Qu’est ce que je n’avais pas dit là avec ce billet ‘Vincent Peillon, une faute politique lourde » et près de 90 commentaires…

Et aujourd’hui… Vincent Peillon regrette et nottament la demande de démission de Chabot… ah ben ça alors…

Extrait assez savoureux : « J’ai fait ça dans ma cuisine. Mon fils qui a 13 ans est passé. Il m’a dit +tu ne devrais pas mettre ça+. C’était mon seul conseiller. Les choses sont artisanales. (…) Je pensais qu’il était surtout bon en football. En fait il est meilleur que moi en politique », raconte le responsable socialiste ».

Bonne soirée… surtout aux fins commentateurs qui se sont empressés de dénoncer les dérives umpistes de ce blog… Et pour les commentaires sur les articles de fond… aux mêmes… c’est quand vous vous voulez.

Je ne pensais pas revenir sur ce coup médiatique de Vincent Peillon mais c’est l’article de Daniel Schneidermann « Aphatie, Duhamel, et le mensonge de Peillon » qui m’y pousse. En résumant à gros traits, il donne raison à Peillon bien qu’il ait menti au prétexte que les deux autres sont pires.

En somme pour ce journaliste, que j’apprécie par ailleurs, la fin justifie les moyens. C’est à mon sens une erreur et ce pour une raison assez simple : la gauche historiquement avec Jaurès, Blum et Mendès France a toujours privilégié une certaine éthique en ne voulant pas entrer dans le jeux de ses ennemis au nom ‘une certaine morale politique.

D’autant qu’une fois qu’on a franchi ce Rubicon, on est en droit de se demander jusqu’où les limites vont être mises. Avec Vincent Peillon, on en est à ce stade avec en prime, la volonté manifeste de rentrer dans une sorte de stratégie du scandale à l’instar d’un Nicolas Sarkozy… ce qu’on lui reproche par ailleurs…

Aussi, je ne suis pas certain qu’à long terme, la gauche et les progressistes aient quelque chose à gagner en allant sur le même terrain que ses adversaires. Quand on voit l’état de l’opinion à l’égard des politiques (cf étude du cévipof), c’est au contraire jouer un peu plus avec le feu.

Et je le répète… le vrai courage eut été d’aller sur la plateau pour dénoncer justement cette manipulation.

Hier soir lors du débat Besson/Lepen sur France 2, Vincent Peillon, invité pour la deuxième partie, s’est décommandé au dernier moment.

Si on trouvera bien quelques socialistes satisfaits de cette dérobade et de la gesticulation appelant à la démission d’Arlette Chabot ; je crains hélas que tout ce cirque vire à la farce et mette une fois encore le Parti Socialiste dans une posture assez fâcheuse. En effet, il n’y avait pas, face à ce débat qui n’a pas été préparé la veille, plusieurs alternatives :

- Soit  le PS refusait d’y participer dès le départ en expliquant les raisons.

- Soit il acceptait et donc l’assumait jusqu’au bout.

- Soit, il pouvait tenter le coup d’éclat en dénonçant ce simulacre par une présence mais certainement par une simple communiqué, surtout au dernier moment.

Au final, on a une fois encore le sentiment d’une improvisation la plus totale du parait-il 1er parti d’opposition, alors que  c’était un coup prémédité… et bien avec des trucs aussi foireux… ce n’est pas gagné pour 2012.

Et ce d’autant plus que le matin même, le même Vincent  Peillon confirmait sa participation comme en témoigne cet extrait.

extraitpeillon

Au final, le PS est encore sur une position louvoyante (je n’ai toujours pas compris si il participait ou non à ce débat…) et Vincent Peillon a raté l’occasion de grandir politiquement… Qu’il veuille un incident, très bien mais il faut l’assumer et pas comme un simple mauvais garçon qui fait lire son mot d’excuses par autrui…

Et le pire dans cette affaire… il semble avoir menti – une fois encore, serais tenté d’ajouter – tout indique que les propos sur son blog soient uniquement de circonstances : “Vincent Peillon préférait passer en second de manière à entendre au préalable le duel Besson-Le Pen, explique Nathalie Saint-Cricq. Il souhaitait ainsi ramasser les arguments échangés et pouvoir se positionner.” à lire le papier très complet du chafouin.

PS : tout semble indiquer que Martine Aubry était dans la confidence.

EDIT : sur son blog Vincent Peillon écrit : « C’est bien mal me connaître, et bien mal connaître les socialistes, que de penser que je pouvais accepter de me prêter à une telle comédie et servir ainsi de caution républicaine« … ce qui ne semble pas aller dans le sens des nombreux témoignages et lui même (cf audio) ou alors une prise de conscience très tardive..

Capture d’écran 2009-11-24 à 15.52.26Fin août, quelques jours avant les universités d’été du PS, on avait assisté au lancement à l’initiative de Terra Nova pour enjoindre les progressistes à mettre en place un processus de primaires à l’italienne.

Cette démarche se voulait par ailleurs un élément de la réfondation à gauche. A titre personnel, je m’interroge sur  ce qualificatif car au fond, cela implique quel contenu idéologique, quels marqueurs ? dans la logique de constitution d’un bloc conservateur autour de l’UMP, ce terme de gauche n’est-il pas un peu trop réducteur ? Mais là n’est pas le propos.

Non ce qui m’intéresse aujourd’hui, c’est de savoir ce qu’est devenu cette démarche, bien relayée médiatiquement, alors qu’à ce jour seul le PS va « y participer ».

A vrai dire, une chose m’a frappé, c’est le nombre de signataire moins de 7.000 sur alors que l’objectif initial était de 100.000.

Au delà du chiffre dérisoire voire ridicule, je m’interroge sur les raison d’un tel échec sans en avoir les réponses.

Désintérêt du citoyen devant la désignation du bon bidet ? L’absence de perspectives et d’alternatives face à la politique de Nicolas Sarkozy ? Une certaine forme de fatalité ? Des oppositions fantomatiques ? Le fait que le PS ait annoncé des primaires à sa sauce excluant de facto les autres partis.

J’avoue je suis dans le flou en tout cas c’est révélateur d’un climat assez morose cependant depuis une dizaine de jours, les choses semblent évoluer dans le bon sens. La dynamique d’Europe Ecologie semble repartir sur de bons rails même si on peut effectivement s’interroger sur le coté casting mis en place et bien que l’initiative de Vincent Peillon ait tourné à une sorte de grand guignol médiatique, celle-ci semblait également aller dans le bon sens.

Oui parce qu’on peut hurler à la mort Unité à Gauche (sous-entendu avec FgG, NPA…), il y a malgré tout assez peu d’éléments tangibles se dire que c’est pour demain…

Contrairement aux dires de Vincent Peillon sur LCI, c’est bien Espoir A Gauche qui est la puissance invitante pour ce rassemblement à Dijon.

Comment vérifier, il suffit de demander aux militants d’EAG si ils ont une trace. Deuxième chose probablement plus importante, c’est l’article du 10 novembre de Stéphane Alliès (Médiapart) qui parlait des problèmes de démocratie interne pour la désignation des candidats EAG pour les régionales…

On peut donc concevoir ce déplacement de Ségolène Royal comme une mise en garde. Au fait, pourquoi une membre d’EAG se verrait-elle interdite d’assister à une réunion initiée par sa motion ? Très sincèrement, on marche sur la tête.

Dernier post sur ce truc débile qui a pris des proportions insensées mais à un moment, il me parait nécessaire de revenir aux faits.

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Image qui n'a jamais existé...
Image qui n’a jamais existé…

MAJ à 13h : à regarder l’agitation médiatique dont fait preuve Vincent Peillon depuis 48h et qui va durer encore un peu… on peut légitimement se demander si celui-ci n’a pas sciemment préparé son plan de communication… dans l’intérêt non pas de 2012 mais de 2017 en surexploitant cet épiphénomène.

Dernière petite précision, monsieur Peillon s’est celui qui de peur de perdre un mandat s’est rabattu sur une circonscription électorale consentie par Martine Aubry.  Avec son petit t14% obtenu, je doute qu’il soit apte à juger de la qualification ou non de Ségolène Royal pour 2012… les primaires ouvertes en décideront. Si, j’étais méchant, je ressortirai l’itw du magazine Fakir sur l’absence totale de Vincent Peillon sur sa circonscription quand il était encore député de la Somme… c’est violent, à jouer les donneurs de leçons… En substance… beau parleur mais très très petit « faiseux »… en clair… jamais là.

« Peillon est un serpent, répète à ses amis François Hollande. Avec lui, c’est tout pour sa gueule. Vous verrez, il trahira Royal. Il trahit toujours. » source L’express.

Article.

Extraordinaire moment socialiste que ces dernières 48 heures alors qu’au même moment Europe Ecologie semble construire un casting assez intéressant pour les prochaines échéances. Et même si il est encore difficile si cela aboutira à la constitution d’un nouveau pôle alternatif ou si il sombrera sur les récifs égotiques propres aux tumultes de la vie politique.

Bref, ce week-end, Vincent Peillon et Ségolène Royal ont fait un show particulièrement chaud…Cependant, de ce psychodrame dont les socialistes possèdent manifestement toutes les clefs, je ne suis pas certain d’une part qu’il y ait un vainqueur et d’autre part qu’on puisse en tirer des certitudes pour les deux prochaines années.

Sur les faits, il est vrai que la venue surprise de l’ancienne candidate peut sembler anachronique d’autant qu’elle avait décliné le premier rassemblement de ce type d’EAG au mois d’aout. Pourquoi y aller maintenant ?

Quant à Vincent Peillon, je crois qu’il a quelque peu surréagi voire un peu craqué le sac surtout quand il invoque un « Ici, c’est chez moi » pour le moins péremptoire et professoral alors que dans le même temps, il prêche le dépassement des querelles de chapelles. Par ailleurs, il faut tout de même rappeler que cette volonté de dépassement des vieux clivages a été largement le fait de Ségolène Royal depuis mai 2007.

Je passe sur les propos de personnes comme Filipetti qui s’est manifestement inscrite à un concours de petites phrases en n’oubliant pas au passage de souligner que la presse ne retiendra de ce week-end que ce clash. Je ne doute pas qu’après on aura droit au couplet de la méchante presse qui ne reprend que sa fessée… Aurélie faut arrêter de prendre les citoyens pour des abrutis, ta sortie ne visait qu’à une chose, faire le tour des rédactions.

Maintenant, ce nouvel épisode ségolénien invalide-t-il définitivement l’hypothèse Royal pour 2012 surtout comme le font remarquer certains avec la perte d’un soutien financier comme celui de Pierre Bergé ?

Souvenons-nous un instant de la période 93-95 et de la traversée du désert de Jacques Chirac, considéré comme has-been par tous les observateurs et par une partie non négligeable de son propre appareil. A l’époque, je me souviens que les éditorialistes impartiaux ne juraient que par un certain Edouard Balladur. Et que dire de Nicolas Sarkozy au lendemain des Européennes de 99 et de Mitterrand.

Royal n’est aucun de ces derniers, je vous l’accorde cependant n’oublions pas qu’elle a « ses » terres contrairement à d’autres… et que bizarrement l’UMP a eu bien des difficultés à trouver quelqu’un pour l’affronter ; il a fallu pour cela un énième dictat d’un Président de tous les Français.

Le plus drôle dans cette histoire, c’est d’entendre le missionnaire Jack Lang (revenant de Corée du Nord parti là-bas à la demande de Sarkozy) parlait du discrédit du PS du seul fait de Ségolène Royal… fort heureusement que le ridicule ne tue pas. Jean-Louis Bianco résume assez bien cette affaire : si le PS veut l’emporter ce n’est certainement pas en repartant divisé. Mais peut-être que pour les quadras en passe de devenir quinquas, l’important n’est plus 2012… pour les citoyens progressistes, c’est une autre hisoire.

Pour la bonne bouche, je vous invite à lire une déclaration de Peillon, chez l’ami Ronald, qui date de janvier 2009… une éternité en politique, c’est un fait.