte. Car en effet, il semble difficile de dresser le portrait robot de son électeur… j’en connais… ils viennent du Front de Gauche (hein Donatien – mon nègre ici quand je ne suis pas là :) – ), de chez Dupont-Aignan, d’authentiques soc-dems (hein mon Toine) exprimant un réel ras le bol vis à vis d’un appareil plus que vermoulu, cependant ils ont un trait commun, je les imagine mal se plier à une consigne de vote tant pour François Hollande que pour Martine Aubry même si certains courent après la gauche d’un hypothétique barycentre socialiste. A mon sens on est plus proche d’un vote « d’indigné » qu’à une adhésion à minima aux représentants d’un système ou d’un appareil… près de 75% si on additionne Aubry, Hollande, Valls.

Alors oui à n’en pas douter, Arnaud Montebourg tout en négociant quelques circonscriptions et pourquoi pas la future direction du PS – dans le cadre d’un congrès anticipé au sortie de la Présidentielle- n’a pas intérêt à s’exprimer clairement, tout au plus donner quelques indices – même contradictoires-.

Etre dans la peau du troisième larron est un moment difficile qui peut être mal négocié – François Bayrou ne me contredira pas sur ce point – mais en ce moment assez particulier, Montebourg doit conserver cette spécificité qui a fait son succès, non par une originalité folle mais simplement en approfondissant le chemin tracé par Ségolène Royal – désormais tout le monde au PS la félicite pour son audace…-.

Et dans ces conditions, bien que circonspect par le personnage – l’expérience personnel … -et ses positionnements parfois contradictoires et même si je n’ai pas voté pour lui,  j’avoue c’est une aventure qui me tenterait.

Au fait outre le million d’électeurs, François Hollande a rassemblé près de 94 départements sur son nom, Martine Aubry quelques centres urbains… A force de regarder en détail les scrutins, je peux juste vous dire que ce détail a son importance dans un vote et qui plus est dans le cadre d’une Présidentielle.

Maintenant à choisir entre le vrai changement et le faux changement… il faut rester sérieux quelques secondes.

Sans espoir, sans illusion, j’irai malgré tout voter… Sarkozy, je ne peux plus.

A lire, par ailleurs, chez Authueil :  Montebourg, le Bayrou du PS.

Pupitre de Martine Aubry

C’est donc aujourd’hui que Martine Aubry met fin à ce suspens digne d’une série B, après le crash enregistré chambre 2806…coïncidence de calendrier.

Si un certain nombre de protagonistes de cette primaire se sont déjà lancés dans la bataille il y a quelques mois, c’est bien ce jour que la primaire débute réellement et déjà on sent bien que les choses vont se tendre à l’intérieur du Parti Socialiste. Tout d’abord, l’une des premières difficultés est certainement pour la Première Secrétaire de réussir à tenir l’appareil tout en garantissant un débat équitable.

Plusieurs noms ont déjà circulé avec d’éminentes personnalités comme Harlem Désir ou Jean-Christophe Cambadélis, certains ont également pensé au Maire de Paris, Bertrand Delanaoë, mais ce dernier semble peu enclin à jouer les supplétifs de luxe. D’autres souhaitent la mise en place d’un « directoire » provisoire afin de garantir cette équité. Il convient de souligner que cette difficulté découle du congrès de Reims où initialement Martine Aubry – du fait d’un certain pacte de Marrakesh- s’était engagé à ne pas être candidate pour la Présidentielle de 2012.

Dans tous les cas, cette gestion de l’appareil durant près de 4 mois est réellement problématique puisqu’on ne peut imaginer un PS en roue libre à cet instant d’une campagne qui doit se mettre en place et même si ces principaux ténors oeuvrent pour la primaire. L’autre écueil est encore plus dangereux car ce scrutin ne peut être entacher d’une quelconque suspicion tant dans sa mise en oeuvre que dans dans ses résultats ; si d’aventure cela tournait mal, on peut penser que cela constituerait un réel handicap que saurait exploiter Nicolas Sarkozy. Sans compter sur l’affaire Guérini qui pourrait s’inviter dans cette campagne et faire mauvais genre.

Autre interrogation, cette primaire se déroulera-t-elle dans un climat apaisé ou au contraire dans une atmosphère délétère où tous les coups sont permis ? Alors certe, il y a bien eu la mise en place d’un code éthique mais on sait que ce genre de bout de papier n’a que de peu de poids dans ce genre de confrontation où les égos ont une place prépondérante.

Si ce 28 juin restera la journée de Martine Aubry – à moins que l’intronisation de Christine Lagarde au FMI ne vienne parasiter ce moment de communication – peut on néanmoins se risquer au jeu des pronostics quant à l’issue de cette primaire.

Indéniablement Martine Aubry et François Hollande sont les favoris pour le mois d’octobre, le premier axant sa campagne sur une Présidence simple ; la seconde on ne sait pas encore bien, la candidate légitime ou candidate par défaut faute d’envie ? – ce que d’aucun traduira par candidate de l’appareil -. Les outsiders semblent irrémédiablement distancés. Arnaud Montebourg s’en tient à un concept intéressant celui de la « Démondialisation » et Ségolène Royal semble patiner sur un choix structurant, on a un peu le sentiment d’un remake de 2007, ce qui n’est jamais très bon. En tout cas cette dernière va miser les prochains mois sur les quartiers populaires, complètement à rebours de l’analyse de Terra Nova. C’est un « pari » risqué mais qui néanmoins peut se révéler payant.

En l’état, on sait simplement qu’il devrait y avoir deux tours contrairement à 2006 et nulle doute que les ralliements des candidats malheureux du 1er tour se paieront cher, très cher.

Pour ma part, si je devais me déplacer, mon choix se porterait sur Arnaud Montebourg. Non qu’il constitue une panacée mais au moins il a un discours structuré et cohérent sur l’après crise – qui ne demande qu’à revenir -. Pour le reste, j’avoue une certaine circonspection sur l’état du PS en général et cette incapacité criante à se renouveler durablement. Parce que si c’est pour nous ressortir les Fabius, Emmanuelli… et quelques jeunes apparatchiks bien moins « doués » aux dents bien affutées… de vote il y aura peut-être mais de campagne certainement pas.

PS : Martine Aubry aurait refusé tout 20h, un choix incompréhensible qui augure mal de sa volonté de débattre… miser sur la rareté ??